Les fausses notes de la réunion

La première fausse note est relative au surnombre des invités. De trois, la présidence a convié dix invités, enfin vingt trois. La deuxième fausse note est l\'improvisation. Une douzaine de personnes ont participé à la rencontre sans aucune invitation officielle au préalable. Or, une institution aussi respectable que la présidence devrait ordonner les choses. Autres fausses notes, sur les 23 conviés seuls onze leaders ont pu s\'exprimer. Les autres invités sont rentrés à la maison sans avoir pu apporter leur grain de sel. Un autre hic est l\'absence d\'un discours liminaire écrit, le tout chapeauté par un ordre du jour précis. Dès l\'entame de la rencontre, le président Condé a pris la parole pour parler de tout et de rien, avant de donner le micro à certains intervenants.

Or, pour éviter des dérapages verbaux, maints observateurs pensent que le président aurait dû préparer un petit discours pour la circonstance. Il y a également la liste sélective des invités. Lansana Kouyaté (PEDN), Mouctar Diallo (NFD), Aboubacar Sylla (UFC), Papa Koly Kourouma (RDR), Bah Ousmane (UPR), Fodé Mohamed Soumah (GeCi), Jean Marc Telliano (RDIG) ont été omis. Une autre rencontre est-elle attendue ? Nul ne le sait pour l\'instant. Pour maints observateurs, l\'exclusion de Lansana Kouyaté et de Mouctar Diallo a des raisons. En vérité, le Président Condé veut diminuer les flèches des adversaires à son égard. Ce n\'est pas de gaieté de cœur qu\'il a accepté cette concertation. Acculé de toutes parts, pressé par la communauté internationale, bloqué dans ses initiatives, le Président a attendu un an d\'exercice du pouvoir pour appeler la classe politique au dialogue. Malgré tout ce que lui et ses inconditionnels clamaient urbi et orbi, le blocage politique dans lequel nous vivons actuellement lui était préjudiciable. Quoiqu\'on dise, c\'est cet état de fait qui l\'a poussé à opter pour un virage à 180 degré.

Grand déballage

« J\'ignorais l\'ampleur des dossiers qui m\'attendaient »

Dans un autre volet, le président Condé a expliqué les multiples problèmes auxquels il est confronté dans la gestion des affaires. Il a cité ses relations difficiles avec Bretton Woods au sujet des 700 millions. Il a dit qu\'il ne souhaite à chacun des invités d\'être à sa place maintenant, tout en ajoutant qu\'il ignorait l\'ampleur des dossiers qui l\'attendaient. Il a aussi regretté le manque de communication : « Même si tu inities une bonne chose, l\'action est mal interprétée dans l\'opinion », aurait-il lâché. Dans la foulée, il a parlé du bas niveau de la presse : « A la RTG , nous avons les mêmes problèmes. Pour un voyage, nous sommes obligés de partir avec le reporter, le cameraman et le monteur. Or, en Europe, un seul journaliste peut te faire tout ça », aurait-il précisé. Dans la même lancée, il a abordé la réforme de l\'armée, la mise à la retraite de quelques 4 200 militaires, la modernisation de l\'Administration, qui se soldera par le recensement biométrique des fonctionnaires, ainsi que les moyens d\'accompagnement envisagés. Sur ce dernier sujet, il a dit que Cellou Dalein et Sidya Touré connaissent la complexité de ce dossier pour l\'avoir géré. Dans le même ordre d\'idées, il s\'est aussi attaqué aux préalables de l\'opposition.

Concernant la libération des détenus politiques, il a rappelé l\'indépendance de la justice, tout en promettant d\'user de son droit de grâce au terme du procès. Quant à la manifestation du 27 Septembre, le président Condé a dit que l\'opposition n\'a pas besoin d\'autorisation. Au contraire, elle ne fait qu\'adresser des lettres d\'information aux autorités. Par rapport à la CENI, il a annoncé le retour de la SAGEM , qui va établir les insuffisances du fichier électoral : « Je suis le père de la nation. Je vous demande de faciliter le dialogue, en acceptant le cadre de concertation avec le gouvernement. S\'il y a accord, tant mieux. A défaut, j\'interviendrai en tant qu\'arbitre », aurait-il martelé. Et de rajouter : « La CENI et le ministère de l\'administration ne peuvent pas fixer la date des législatives sans la consultation des partis politiques » aurait-il rappelé. Au terme de son discours, il nous a remercié chacun d\'entre nous, tout en précisant qu\'il n\'ouvre pas un débat. Il a enfin soutenu que sa porte est ouverte à tout le monde : « Si j\'ai envie de vous voir, je vous appellerai. Si vous voulez me voir, ma porte est ouverte », aurait-il promis.

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