Guinée : la sortie du tunnel ? (Saïdou Nour Bokoum)
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- Catégorie : Le poing de ma vue
- Mis à jour le jeudi 28 mai 2015 23:31
- Publié le samedi 16 mai 2015 21:10
- Écrit par Saïdou Nour Bokoum
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Première partie : la résistible insurrection populaiee ?
Wa kana haqqan alaynat nasroul muminine (Maintenant, il Nous incombe de secourir les croyants, C, s 30, v 47)
Il a suffi de deux confinements des leaders de l’Opposition pour que tout Conakry sommeille comme une ville morte. En effet, quand la circulation est fluide à Kaloum entre 10 heures et 17-18 heures, quand il en est de même sur l’autoroute et la Route des princes, quand l’axe Donka Sonfonia, en passant par Taouyah, Kipé, Kaporo, Lambanyi, Kobaya, quand les boutiques sont fermées à plus de 80%, y compris le centre nerveux économique du pays à savoir Madina, c’est qu’il y a de l’électricité dans l’air, ce qui en Guinée depuis 57 ans est une révolution copernicienne ...
Voilà, la mouise était devenue mort même à Kobaya où les jeunes, d’habitude dès 8 heures du matin, au lieu d’aller à l’école, jouent aux Messi, Ronaldo, Neymar et autres stars de leur désœuvrement et cela jusqu’à 23 heures; échoppes, kiosques fermés, cansinières, coyayères, etc., évanouies sous une canicule délétère, en attendant les ténèbres des délestages intempestifs d’Electricité de Guinée ; Kobaya où quand il est marqué un but, le V de deux doigts croisés veut dire « victoire de « Koro » en 2015 comme en 2010 » !
Pour autant, il ne s’agissait pas de la réponse à un mot d’ordre de l’Opposition qui parlait plutôt de « marches ». Or il n’y avait pas eu marche. Le Pouvoir ayant déployé des moyens impressionnants empêchant tout regroupement, tout ralliement. Qu’est-ce qui a donc tué la ville ? Puisque les pickups lourdement chargés d’armes « conventionnelles », appuyés de camions lance-eau bouillante avaient mis en enclos les leaders comme au temps des « Dionsannas » de Boké-Boffa, Ouidah, Goré.. ; ne parlons pas de ceux qui se ruent dans les quartiers traversés par « l’Axe du mal .. de la Liberté», renversant des marmites de riz et de mangues à l’huile rouge, assassinant une femme enceinte, tuant ainsi dans l’œuf, le mot d’ordre des Partis politiques, écrasant au passage, le « chansément du professèr, malgré son Rpécé (voir sa transe à Kankan). Oubliant de manger le riz et les mangues, ces affamés assoiffés de sang et de haine d’on ne sait qui ?
Qu’est-ce qui a tué la ville ? La peur d’une vie sans lendemain.
Qu’il y ait manifestation ou pas, les 200 prédateurs, à l’instar des 12 salopards, les 12 gnamogodéns dirait l'Ex de l'Economie et des Finances alias Plateau Kabatô (1) engoncés dans leurs profonds fauteuils depuis la grosse cylindrée jusqu’au bureau climatisés, eux n’ont pas besoin d’en sortir, occupés à signer des papiers de privatisation de tel ou tel pan entier du patrimoine de l’Etat – domaine ou pognon d’un marché public ancillaire.- Les autres, qu’est-ce qu’ils ont à gagner à quitter la haute banlieue au risque de prendre un caillou sur leurs « parabrises » comme dit le haut cadre guinéen ou sur la gueule. A moins que ce soit une balle perdue.
La meilleure preuve, en béton elle est, et c’est déjà dit, la ville qui fait le mort ne répondait pas à un mot d’ordre qui était de marcher. Pire ou mieux, l’UFR vient contre toute attente, de décider (en lieu et place « du chef de file de l’Opposition » (2) , que leur stratégie s’étant avérée infructueuse, il fallait trouver autre chose :
Rompez !
