Leçons de Guinée

En début de l’année 2012, l’actualité en Afrique de l’ouest était marquée par les élections sénégalaises émaillées de manifestations avec violences, lors des  présidentielles de février dernier. Le Président Abdoulaye Wade après 12 ans au pouvoir voulait coûte que coûte passer en force. Son entourage et lui détenant quasiment tous les leviers du pouvoir civil et militaire du pays en plus des caisses de l’Etat confondu avec leur patrimoine personnel. La suite est connue, l’alternance au Pouvoir a bien eu lieu et ce, uniquement par le fait de la forte mobilisation des Sénégalais et surtout des jeunes. Et le régime de Wade s’en est allé malgré lui, par la seule détermination du peuple Sénégalais.

Comparaison n’est pas raison et le Sénégal n’est pas la Guinée tant du point du point de vu du passé politique que de l’histoire de ces 2 pays frères. Le rappel et les leçons sénégalaises ne peuvent être adaptés à la Guinée par le seul fait de la détermination du peuple souverain et qui mieux que quiconque sait ce qui est bon et mieux pour lui.

Depuis l’arrivée d’Alpha Condé en novembre 2010, beaucoup de choses se sont déroulées dans ce pays. Dans l’ensemble, une majorité de Guinéens sont déçus par les actes posés et les comportements des tenants du Pouvoir à Conakry depuis qu’ils sont aux manettes. Certains des reproches sont fondés, on peut notamment retenir ici :

- Depuis son arrivée au pouvoir en novembre 2012, le Président Alpha Condé n’arrive pas à organiser les élections legislatives qui sont censées terminer la transition telle que fixée par les accords consensuels entre les politiques, les syndicats et la société civile guinéenne et signés à Ouagadougou en janvier 2010. Toutes les explications du monde ne pourront convaincre personne que de la bonne volonté a été mise pour organiser ces élections dans la liberté et la transparence. Une grave blessure pour la nouvelle démocratie naissante guinéenne. Car la démocratie commence, se cultive et s’entretient d’abord au niveau local avec le libre choix des députés censés représenter les populations localement au sein de l’assemblée parlement nationale.

- Ensuite jamais en Guinée le gap entre les différentes composantes ethniques du pays, je veux nommer l’ethnocentrisme, ce grave cancer de la Guinée d’aujourd’hui, n’a été aussi ravivé, accentué et même parfois encouragé par le pouvoir actuel qui avait pourtant le choix une fois installé, les moyens de résorber ce gap entre les Guinéens avec des actes forts et symboliques. Ca n’a pas été le cas. En lieu et place, on a préféré faire du folklore et les palabres inutiles. En ne donnant pas le bon signal, les gens perçoivent forcément d’autres sons nuisibles et néfastes et ceci pèse sur le quotidien de tous les Guinéens. Personne aujourd’hui ne peut nier ce fait.

- Aux 2 faits précédemment cités s’ajoutent les tentatives de musellement du peuple, avec la restriction des libertés, des répressions féroces qui frappent ceux qui ne partagent pas les mêmes opinions que le gouvernement. Les rassemblements et les manifestations sont brutalement et sauvagement réprimés par le gouvernement d’Alpha Condé, qui par ailleurs déclare partout avoir à son actif 50 ans de combat politique.

- Enfin, l’amateurisme et l’incompétence sont érigés en règle première. C’est-à-dire aujourd’hui en Guinée sous Alpha Condé, aux postes clefs et aux responsabilités importantes à presque tous les échelons que ce soit, les nominations sont politiques ou ethniques. Au bout du compte, le résultat ne peut être qu’échec, malheur et désolations pour les Guinéens sans aucune surprise. Je ne parle même pas ici des malversations financières criminelles commises au détriment du peuple et le grand décalage entre la réalité quotidienne et les beaux discours que l’on nous sert. Changement nous a-ton promis, mais quel changement !

Tentatives de musellement j’ai bien dis, car il faut quand même le rappeler que l’on est en … 2012, pour ceux qui font semblant de ne pas le savoir, les choses ne sont et ne peuvent plus être comme auparavant. C’est une certitude à prendre en considération.

En Guinée, il faut avoir le courage de nommer les choses par leurs noms en appelant un chat un chat. La Guinée n’appartient pas à Alpha, ni à Cellou, Fodé, Yamoussa ou à Lassana… mais à tous les Guinéens. Un Guinée bien gouvernée avec un bon environnement propice à l’épanouissement du bien-être pour tous, sera une Guinée bénéfique à tous les Guinéens sans exception.

Aux responsables et leaders politiques, il faut de la retenue, de l’équilibre, de l’humilité et un peu de bon sens dans vos actions de tous les jours pendant qu’il est encore temps. Car une fois que ça déborde, il sera difficile de recoller les morceaux, on se retournera pour dire… si on savait... et ce serait trop tard.

Au peuple de Guinée premier concerné par cette dictature naissante que veut instaurer Alpha Condé, cette absence de vie décente pour une très grande majorité de Guinéens pourtant vivant dans un pays RICHE, de se lever et dire simplement STOP s’en est ASSEZ de ces manipulations et de ces incompétents et se battre vaillamment pour exiger un avenir meilleur pour aujourd’hui et pour demain. Les lignes et les montagnes bougeront si la volonté du Peuple y est ! Et ce ne sera pas un miracle tombé du ciel.

Paris, le 07 Septembre 2012

Thierno Rampnoux Diallo,

Président de Horizon Afrik

Paris - France

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