FM Laeti : les Antilles par la bande

 

Laetitia Bourgeois, chanteuse du duo FM Laeti.

Difficile de revenir sur la terre de son enfance sans offrir à ses proches la musique de ses racines. Laetitia Bourgeois, chanteuse du duo FM Laeti, en a fait l’expérience en novembre 2014. Elle venait de publier son deuxième album, For the Music, entre soul et pop, et elle était pressée de présenter son nouveau répertoire (qu’elle proposera les 23 et 24 mars à La Boule noire, à Paris).

La musique qu’elle compose avec François-Marie (FM) Dru marie les influences d’une adolescence passée au Canada, de ses études aux Etats-Unis et de sa vie de costumière pour le cinéma à Paris où elle a écumé les jams de jazz, des bœufs organisés dans les caves des cafés de Pigalle. Mais à Pointe-à-Pitre, terre de ses ancêtres, où elle est invitée à jouer pour l’arrivée de la Route du rhum, sa famille guadeloupéenne ne l’entend pas de cette oreille. Sa tante insiste  : « Il faut que tu joues ta chanson Coco[une ballade créole de son précédent album]. Tu vas beaucoup décevoir les gens si tu ne le fais pas. »

Des tropiques au froid polaire

Le bassiste qui remplace au pied levé leur musicien attitré, Christophe « Disco » Minck, ne connaît pas le morceau. Peu importe, il l’apprend. Et le public sur la place de la Victoire lui en est reconnaissant : il continue à danser, malgré les averses, sur sa chanson Wanna Dance, digne des Supremes.

 

Laetitia Bourgeois, dit Laeti, est née aux Abymes, en Guadeloupe, d’un père batteur dans le groupe zouk Dissonance et d’une mère administratrice d’une école de musique. Après le divorce de ses parents, elle emménage avec ses sœurs à Vancouver, où sa mère s’est remariée à un professeur de musique canadien. Des températures tropicales, elle passe au froid polaire. Sa vie scolaire y est rythmée par ses vingt heures de danse hebdomadaires et la chorale du conservatoire local. « Ma grand-mère guadeloupéenne me disait toujours au téléphone qu’elle ne viendrait jamais me rendre visite dans un pays où il faut plus d’une heure le matin pour démarrer sa voiture », rit-elle encore.

 

A l’âge adulte, elle choisit un climat tempéré : Paris. Elle y rencontre FM, fils d’un couple de publicitaires qui, comme elle, a suivi des études de musique, dans une université américaine. Ensemble, ils composent des chansons qui puisent dans le jazz et la soul américaine. Mais la Caraïbe n’est jamais très loin : ses sonorités s’entendent sur Tell Mea Story, Rock Matata ou The Cove, récit d’un naufrage sur les côtes jamaïcaines.

Les FM Laeti prétendent faire de la musicothérapie, jouer de la musique pour « faire du bien aux cœurs et aux corps » comme Kassav' chantait Zouk la sé sel médikaman nou ni (le zouk, c’est notre seul médicament). Tenaces, les racines antillaises.

FM Laeti, les 23 et 24 mars à La Boule noire, 120, boulevard Rochechouart, Paris 18e. For the Music, 1CD Pigalle/Sony Music.

 

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