Simandou : Chinalco bientôt maître des anciens blocs de Beny Steinmetz ?
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- Catégorie : Grands dossiers
- Mis à jour le mardi 7 février 2017 15:04
- Publié le mardi 7 février 2017 14:50
- Écrit par LLc
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Acualités de Guinéé Conakry, Nouvlle Répubmique de Guinée, www.nrgui.com. Alors que les forces de police et tribunaux internationaux continuent de démêler les conditions d'attribution des blocs 1 et 2 du projet de fer guinéen de Simandou au groupe Beny Steinmetz Group Resources (BSGR) du franco-israélien Beny Steinmetz en 2008, sur le terrain, les comptes semblent soldés. Conakry fait tout pour trouver un repreneur à ces périmètres.
Un nouvel empereur sur le mont Simandou •
Dans le plus grand secret, le gouvernement d'Alpha Condé négocie actuellement la vente des blocs 1 et 2 de Simandou au groupe public chinois Chinalco. L'acquisition ferait de ce dernier, qui a racheté fin octobre les permis 3 et 4 du projet à Rio Tinto (AMI nº380), le propriétaire de la totalité du mont Simandou.
Toutefois, jusqu'à présent, aucune estimation de la valeur financière des permis 1 et 2 n'a été réalisée. Chinalco aurait donc récemment proposé au gouvernement guinéen d'effectuer une évaluation des ressources des blocs 1 et 2. Le groupe chinois souhaite déterminer si la reprise de l'ensemble du projet de fer assurerait une rentabilité supérieure à l’exploitation des seuls permis 3 et 4.
Le bras de fer du siècle •
Les nombreuses hypothèques judiciaires qui pèsent sur les blocs 1 et 2 pourraient cependant contrarier les projets de Chinalco. Evincé des deux permis qu'il a opéré entre 2008 et 2014, BSGR se bat pour obtenir compensation. Au printemps prochain, les audiences l'opposant à la Guinée devant le Cirdi (Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements) se tiendront publiquement à Washington.
La réattribution des permis avant que la cour arbitrale ait tranché l’affaire et que les revendications de BSGR sur les titres soient enterrées pourrait entraver le lancement d'opérations sur les blocs 1 et 2. Par crainte de réclamations, Chinalco pourrait au final repousser le début des travaux sur les blocs 3 et 4, leur coût étant estimé à 20 milliards $.
En parallèle, les justices suisse, guinéenne, américaine et israélienne (AMI nº383), enquêtent sur les conditions d'attribution des blocs 1 et 2 à BSGR. Dans le cadre de la procédure genevoise, fin janvier, Beny Steinmetz a été interrogé durant trois jours en Suisse par le procureur Claudio Mascotto. Beny Steinmetz était défendu par l'ancien bâtonnier de Genève Marc Bonnant et un associé du cabinet d'avocats londonien Mishcon de Reya, Karel Daele. Affirmant que BSGR a été exproprié sur la base d'accusations erronées, Marc Bonnant a requis, fin 2016, l'inculpation pour faux témoignage de Mamadie Touré, quatrième épouse de l'ancien président guinéen Lansana Conté.
BSGR accuse par ailleurs Rio Tinto d'avoir surpayé les permis 3 et 4, acquis pour 700 millions $, dans le but de récupérer les blocs 1 et 2, et d'avoir rémunéré un proche d'Alpha Condé, François Polge de Combret, pour faciliter ses affaires (AMI nº382).
Pékin tout puissant à Conakry •
En parallèle des négociations sur Simandou, Chinalco réalise des examens sur les blocs de bauxite de Boffa, anciennement détenus par BHP Billiton. Le groupe chinois cherche à savoir si les quatre permis, Boffa Nord, Santou, Houda et Boffa Sud doivent être développés ensemble ou si ce dernier peut être cédé tout en conservant la rentabilité du projet (AMI nº383).
La Lettre du Continent
En rachetant deux des plus importants gisements guinéens, Chinalco assure
