Quand M. Kantèka commente Kantèka : LA CONFISCATION DE L'HISTOIRE MANDINGUE / LA VÉRITÉ SUR LE MYTHE DE SONJATA KÈTA

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Beaucoup d’Africains qui font l’effort de s’intéresser à la version occultée de  leur histoire commettent presque toujours la même erreur : croire que  c’est seulement le Blanc qui falsifie l’histoire de l’Afrique. Il n’en  est rien. La falsification de l’histoire africaine est aussi un  phénomène endogène, impliquant certaines couches sociales désireuses  d’écrire l’histoire à leur convenance, dans un but idéologique et en  fonction des réalités dominantes du moment. Il en est de même avec la légende de SONJATA (et non SOUNDJATA) KÈTA (et non KÉITA), un personnage mythique qui sert de référence à une couche de la société mandingue pour revendiquer un héritage historique qui les rehausse au  détriment des autres. Telle que connue et enseignée un peu partout dans  le monde, l’épopée mandingue constitue l’UNE DES PLUS GRANDES IMPOSTURES de l’histoire humaine. Du nom de ses protagonistes à l’étendue  temporelle, tout y est imposture. On a pris l’histoire de plusieurs  générations de règnes qu’on a fondues en une seule avec deux héros, dont l’un, Soumahoro, symbolisant le Vilain, aurait été vaincu par le Bon,  Sonjata, dans une mythique bataille appelée « Bataille de Krina »…


QU’EN EST-IL DANS LA RÉALITE? QUE RESTE-T-IL DU MYTHE DE SONJATA QUAND ON DELAISSE LA LÉGENDE POUR PARLER D’HISTOIRE ? Rien, absolument. Il faut d’abord savoir que Sonjata n’est pas un nom ou prénom d’une personne. C’est un TITRE COLLECTIF  signifiant « lion-voleur » qui a été porté par une multitude de  personnes dont des femmes. Pourquoi ce titre de « lion-voleur » ? Pour symboliser l’USURPATION DE L’HERITAGE par un fils au détriment des autres cohéritiers d’où l’autre titre de Kèta qui signifie littéralement « prendre l’héritage ». Dans la langue malinké, l’héritage, c’est '' kè '' , et le verbe « prendre », c’est '' ka ta'' . Donc, ''Sonjata Kèta '' signifie littéralement « LION-VOLEUR-USURPATEUR-D’HERITAGE »...


Les surprises ne s’arrêtent pas là ! Il faut aussi savoir que les mêmes protagonistes qui ont porté ce titre collectif de Sonjata Kèta (« lion-voleur-usurpateur-d’héritage ») l’ont porté simultanément avec d’autres titres collectifs comme FAKOLI (qui est un titre de parricide, « celui qui a mis son père en échec») et TIRAMAKAN (qui est une déformation de tara Makan , celui qui est parti à la Mecque) ou de TOURA MAKAN (qui veut dire « Roi Taureau »), etc. Cela veut dire que les personnages Fakoli et Tiramakan , présentés par la légende comme des compagnons de Sonjata, sont en réalité des PERSONNAGES FICTIFS puisque les titres de Sonjata, Fakoli et Tiramakan ont été portés simultanément par une même personne (suivie d’autres qui portèrent les mêmes titres collectifs). D’où cette appellation « d’HOMMES AUX MULTIPLES NOMS » ou titres… Et vous n’avez pas fini encore avec les surprises. Le premier Sonjata alias Fakoli alias Tiramakan a aussi porté le titre de Soumahoro, hérité de son père et de son oncle, titre de roi-prêtre hérité de l’Égypte pharaonique … Soumahoro n’est donc pas non plus le nom d’une personne, mais un titre qui a été porté par au moins trois personnes dont le fils Sonjata. Tarawélé (un titre en rapport notamment avec le feu) fut porté par l’oncle Soumahoro qui se faisait appeler Fara Körö Makan Kègni (voulant dire « Beau Roi de sous le rocher »), désigné à tort par la légende comme étant le père biologique du premier Sonjata.
Toute l’épopée mandingue se passe dans la même famille, avec beaucoup de  trahisons et d’assassinats entre parents de même sang qui ne se  mariaient qu’entre eux-mêmes, comme en Égypte pharaonique. Kantè et Konatè ne sont aussi que des titres avec des significations politique et  religieuse. Le dénominateur commun des protagonistes de l’histoire  mandingue est KAMARA. Le premier Sonjata s’appelle en réalité DJIKI KAMARA, alias MAKANTAGA DJIKI (Djiki qui est parti à la Mecque). Ce même Djiki a d’autres noms civils comme MOULAYE ou MOUSSA. Il est encore adoré comme un Dieu par le Kömö, la religion ancestrale du Mali. Dans ce milieu, on préfère le désigner sous ses titres de Fakoli, de Tiramakan ou de Soumahoro.


