Maciré fait Masss !!!

Encore une "guinéade" (Blaise Chérif, qu’on ne voit plus à Paris..) ! 20, 25 ou 28 ans de services, on apprend, le jour où elle nous quitte, eh bien que « ce bout » de femme (forcément le petit écran ne nous montre pas assez ou parfois un peu trop), eh bien Maciré Camara n’est pas celle que l’on croit, c’est-à-dire la soubrette de théâtre dans sa version télé. Celle à qui le Chef dit, comme en Côte d’ivoire « posez là » ! Et alors elle ânonne les tics langagiers de notre tévé : la "quetstion", "comme je le disais tantôt". Ce dernier étant un péché mignon qui sévit dans la verbosité ou l’arborescence de nos hommes politiques. "Comme je le disais tantôt". Lourde faute ou faute lourde qui entraîne une mise à pied en cas de lapsus. Car chez ceux, nos ex (?) maîtres où c’est la langue mère on dit : comme nous je le disais en titre ou en début de journal ou

"Quand je disais tantôt que je serai votre prochain président.."

Ainsi plastronnent nos hommes politiques !

Dadis avaient parfois raison de nous traiter de Sorbonnards

Ils se croient déjà Président, en croyant être eux, débarrassés du ko nko la la, qui leur colle à la peau depuis que l'aure, qui teint ses prmosse, contraire à son héritier :

Vous aurez la meilleure formation

Et c'est vous qui allez diriger ce pays

Et il avait dit vrai.

Aussi vrai que nous avons toujours aux fesses, les mêmes deux cents salopards sauf votre respect, c'est votre année mesdames, nous sommes toujours par terre, à cause de l'excellence de votre formation qui n'aura donné que des Excellence !

En Guinée, un directeur a droit à ce plus que superlatif du menchonge (Dadis)


Woï, donc elle disait presque en plein journal, en direct pour être précis, à peu près, "m.. j’en ai marre de vos décrets, communiqués circulaires", surtout quand il faut égrener toutes les barres ou tous les bars de Kaloum, sans oublier le « Marco Polo » de Sassine, où le tambanya.. 

Le Guinéen a subi un tel lavage de cerveau, aggravé par le souci du quotidien qu'il se dispute avec les mouches et les moustiques, que quand le soleil tape de son côté leurs cerveaux, c'est pour les ramollir, et alors, on a a l'impression surréaliste que le Guinéen, à partir de midi est indécrottablement dans une sorte d'état d'ébriété.

Tous fous ou souls !

Un jour un Peul ou une Peule, car seule une femme en ce temps-là oserait dire à haute voix :


Ehh moussibhè, ko yèttè bah toun woni è din leïdi ?


Bhè djllata sèdha yèttè Diallo ma yèttè Barry è hâdjoun on.


Elle ne savait pas que le pire était à venir !

En pleine folie dadique ! Mon parent, le commandant  Kassè lisait les décrets comme s'il faisait une revue de troupe (a-t-il rejoint le Général à Adis, aujourd’hui compagnon posthume du Négus Roi des Rois dont il était le porte-voix ?)

Donc Maciré fera demain samedi ses adieux à La voix de son Maître, la RPGtv. J’ose croire que ce n’est pas sa force de caractère qui l’a menée à ce retrait. J’aimais bien ses petits chapeaux par-ci, ses foulards par-là, ses hésitations, ses reprises ponctués d’un petit sourire en coin qui humanisait un peu cette messe noire dédiée au Même.

En 84, j’ai participé à 5 émissions, « Forum », c’était le titre de l’émission. A la sortie, je rencontre un cadre du ministère de la Culture logée à l’époque dans une Case, pour faire authentiquement de chez nous. Matheux devant l’Eternel. Jamais sorti de Guinée ; il était « divisionnaire », l’échelon ou la hiérarchie juste au-dessous de la direction nationale, titre pompeux à la Culture où l'on ne récoltait que des oignons pourris , alors qu’il méritait la place se son ministre, mais c’est une autre affaire.

Monsieur non !

Je regarde derrière moi,


Monsieur No !

Mais frère Bigné, moi je t’ai reconnu..

Mais moi aussi je t’ai reconnu Bokoum

Mais alors tu as pu voir « Docteur No », en Guinée le premier James Bond..

Oui, mais je l’ai vu en cassette, tout le monde n'habitait pas le Camp Boiro !

Là c’était le fou rire qui secoua Biné.

Non, Bokoum, j’ai justement dit monsieur NON et non No !

Ah bon ?

Tu ne sais pas qu’on a oublié ce mot du dictionnaire ?

On l’a oublié, j’espère qu’on ne l’a pas effacé.

Mais si : on n’en trouve plus ; enfin c’est trop cher. Et puis pourquoi faire ?

Donc, Madame Mass, continuez à faire mass, n’acceptez pas de disjoncter ! Continuez à dire non, surtout que vous vous proposez de revenir, en Culture.

Beaucoup de monde, plus jeunes, moins jeunes, ce n’est pas affaire d’âge, devraient savoir partir à temps. Vous, vous partez trop tôt et c’est ce soir que je vous découvre, plus vraie que nature, je l'ai senti ainsi, derrière les cameramen : une femme qui sait dire niet, presque en direct. Cela méritait ce témoignage apparemment en direct de vos camarades jeunes et moins jeunes. Enfin soyons honnête, les vieux étaient plus rares. Ils ne sont pas trop pressés de partir. Qui est fou !

Je les entends d’ici :

Nous pas bougé !

Pour dire vrai, ce soir, il s'est passé un petit moment de grâce, de vérité, qui a percé de part en part la RPGtv devenue deux minutes, non pas une télévision natnionale, quelle horreur, mais une télévision tout simplement. Et Dieu seul sait comment.

D'ici-là, en attendant le vote des bêtes sauvages (Amadou Kourouma, Prix Renaudot),

Wa Salam.

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