Pendant que « le chef de file » espère que tout ira mieux après sa prochaine rencontre (mercredi ?) avec le Chef de l’Etat. Je me demande s’il s’était concerté avec la queue du peloton de ce qui reste de l’Opposition ?
Attention, cette dispersion de l’Opposition en rase-campagne, est directement proportionnelle à la médiocrité de la stratégie du Chef de file de la majorité, donc d'Alpha lui-même au risque de me faire balayer ou de ses « conseillers ». Il est affligeant de transformer les domiciles des premiers responsables de l’Opposition en esclavageries. Le syndrome du camp Boiro n’est pas un simple tropisme guinéen. C’est un cancer dont souffre l’intelligentsia guinéenne et dont le foyer ardent et mortifère est disséminé dans l’appareil d’Etat. Aucun leader politique, aucun chef d’Etat n’y pourront rien tant qu’ils ne prendront pas un balai, le Balai citoyen.
Mais voilà, ce balai-là n’est actionné que par un « technicien de surface » : l’acteur collectif, « l’intellectuel organique » (Gramsci) adossé sinon conjoint à un puissant mouvement social (CNTG, USTG, CNOSCG) dont les leaders actuels ne sont que des têtes de pont, des girouettes, toupies d’un rhombe agité par le Niamou principal, le grand masque porté par le premier magistrat du pays, le détenteur du moment, des clés de la mangeoire publique.
Qu’un chef d’Etat n’ait pas goût à faire un tel ménage au risque de se faire harakiri, on peut le comprendre, même si Alpha use et abuse du verbe :
Je vais les balayer !
Foué !
Que du vent, disent les Sossoé, parlant de certains symptômes liés au gbassikolo..
Comment interpréter autrement cette invitation du seul « chef de file » de l’Opposition ? (2) Qu’en attendre ? Que Cellou dise, « écoutez les gars (Sidya et Kouyaté), je renonce, nous renonçons à telle de nos revendications » !
Et il n’aura plus de Parti (dixit un vieux chauffeur de taxi fidèle à l’UFDG depuis l’UNR du lion Ba Banque Mondiale)
S’il trahit, on le tue, me dit après, à l’abri d’un kiosque où se fait et se défait la Guinée, un « jeune excité » de l’Axe..
A moins que très poliment,
« M. le président, cher grand frère, cher prof.. j’ai le cœur serré de devoir décliner vos suggestions, vous comprenez, mes militants, mes pairs, euh je sais que vous êtes le père de la nation, je n’ai pas encore oublié quand vous m’avez arraché le micro que m’avait tendu Solano, mon autre grand frère du PUP, l’un des piliers de l’Ecole guinéenne (« Le PDG plus le libéralisme » dixit Somparé), donc à mercredi M. le Président ! »
Alpha ne s’est pas encore remis des cancans qu’il a soulevés dans le jeu de massacre auquel ses conseillers l’ont encore poussé, après cette « télévision » que la Mouvance a dû faire retirer de Google. Je ne me rappelle plus si c’est à cette occasion qu’il a voulu parler des quatre régions naturelles de la Guinée, chacune pouvant nourrir toute la Guinée, en oubliant de citer le pays des Tutsis..(une larme pour Mohamed Sampil Muchacho qui vient de nous quitter pour la Somalie (3) de notre neveu le Médiateur bis..). Donc Alpha aurait encore réduit la Guinée (ou le RPG, ce qui serait excusable) à la Haute Guinée, la Basse (sic) Guinée et ENFIN la Forêt.
« Pendant son discours, le locataire de SEKHOUTOUREYA a dit ceci 《si vous avez accepté le gouverneur Nawa Damey, alors qu’il est forestier, c’est parce que la Guinée appartient aux malinkés, aux forestiers et aux soussous (www.opinion.info). Pourtant selon un autre site : « Être Guinéen, c’est travailler pour toutes les régions. La Guinée c’est comme une voiture qui a 4 roues. Si tu enlèves une roue, la Guinée ne marche plus. Donc, je dois travailler pour la Basse Guinée, le Foutah, la Forêt et la Haute Guinée »(www.guineenews). Une vraie salade russe ou mao.