Il y a beaucoup de choses que vous ne savez pas dans l’histoire mandingue  qui regorge de secrets farouchement gardés par les dépositaires des bois sacrés… Les griots traditionalistes eux-mêmes sont tributaires des soma (prêtres des bois sacrés) qui sont les vrais dépositaires de l’histoire mandingue… Bref, c’est pour vous dire que chaque fois qu’un historien, prétendu expert  de l’histoire mandingue, aborde cette histoire en mentionnant les titre  de Sonjata, de Fakoli ou de Tiramakan,  éloignez-vous de lui. Il ne vous parle pas d’histoire, mais de légende.  Il vous parle de conte. Cette histoire de « Bataille de Krina » ayant  opposé Soumahoro à Sonjata, ne veut absolument rien dire si l’on ne précise pas quel Sonjata a combattu quel Soumahoro, puisque, comme je l'ai mentionné, le premier Sonjata a porté aussi le titre de Soumahoro et a assassiné son propre frère (KAMANDJAN KAMARA) pour rester seul au  pouvoir. Et le fils de ce malheureux frère a déclenché une guerre sans  merci contre lui. Et ce fils vengeur, KAMAN MORY ou KANIBA MORY, fut  aussi appelé Sonjata. Son cousin NAN KOMAN, NAN KOMANDJAN alias KONG KOMAN ou WARABAN KOMAN fut aussi un Sonjata. Et après ce cousin, il y a eu d’autres Sonjata comme DJIBRIL (alias DIBI ou DJIBI), NAN SEYAN et DJÉDJAN, etc, tous de la même lignée… Et tous des Forgerons qui furent rebaptisés BOULA ou BILA (une notion renfermant beaucoup d’ambiguités). Toute l’histoire du Manden  est une histoire de Forgerons… Oui, une histoire de Forgerons...


Ajoutons à cela qu’il y a eu un ESCLAVE AFFRANCHI ( HÖRON) qui a porté ce titre de Sonjata … Quand on parle de la CONSTITUTION DE KOUROUGAN FOUGAN, en l’attribuant à Sonjata, sans préciser quel Sonjata, il y a de graves problèmes. Sans compter qu’il y a beaucoup de  REVISIONNISME dans cette mythique constitution, comme par exemple cette  histoire de division de la société en 33 clans qui serait l’œuvre de Sonjata. C’EST FAUX ET ARCHI-FAUX. Les 33 CLANS ont existé à la naissance du  Manden qui fut bâti autour de 33 clans de braves guerriers qu’on  appelait nwana. Et bien avant la naissance du premier Sonjata.


On continue à multiplier les FAUX DEBATS en ressassant les mêmes légendes, faisant appel à des « HISTORIENS » QUI SONT ISSUS DE LA LIGNEE DES FILS QUI ONT COUPÉ AVEC LA GÉNÉALOGIE DE LEURS PÈRES (LES DEUX FRÈRES SOUMAHORO, BROULAYE ET NIANI MAMOUROU KOROBA, L’ANCIEN, ALIAS NIANI MASSA KARA KAMARA, CO-FONDATEURS DE L’EMPIRE MANDING).


Cela s’appelle la CONFISCATION. LA CONFISCATION DE L’HISTOIRE D’UN PEUPLE AU PROFIT D’UN GROUPE QUI VEUT S’ATTRIBUER LES BÉNÉFICES POLITIQUES ET  SOCIAUX AVEC LA COMPLICITÉ DE GRIOTS CORROMPUS.


Mais le temps des griots ayant signé des pactes d’allégeance avec le « serment  d’enseigner ce qu’il faut enseigner et taire ce qu’il faut taire » est  révolu. Le temps des menaces de mort quant à la révélation de la vérité  historique l’est aussi. Maintenant, c’est l’heure de la vérité  historique. Et personne ne va plus tuer personne pour cela.

Mountaga Fanè Kantèka 

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