Alpha Wann : LE DROIT DE RESISTER A L’OPPRESSION
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- Mis à jour le vendredi 16 octobre 2015 23:30
- Publié le vendredi 16 octobre 2015 23:27
- Écrit par Alpha Wann
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Des voix s’élèvent partout notamment de nos partenaires et représentants de la communauté internationale pour nous demander de faire recours à la Cour Constitutionnelle pour régler les litiges électoraux et non la rue.
Cette demande est valable lorsque que nous sommes dans un régime respectueux du droit et que les institutions sensées garantir les intérêts des citoyens fonctionnent conformément à la Constitution.
Or, les opinions nationale et internationales sont témoins que le pouvoir guinéen n’a fait que violer notre Constitution et que c’est à l’approche des élections qu’il a installé une Cour Constitutionnelle croupion qui a refusé de sanctionner les graves violations du Code électoral par la CENI.
La CENI n’a jamais respecté la loi l’instituant à plus forte raison le Code électoral. Elle a fait la sourde oreille à toutes les demandes de correction des anomalies et autres manquements graves dans l’organisation de ces élections.
Elle a rejeté la demande de report de l’élection par les 7 candidats en disant qu’elle est prête et capable d’organiser le scrutin.
Tous nos partenaires ont enjoint l’opposition à participer à l’élection en disant que tous les problèmes constates sont réglés.
Nous sommes allés aux élections et aujourd’hui, personne ne peut en toute bonne foi nier la catastrophe. M. Frank Engel, le chef de la délégation de la Mission d’observation électorale de l’Union Europeenne (MOE-EU) a dit ceci : “Le scrutin a été caractérisé par de fortes difficultés logistiques et organisationnelles confirmant la préparation insuffisante de la CENI en vue des opérations de vote”.
Tout est dit ici et donc aucune conclusion n’est possible, sauf celle d’annuler cette mascarade.
Nous n’avons aucune alternative face à un pouvoir hors-la loi, une tyrannie d’un homme qui a domestiqué toutes les institutions du pays, qui a placé l’Etat sous le contrôle de son parti et qui n’hésite pas à faire assassiner tous ceux qui protestent pacifiquement contre ses dérives dictatoriales, que de le combattre de toutes nos forces.
Nous allons légalement recourir à l’article 21 alinéa 4 de notre Constitution qui dispose : Le peuple de Guinée a le droit de resister à l’oppression.
Il s’agit de se mobiliser pour changer ce régime qui viole notre Loi Suprême.
Cet article est inspiré de la codification juridique d’un droit naturel que les hommes ont toujours utilisé depuis des millénaires.
Faisons relire par l’ambassadeur des Etats-Unis SEM M.Lascaris, qui est très impliqué dans notre débat électoral, la Déclaration d’indépendence des Etats-Unis proclamée le 4 juillet 1776 :
“Nous tenons ces vérités comme évidentes, que tous les hommes ont été créés égaux, qu’ils sont dotés par leur Créateur de certains droits inaliénables, parmi lesquels la vie, la liberté et la recherche du bonheur. - Que pour garantir ces droits, des gouvernements sont établis parmi les hommes, tenant leur pouvoir légitime du consentement des gouvernés. -Que chaque fois qu’une forme de gouvernement deviens destructive de ce but, le peuple a le droit de le changer ou de l’abolir et d’établir un nouveau gouvernement, en le fondant sur ces principes et en l’organisant sous les formes lui paraissant les plus propres à lui apporter la sûreté et le bonheur”.
Peut-il sur la base de cette déclaration nous dénier le droit de nous soulever contre ce pouvoir qui nous oppresse? Non.
Quant à SEM M. Cochery, il doit certainement savoir que le droit de resistance à l’oppression est un droit naturel consacré par la Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen du 26 aout 1789 (article 2) et celle de 1793 (articles 33, 34 et 35).
Dans le préambule de la Constitution française de 1958, le peuple français déclare solennellement son attachement à la Déclaration de 1789, d’ailleurs, il faut noter que notre article 21 s’inspire d’elle.
Il ne peut donc lui aussi, nous dire que nous ne sommes pas dans notre bon droit de résister à l’oppression de ce pouvoir.
Le préambule de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme adoptée par l’Assemblée Générale des Nations-Unies dans sa resolution 217 à son alinéa 3 : Considérant qu’il est essentiel que les droits de l’homme soient protégés par un régime de droit pour que l’homme ne soit contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l’oppression.
Le régime de M. Alpha Conde nous a prouvé par sa tyrannie et ses violations répétées de notre Constitution, les violences faites contre les citoyens guinéens avec les nombreux assassinats de manifestants, de citoyens dormant paisiblement comme à Zowota, d’instrumentalisation des violences inter-ethniques à Siguiri, Kouroussa, N’zerekore, Beyla etc.
Nous ne pouvons pas après toutes ces violences et violations de notre Constitution, cautionner ce dernier coup de force fait pour nous imposer ce pouvoir tyrannique.
Qu’on oublie pas qu’il a fallu des assassinats de plus de 50 manifestants, des milliers de blessés et des destructions de biens privés pour que Alpha Conde organise des élections législatives trois ans après le délai constitutionnel. Il a purement et simplement refusé de se soumettre à la Constitution pour organiser les élections locales, qui sont essentielles à la democratie de proximité notamment, durant tout son mandat.
M. Alpha Conde est-il différent d’un chef militaire putschiste qui suspend la Constitution comme lui parce qu’il ne l’applique pas?
Son pouvoir n’est plus ni légal, ni légitime, il est désormais comme celui des Ben Ali, Moubarak et Compaore et comme tel, les guinéens sont fondés à le chasser du pouvoir.
Depuis le 17 ème et 18 ème siècle l’Europe a montré la voie à tous les peuples pour bannir l’absolutisme monarchique, la dictature d’un seul en décapitant leurs rois notamment le roi d’Angleterre Charles 1er, arrêté, jugé et exécuté le 30 janvier 1649 et le roi de France Louis 16, arrêté, jugé et exécuté le 21 janvier 1793.
Aujourd’hui, plusieurs peuples dans le monde sont parvenus à mettre fin à la dictature et la démocratie progresse partout.
L’insurrection populaire de 2007 avait pour but de mettre fin à l’autoritarisme et le retour au respect de la Constitution par le général Lansana Conte qui a eu la sagesse de se plier à la volonté du peuple en acceptant toutes les revendications des forces vives de la Nation.
Nous n’accepterons pas que celui qui prétend s’être battu durant 50 ans pour l’instauration de la démocratie et l’Etat de droit , nous fasse revenir au système du Parti-Etat et veuille s’imposer à nous par des élections frauduleuses violant ainsi l’article 2 de notre Constitution.
Ceux qui se battent sur le terrain contre le coup de force de Alpha Conde, sont les plus courageux parmi la population guinéenne et ils le font pour l’ensemble du peuple pour garantir nos Libertés et pour instaurer un Etat de droit qui sera profitable à tous. Ils doivent être soutenus par cette majorité silencieuse qui approuve leur combat légitime.
Nous disons à tous les dirigeants de l’opposition et ses candidats qu’aucune négociation ou arrangement n’est possible avec M. Alpha Conde sauf son départ.

Commentaires
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