Le guide (secret) des restaurants étoilés des chefs d'Etat - AFRIQUE/FRANCE
- Détails
- Catégorie : Courrier des lecteurs
- Mis à jour le mercredi 21 septembre 2016 21:57
- Publié le mercredi 21 septembre 2016 21:49
- Écrit par LLC
- Affichages : 982
Loin des palais officiels où fourmillent les oreilles indiscrètes, les salles feutrées des restaurants parisiens huppés se sont, au fil des ans, transformées en véritable annexe des présidences africaines. Autour des mets choisis, les chefs d'Etat peuvent rencontrer de discrets émissaires, parler à bâtons rompus et préparer leurs décisions les plus stratégiques. La Lettre du Continent s'est invitée à leur table en exclusivité.
Brasserie mythique •
Alassane Ouattara et son épouse Dominique sont de vrais habitués du restaurant étoilé Laurent, situé à proximité du palais de l’Elysée. Avec quelque 30 000 vins dans sa réserve, la cave de cette institution gastronomique est une référence depuis le milieu du XIXe siècle. Le moindre "menu de saison" approche les 200 € (131 000 F CFA). Boisson non comprise ! Le couple présidentiel ivoirien fréquente également avec constance Le Flandrin. Cette brasserie mythique du 16e arrondissement compte parmi sa fidèle clientèle l’industriel français Vincent Bolloré, l’ancien directeur du protocole d’Etat de Côte d’Ivoire, Georges Ouégnin, le nouveau président béninois Patrice Talon ou encore l’avocat et conseiller Afrique de Nicolas Sarkozy, Robert Bourgi. Tous les quatre ont en commun, avec les Ouattara, d'habiter ce quartier.
Fruits de mer, ravioles, sorbets •
Fin connaisseur des bonnes tables parisiennes, Patrice Talon apprécie particulièrement Dessirier, brasserie du 17e arrondissement spécialisée dans les produits de la mer, ainsi que les restaurants des deux palaces de la capitale française, le George V et le Peninsula Paris. Après avoir longtemps fréquenté le Dragon Elysées, établissement asiatique - il raffole de leur turbot à la vapeur - situé non loin des Champs-Elysées, le président guinéen Alpha Condé a désormais jeté son dévolu sur Le Timgad, considéré comme le nec plus ultra de la cuisine marocaine à Paris. Au menu : couscous, tajines aux pruneaux, méchoui et pâtisseries raffinées. Un plateau de fruits frais complète le repas, généralement copieux. Nouveau venu au sein du club des chefs d’Etat africains, le burkinabè Roch Marc Christian Kaboré a été récemment aperçu dégustant des pâtes fraîches "faites maison" à La Famiglia, restaurant italien réputé du 17e arrondissement, par ailleurs prisé par Pascaline Bongo Ondimba, la sœur aînée d'Ali Bongo. Bon vivant, le président malien Ibrahim Boubacar Keïta plébiscite la cuisine traditionnelle française et la gastronomie chinoise. Il a sa table réservée dans deux des six restaurants du Peninsula Paris. Le premier, Lili, pour ses raviolis de crabe en bouillon et ses nems végétariens. Et le second au sixième étage, L’Oiseau Blanc, avec vue imprenable sur les plus célèbres monuments parisiens, réputé pour son menu "authentiquement français" : ravioles de volaille et girolles en fricassée, daurade royale poêlée aux racines de curcuma et, en dessert, crémeux et biscuit chocolat, compotée et sorbet framboise…
Produits du cru •
Pour sa part, le président congolais, Denis Sassou Nguesso, est un casanier. Il préfère dîner en général avec sa nombreuse famille dans l’un des restaurants du George V ou du Bristol, deux hôtels de luxe où il pose généralement ses valises lors de ses déplacements en France. Quant à son homologue sénégalais Macky Sall, il joue l'humilité préférant recevoir ses invités de marque à la résidence du Sénégal, rue Vineuse, à proximité de la Tour Eiffel. Aux yeux de cet adepte du "consommer local", le tieboudienne (riz au poisson) de Banel Sène, l’épouse de Bassirou Sène, l’ambassadeur du Sénégal en France, supporte largement la comparaison avec les meilleurs plats hexagonaux.
La Lettre du Continent
