COMMUNICATION DU PRESIDENT DE L’OBSERVATOIRE
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- Catégorie : Courrier des lecteurs
- Mis à jour le mercredi 24 octobre 2012 19:08
- Publié le mercredi 24 octobre 2012 19:08
- Écrit par Saïdou Nour Bokoum
A l’occasion du lancement des activités de l’O.N.G. à ‘’la Maison de la Presse ‘’ le Sam. 20.10.2012
Distingués invités,
Mesdames et Messieurs les participants,
Mesdames et Messieurs les journalistes,
Très Chers Sœurs et Frères,
A cette occasion solennelle de lancement de l’OBSERVATOIRE DE LA GESTION DES AFFAIRES PUBLIQUES EN AFRIQUE sous le sigle bien apostropheur : « Rendez Nous Compte », nous avons choisi de vous entretenir sur un thème, que nous croyons bien à propos, car c’est ce qui nous rassemble et devrait nous identifier. Nous voulons parler de ‘’la République’’.
La République ne signifie-t-elle pas, étymologiquement, ‘’la chose publique’’ ? Elle qui est soumise de plus en plus à toutes les convoitises, à tous les appétits des uns et des autres, pour sa gestion...
Bien que voulu comme structure de veille, nous entendons œuvrer au renforcement du sentiment de justice dans notre pays, à la conscientisation des esprits et œuvrer, à côté d’autres personnes dévouées, à la recherche des joyaux progressivement perdus au fil des années depuis 1958. Ces valeurs d’amour, de vérité, de tolérance, d’honneur, de dignité que nos aïeux ont si fièrement léguées à nos grands parents…
Sans vouloir entrer dans le détail des différentes crises institutionnelles qui ont fragilisé notre pays, force est de reconnaître que le constat est inquiétant.
Plus que jamais, nous avons besoin de nous ressaisir et de nous fixer, dans la concorde, des objectifs plus nobles au-delà de la vie matérielle qui aveugle et avilit de nombreux concitoyens de toute classe et condition sociales.
Nous savons que tout groupe humain, peuple, état, nation, se définit par un ensemble de valeurs communes qui fondent la société et dans lesquelles chacun de ses membres doit pouvoir s’identifier. Ces valeurs, qu’elles soient
morales, culturelles, religieuses ou historiques, fondent cette société par la cohésion interne qu’elle entraîne.
Pour dégager notre futur, il est indispensable que ces valeurs soient transmises à nos descendants afin de les perpétuer. Mais le rappel nécessaire de la transmission et de la mémoire ne dispense pas de réfléchir sur la qualité des acquis et la manière dont elle aménage le passé en héritage. Cet héritage dont nous devons avoir la fierté et le courage de perpétuer, de reconnaître et d’en corriger les erreurs commises afin que rayonne notre République.
Depuis notre accession à l’indépendance, nos devanciers ont été inspirés pour nous fixer comme devise : TRAVAIL, JUSTICE, SOLIDARITE. Beaucoup de bonnes volontés, beaucoup d’actes posés mais, hélas, aussi beaucoup d’écueils et de frustrations dans la gestion des affaires publiques.
Comment dans ces conditions passer sous silence l’effet d’une transmission pervertie par les effets périssables, d’une identité refabriquée après coup. Tragique retour de l’histoire qui ne craint pas de se réécrire en trempant sa plume dans les idéologies qu’on croyait ensevelies à tout jamais ! La vérité reste universelle et permet à la lumière de jaillir.
A cet égard, il nous semble que sous le prisme d’un devoir de mémoire, et le passé revisité, c’est notre responsabilité qui est mise en cause. Le devoir de mémoire devient ainsi pour chacun un engagement ici et maintenant.