Il vaut mieux regarder en plongée :
En effet Alpha nous invite à peeper au balcon où il vient de mettre en vitrine son autre ex, la belle foulamouso, la Mama Kany.
Je peux oublier le Fouta, mais jamais une foulamousso.
D’ailleurs les plus grands amis d’Alpha sont hal poular ! J’ai entendu un godillot du RPG dire à une station de Radio ce matin (10 mai), qu’il fallait oublier cet oubli issu de cancans du Professeur et débattre des questions sérieuses. Alpha s’est toujours emmêlé les pinceaux entre Foulas, Fouta et autres foutaises. Il ne connaît pas la Guinée, comme Malick, qui s’y retrouvait. En effet, si Malick vivait la moitié de mes ministres ne seraient pas des collabos..
Espérons qu’après Bamako où il s’était trouvé (vendredi 15 mai) avec IBK, ce dernier lui aura soufflé les conseils que Malick lui avait désespérément demandé de donner à son frère.
Mais on ne se défait pas d’une équipe qui vous fait gagner, même si ce faisant, la Guinée se trouve perdante depuis bientôt 57 ans.
Alpha est pris dans un cordon sanitaire : les gardiens du temple, les marchands et les marchant (Gros Resco s’adressant au marcheur Monenembo), les VA, vautours affamés qui se nourrissent de charogne. Bientôt, ce cordon deviendra pour lui une camisole de force et il sera bon pour l’hôpital Sainte-Anne ou plus près, jouer dans Pinthioun Fann, (grand texte dramatique d’Abdou Anta, Ka ? qui parle de folie..), c’est à Dakar où les plus pauvres des Guinéens se font évacuer pour revenir les pieds devant..
Mais Allah Très Haut n’éprouve que ceux qu’Il aime.
J’espère que l’ultime épreuve, celle que nous vivons sera renvoyée aux Cieux ou prise pour soi-même par le Qutb zaman, le Pôle du siècle (4)
A suivre, deuxième partie : Le militaire ne tuera plus un Guinéen, même après une résistble courte transition ?
Wa Salam,
Depuis Kobayah,
Saïdou Nour Bokoum
Notes 1) Grand film hollywoodien à grand spectacle avec de sympathiques salopards.. (de Robert Aldrich avec Lee Marvin et Charles Bronson)
2) Organe créé par décret en faveur de Cllou Dalein Diallo qui avait obtenu 44% à la dernière élection présidentielle. C'est comme si Hollande "investissait" par décret Marine Le Pen ou Sarkozy, chef de file de l'Opposition.. (ils en sont où ces deux-là ?
3) Alpha ne sois pas aussi paresseux que tes « conseillers » et ne t’arrête pas à l’anecdote, lis plutôt les propositions : http://www.nrgui.com/component/content/article/6-le-poing-de-ma-vue/5647-comment-balayer-une-decharge-publique-qui-a-nom-guinee
4) Un jeune footballeur guinéen sauve l’équipe nationale lors d’un match dans une banlieue parisienne. Son nom sonnant très hutu-tutsi, notre nouvel ex Médiateur demande, « il est guinéen, çui-là, mais il vient d’où », notre Médiateur national, dont la mère est de la même ethnie que "çui-là", s’entendit répondre par l’inénarrable Mohamed Sampil de la même ethnie que son père : « tonton il est d’origine somalienne.. »
5) On apprend dans l’hagiographie des saints, qu’Allah – Exalté ! – envoie à chaque instant des calamités (épreuves) aux créatures en trois portions : le Pôle du temps en renvoie une à son Seigneur en le suppliant « c’est trop pour Ta créature », il encaisse la deuxième pour lui-même. Mais la troisième hélas doit tomber. Souhaitons que le Guinéen ait déjà vécu cette dernière et qu’il y ait survécu.
