Aissata est enseignante de profession. Pour son militantisme politique, elle a perdu son emploi en janvier 2013 dans une école privée de la haute banlieue de Conakry. Secrétaire chargée de la communication et de la formation du Comité de base de l’UFDG à Hamdallaye 1, elle revient sur sa trajectoire politique, la traque dont elle a fait l’objet, son évasion puis son exil en France.
‘’Je suis membre de l’UFDG, principal Parti de l’Opposition. Je dirige également ‘’Espoir de femmes’’, un groupement d’appui aux initiatives féminines. Je fais partie de ceux qui osent parler, manifester et dénoncer les manœuvres du régime Alpha Condé’’, se souvient cette exilée politique.
Parallèlement à ses activités politiques, dame Aissata Baldé dirige un groupement féminin dans son quartier. Toutefois, son appartenance au principal Parti de l’Opposition n’est pas dénué de critiques. ‘’Même mon mari me déconseillait de militer au sein de l’UFDG. J’insistais par conviction’’, indique-t-elle.
Tout se passait bien pour elle jusqu’au 12 juillet 2013. A Hamdallaye 1, où elle vit, des éléments de l’escadron N°1 investissent sa demeure. Motif évoqué, Aissata et sa "clique" tiennent des réunions politiques secrètes. Arrêtée et conduite de force à l’escadron, elle sera emprisonnée avec six autres femmes de ‘’Espoir des femmes’’. Elle y restera pendant 1 mois et 2 jours, sans aucun procès, selon les témoignages concordants recueillis au sein de sa formation politique.
Ne comprenant pas les reproches qui lui sont faits, l’enseignante accepte de négocier pour sortir du trou. Un gendarme proche de l’une des amies lui donne un coup de main dans son évasion. ‘’Il fallait que je sorte de là. Plus je restais en cellule, plus mon cas se compliquait puisque je ne savais pas exactement ce qu'on on me reprochait. Les réunions politiques se tiennent sur toute l’étendue du territoire. Pourquoi menacer celles des activistes de l’Opposition ?’’ se demande-t-elle.
Le plan ficelé, elle parvient à quitter la gendarmerie dans la nuit du 14 août 2013. ‘’Je ne pouvais plus rentrer et j’ai été obligée de partir. Je ne me sentais plus en sécurité’’, explique Mme Baldé. Elle explique cette option par le fait que sa vie ‘’est en danger’’.
Avec l’aide d’un commerçant, figure de proue du Parti pour son apport financier, Aissata Badé se procure un titre de voyage. Ce même opérateur économique facilitera toutes les démarches du voyage. Il l’aidera à obtenir un billet d’avion sur la Royal Air Maroc et parvient à lui éviter quelques contrôles de routine à l’aéroport de Conakry. ‘’J’ai quitté la capitale dans la nuit du 18 août pour Paris. J’ai peur de retourner en Guinée, bien que j’y ai laissé ma famille. Mon mari et moi ne nous entendions pas à cause de mes activités politiques. Il vit avec une autre femme tandis que nos quatre enfants sont gardé par une de mes amies à Kindia’’.
Sidy BAH, pour VisionGuinee.Info
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