Hélas, nous assistons aujourd’hui, à une dérive inquiétante des valeurs de respect réciproques intercommunautaires et par un pernicieux détour de l’histoire, on assiste au retour de « la bête immonde ». Pour l’avoir trop longtemps enfouie au fond de nos chroniques d’un autre temps, pour avoir ignoré les premiers signes de réveil de son apparente torpeur, voilà qu’aujourd’hui la bête fait feu de tout bois et crache son feu dévastateur sur les consciences encore assoupies. Tout s’entremêle dans cette dernière incarnation de l’histoire. Mais le centre de gravité de ce bouleversement illustre pleinement notre sujet. La transmission devient alors,
par un effet destructeur de son objectif détourné, le vecteur d’une histoire revisitée à l’aune du rejet de la différence.
Nous voulons évidemment plus spécifiquement parler de cette gangrène des temps modernes que constituent l’ethnocentrisme, plus encore dans notre pays, le régionalisme, le communautarisme! Cet avatar conduit à des préjugés, à des exclusions, à des frustrations qui tuent, aussi, des valeurs et des initiatives. C’est le lieu de constater l'absurdité d’un tel état d’esprit et l'immoralité de l'utilisation des pratiques irrationnelles, notamment lorsqu'elles constituent une violation du Respect de l'Individu.
La médiocrité et la démagogie qui ont envahi lentement et progressivement les services publics depuis la Première République s’est érigée en système de gouvernance, les soucis de respect du bien public donc de respect de sa propre personne sont considérés de nos jours comme une idiotie avec la consécration de l’impunité durant la 2ième République… Encore, le clientélisme, le népotisme et autres travers toujours dénoncés ont « pignon sur rue » dans notre Cité.
En voulant évoquer la République, nous ne cesserons pas de parler de transmission qui est aussi et surtout de parler de l’école, de l’excellence.
Idéalement, la première mission de l’école devrait être la transmission des savoirs par l’enseignement et la transmission des valeurs par l’éducation. Par cette voie, les mérites doivent être reconnus, encouragés et consacrés. Il est impérieux de donner un sens à cette devise républicaine : TRAVAIL.
Par la sincérité espérée de nos Hommes politiques dans la gestion de ‘’la Chose Publique’’, nous sommes persuadés que la Stabilité, la Paix et l’Amour fraternel pourront favoriser le partage de la richesse commune dans nos cités et nos hameaux. Toute la richesse de la SOLIDARITE s’est perdue en la transformant en assistance, avec tout ce que cela peut comporter de calcul des politiques et de paternalisme.
Cette sincérité demeure le socle de la Vérité et de la Justice qui permettent la Paix et la stabilité de la Nation enrichie par la diversité culturelle et renforcée par la qualité de ses ressources… humaines.
La morale républicaine doit, plus que jamais dans notre pays, reconnaître que l’Individu et la Paix restent des valeurs fondamentales, elle doit manifester une large ouverture d'esprit et conserver une grande modestie. Les choses matérielles valent ici et maintenant. Leur portée universelle est incertaine. Les Institutions de la République, tout en restant pérennes, doivent être dynamiques donc soumises aux mutations, aux changements voulus et souhaités qualitatifs et innovateurs…
C’est l’éducation qui est à réinventer. Une éducation qui permette à l’homme de conquérir et d’aimer sa liberté, de découvrir librement les valeurs permanentes qui fondent notre existence et notre société.
Pour terminer, nous nous devons d’accorder, assez naïvement, un crédit de bonne foi et … d’INTEGRITE à tout dépositaire du mandat citoyen (décideur et administrateur). Une franche et sincère collaboration est attendue de TOUS pour assurer une plus grande TRANSPARENCE dans la gestion de la Chose Publique, la ‘’Res Publica’’. Dans cette démarche, il reste entendu que chaque acte posé demeure entièrement et pleinement de la RESPONSABILITE de son auteur.
Nous souhaitons réussir, ensemble, avec l’aide de Dieu, ce challenge. Ce vaste chantier qui doit favoriser l’édification d’une Guinée respectueuse de ses lois et de ses procédures à la satisfaction de nos braves populations et de nos partenaires techniques et financiers.
Nous vous remercions pour votre bien aimable attention.
Naby Laye CAMARA
Président de l’Observatoire
