Le groupe islamiste Boko Haram a enlevé au moins 2 000 femmes et fillettes au Nigeria depuis le début de l'année 2014, estime Amnesty International mardi 14 avril, un an après l'enlèvement des 276 lycéennes à Chibok au Nigeria.
Le kidnapping du 14 avril 2014 avait suscité une émotion sans précédent à travers le monde, notamment grâce à la campagne #BringBackOurGirls. Mais s'il a été très médiatisé, c'est loin d'être le seul crime de ce type commis par Boko Haram, rappelle l'organisation de défense des droits de l'homme.
Violées, mariées de force
Amnesty affirme avoir listé 38 cas d'enlèvement de masse commis par le groupe islamiste, sur la base de près de 200 témoignages recueillis, dont 28 émanant de femmes et de filles qui se sont échappées. Ces dernières confient avoir été détenues dans des conditions horribles, dans des prisons surpeuplées. Elles disent avoir été mariées de force, avoir été obligées à cuisiner, à faire le ménage... Plusieurs d'entre elles racontent avoir été violées. Les hommes et les garçons sont eux embrigadés ou exécutés.
Selon une militante des droits de l'homme qui a rencontré 80 ex-otages, 23 d'entre elles ont été violées avant leur arrivée dans les camps de Boko Haram — situés dans des endroits reculés — ou après leur mariage forcé. Une jeune femme de 19 ans enlevée en septembre 2014 témoigne :
« J'ai été violée plusieurs fois, quand j'étais dans le camps. Parfois ils étaient cinq. Parfois trois, parfois six. Ça a continué, pendant tout le temps où j'y étais. Ça se passait toujours la nuit (...) Certains étaient d'anciens camarades de classe de mon village. Ceux qui me connaissaient avaient tendance à être encore plus violents avec moi. »
Formées au combat
D'autres ex-otages ont affirmé avoir été obligées d'apprendre à se servir d'armes à feu et à fabriquer des bombes artisanales. L'une d'entre elles, Aisha — qui en trois mois de captivité a été régulièrement violée et a été témoin du meurtre de plus de 50 personnes, dont sa sœur — a rapporté avoir été envoyée sur le front pour mener une attaque contre son village :
« Ils apprenaient aux filles à tirer. Je faisais partie de celles qui étaient formées au tir. J'ai également été entraînée à utiliser des bombes et à attaquer un village. Cet entraînement a duré trois semaines après notre arrivée. Ensuite, ils ont commencé à envoyer certaines d'entre nous sur le terrain. J'ai participé à une opération dans mon propre village. »
Dans les camps, les femmes sont également endoctrinées, pour leur imposer la version de l'islam prônée par le groupe en vue de leur mariage.
Lire : « Comment j’ai échappé à Boko Haram »
Sauvetage « risqué »
Au sujet des lycéennes de Chibok, Amnesty cite une source militaire de haut rang, qui affirme qu'elles ont été séparées en trois ou quatre groupes et gardées dans différents camps de Boko Haram.
Certaines d'entre elles se trouveraient dans la forêt de Sambisa, dans l'Etat de Borno, d'autres autour du lac Tchad et dans la chaîne de montagnes qui sépare le Nigeria du Cameroun, et d'autres (environ 70) auraient été emmenées au Tchad voisin. L'armée nigériane a déjà affirmé par le passé savoir où se trouvent les lycéennes, mais qu'une opération de sauvetage serait trop risquée.
Aucun signe de vie des otages n'a été donné depuis la vidéo diffusée en mai 2014 par Boko Haram, qui montrait une centaine de lycéennes voilées, récitant des sourates du Coran. Le chef de Boko Haram, Abubakar Shekau, a déclaré avoir converti les adolescentes qui n'étaient pas musulmanes et les avoir toutes « mariées de force ».
Lire l'enquête : Boko Haram : les monstres de Maiduguri
Selon Amnesty, pour qui Boko Haram devrait être poursuivi pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité, plus de 4 000 personnes ont été tuées par le groupe islamiste l'année dernière, et au moins 1 500 personnes ont été tuées au cours du premier trimestre 2015.
Le Monde

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