Page noire : Dernier hommage au procureur du tribunal de Dixinn
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- Catégorie : Actualités
- Mis à jour le vendredi 16 mars 2012 22:25
- Publié le vendredi 16 mars 2012 22:25
- Écrit par Daiwo Labboyah
Le 16 mars, l’émotion était grande au ministère de la Justice. La Salle d’audience de la Cour d’appel de Conakry fermée toute la semaine, (comme les autres juridictions de la capitale et environs) a été prise d’assaut par une foule composée de la famille judiciaire (avocats, huissiers de justice, magistrats, officiers de police judiciaire), biologique, parents et amis du défunt Mohamed Saïd Haïdara. Les visages trempés de larmes, les uns et les autres se sont recueillis et ont rendu un dernier hommage à celui qui était jusque-là Procureur de la République près le Tribunal de première instance de Dixinn, décédé d’une courte maladie le 13 mars, à la clinique Ambroise Paré. Des prières comme celle de la communauté comorienne en Guinée, des discours et des témoignages pathétiques ont ponctué la cérémonie.
Christian Sow, ministre de la Justice, a appris « la triste nouvelle comme un coup de fouet » à Dakar où il poursuivait son traitement, suite à l’accident de circulation qu’il a subi. C’est lui qui aurait proposé au président de la République de nommer Mohamed Saïd Haïdara comme Procureur de la République près le TPI de Dixinn. Et pour cause, les communes de Ratoma et Dixinn qui sont du ressort juridictionnel du tribunal de Dixinn, donc du défunt, sont ainsi définies par le ministre :
« Une zone terrible, une zone turbulente. Et je savais que le président de la République habitait dans cette zone. Il me fallait un homme de confiance, sûr et loyal. Lors des événements au domicile du président de la République, heureusement, j’avais ce procureur de la République. Le 19 juillet, nous avons fait le tour de Conakry, des camps militaires, il était à mes côtés avec l’Avocat général. Il a fait un travail remarquable qui passera bientôt aux assises de Conakry. Zaïre (nom affectueux du défunt) a été la cheville ouvrière du Dossier du 19 juillet concernant la maison du président de la République ».
Mangadouba Sow, président de la Section correctionnelle du TPI de Dixinn a, dans sa lecture de l’oraison funèbre dit :
« Je partage l’inconsolable chagrin, car si des circonstances accidentelles me valent le douloureux devoir de prendre ici la parole au nom du corps judiciaire dont il fut l’un des membres éminents, je ne saurai oublier que je fus et reste ton ami ».
Inspecteur général des services judiciaires, puis Secrétaire général du ministère de la Justice et procureur de la République près les tribunaux de première instance de Mamou et Dixinn, sont entre autres postes occupés par Mohamed Saïd Haïdara. Celui-ci a eu une carrière prestigieuse que Yaya Kaïraba Kaba, président de la Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Conakry résume en ces termes :
« Tu es, tel dans l’Armée, le seul magistrat ayant obtenu le grade de général aux quatre étoiles pour avoir été successivement Avocat général, Procureur général, Inspecteur général et Secrétaire général ».
Saïdouba Kissing Camara, président de la Chambre des huissiers de justice de Guinée a, au nom de ses pairs, présenté ses condoléances, avant de constater :
« El Hadj Mohamed Saïd Haïdara nous quitte à un moment où son pays a besoin de lui. Il était l’un des collaborateurs directs des huissiers auxquels il a apporté tout son soutien dans l’exercice de leur mission ».
À Moko Malick Diakité, Secrétaire général du Barreau de Guinée de renchérir :
« La mort vient à nouveau de frapper douloureusement le monde de la Justice. Et c’est avec ferveur que le Barreau s’associe au deuil de des enfants et des proches du regretté disparu. El Hadj Mohamed Saïd Haïdara a contribué efficacement à la préparation et à l’organisation des Etats généraux de la Justice. Il est parti après avoir beaucoup travaillé le lundi 12 mars, mais également très préoccupé de la santé de sa mère malade ».
Général Siba Lohalamou, ancien ministre de la Justice sous la transition militaire, a témoigné que le défunt « était un grand magistrat, qui a mis la barre à un niveau qui engage le corps de la magistrature de mon pays à faire davantage mieux ».
Moustapha Haïdara, fils du défunt, a, au nom de la famille, remercié les uns et les autres pour la marque de sympathie. Il a promis de suivre les pas de celui qui a été pour lui un bon père de famille. Sa sœur Fatim Haïdara de renchérir en sanglots :
« Depuis que je suis née, je ne connais que la justice. Si mon papa vous a une fois fait du mal, pardonnez-lui, s’il vous plaît ».
Mohamed Saïd Haïdara est né le 14 décembre 1954 à Conakry, a été inhumé après la Prière du Vendredi au cimetière de Cameroun. Il laisse derrière lui une veuve, quatre enfants et sa
