Asmaou Diallo d’AVIPA répond à Alpha Condé : « on ne peut pas oublier l’affaire 28 septembre »
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- Catégorie : Ce que Femme veut
- Mis à jour le mercredi 12 novembre 2014 19:27
- Publié le mercredi 12 novembre 2014 19:27
- Écrit par Le Populaire
La Présidente de l’Association des victimes parents et amis du 28 septembre (AVIPA), Asmaou Diallo réagit au discours du président Alpha Condé à Kassa.
Le Populaire : A l’occasion du lancement du projet «Isolons Ebola» tenu à Kassa le 25 octobre dernier, le président Alpha Condé a demandé à la CPI d’abandonner la procédure judicaire des massacres du 28 septembre 2009. Quelle est votre réaction ?
Asmaou Diallo : Je peux dire que cela me fait très mal de savoir que c’est le premier magistrat de la république qui demande à la CPI d’arrêter le travail qu’ils doivent faire. Je sais que la CPI ne peut pas arrêter cela, parce que le dossier est avancé à son au niveau et au niveau même de la Guinée. Je suis sûre qu’on ne peut pas vraiment arrêter cela. C’est une façon certainement de distraire les gens. Je peux dire que nous ne sommes pas du tout satisfaits de cette situation parce qu’on aurait vraiment aimé que le président de la république puisse nous accompagner dans ce processus. Pourquoi ? Parce qu’il était là lors de la marche même, s’il n’était pas présent (au stade, dlr), mais il y avait son équipe qui était avec tous les autres au stade. Donc, je peux dire qu’il ne devait pas du tout réagir de cette façon. Mais comme il a réagi comme ça, nous, de toutes les façons on ne va pas se décourager. On va continuer notre œuvre étant défenseurs des droits humains, étant victimes, nous allons continuer notre travail. Nous allons continuer à dénoncer. Nous allons continuer à travailler avec les avocats et le pool des juges. Le ministre de la justice a promis de travailler avec nous dans la clarté
Ne pensez-vous que son discours puisse avoir un impact négatif sur la procédure judiciaire engagée
ici en Guinée ?
Bon, ça peut arriver, mais nous comptons toujours continuer jusqu’au jour où il va freiner parce que pour le moment, c’est un discours qu’il a eu à faire. Nous attendons le jour où il va demander au ministre de la justice d’arrêter la procédure. Mais nous ne sommes pas du tout à l’aise, nous souhaitions plutôt qu’il accompagne le peuple de Guinée dans ce processus, parce le 28 septembre ne concerne pas seulement les victimes comme nous, c’est tout le peuple de Guinée qui a souffert ce jour. De ce fait, moi particulièrement j’ai perdu mon fils aîné de 33 ans. Vous pouvez voir des femmes qui ont été victimes de viol collectif. Vous imaginez que ce pays puisse avancer sans qu’on ait une réconciliation, une justice et une vérité ? Nous, nous cherchons la vérité. Nous voulons savoir qui a fait quoi sur ce dossier, savoir exactement quels sont ceux qui doivent être punis ou non.
Selon Alpha Condé, le massacre du 28 septembre n’est pas le seul crime commis dans ce pays. Il y a eu le Camp Boiro, les événements de 1985 et 2007. Qu’en pensez-vous
?
Oui, d’accord il l’a dit, mais il ne doit pas oublier que c’est le 28 septembre qui l’ a mis là où il est aujourd’hui. Il a fallu le 28 septembre pour qu’on parle d’une démocratie et pour qu’on parle de mettre un civil au Pouvoir parce que c’était l’armée qui était-là. De ce fait, nous de toute façon, nous sommes confiants. Nous allons continuer notre combat et on ne va pas se décourager même s’il donne des idées de ce genre ; on est toujours là avec la Justice. Nous tenons à ce que la Justice guinéenne travaille sur le dossier. Si toutefois ils disent qu’ils ne le peuvent pas, ce serait là un point qui peut démontrer
à la CPI que la Guinée ne peut pas travailler le dossier. Et puisqu’ils sont représentés ici, ils peuvent immédiatement se saisir du dossier parce que nous affaire avec un crime contre l’humanité. On ne peut pas classer ce dossier. Donc, nous allons continuer notre combat de toute façon.
Le Populaire
Relu par www.nouvellerepubliquedeguinee.net
