TPI de Dixinn : les leaders de l'Opposition cités absents à la barre
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- Catégorie : Actualités
- Mis à jour le samedi 21 avril 2012 16:00
- Publié le samedi 21 avril 2012 15:48
- Écrit par Asmaou Barry
Les leaders de l’Opposition réunis au sein du Collectif et de l’ADP, notamment Lansana Kouyaté du PDDN, Sidya Touré de l’UFR, Faya Millimono de la NGR et Moutar Diallo des NFD, n’ont pas comparu au tribunal de première Instance de Dixinn, le mercredi 18 avril comme prévu. Ils sont cités dans l’affaire de l’attaque du siège du RPG-Arc-en-ciel à Hamdallaye dans la journée du samedi 17 mars, alors qu’ils revenaient du Stade de Bonfi à l’occasion du meeting, empêché et dispersé à coût de gaz lacrymogènes. Les responsables du RPG, accusent les opposants d’avoir incité leurs militants et sympathisants à les attaquer. Des images de personnes blessées et de voitures endommagées ont été diffusées par la télévision nationale. Selon Saloun Cissé, Secrétaire général du RPG, les leaders auraient lancé des slogans hostiles au Président de la République comme “ Alpha zéro, Alpha menteur ! ”.
A défaut des grosses légumes, ce sont quatre prévenus des Partis cités, Mamadou Diallo, Mamadou Bhoye Bah, Elhadj Sinkoun Sakho et Thierno Sadou Diallo, qui ont comparu sans leurs avocats. Accusés de « coups et blessures volontaires, destruction d’édifices, de biens privés et outrage envers les dépositaires de l’ordre public ».
A l’ouverture de l’audience, la juge M’Ma Soumah demande aux prévenus s’ils souhaitent être jugés en l’absence de leurs avocats. « Oui », répondent individuellement ceux-ci ! Leur avocat, absent, a adressé une lettre au tribunal, sollicitant un renvoi et une liberté provisoire pour ses clients.
« La liberté provisoire ne constitue pas un danger pour le tribunal. Elle est importante pour les prévenus qui sont privés de liberté », argumente un avocat de la défense qui évoque l’article 390 du code de procédure pénale. Les nombreux avocats de la partie civile ont opposé un refus catégorique. L’un d’eux, estime que le moment n’est pas opportun. D’autant plus, argue-t-il, que le dossier est déjà en état d’être jugé.
« Le procès peut bel et bien avoir lieu sans leurs avocats, car nous ne représentons pas une partie, mais nous assistons », lance un avocat.
Le réquisitoire du nouveau procureur, Aboubacar Sylla, était lui favorable à la liberté provisoire. Il dit avoir fait des enquêtes sur les prévenu, il s’est rendu compte que Mamadou Bhoye Bah mécanicien de profession, qui a son garage juste à côté du siège du RPG est un militant du RPG arc-en-ciel.
« C’est un allié qui répare le groupe du siège lorsqu’il tombe en panne », a expliqué le procureur. Et d’ajouter : « le nommé Sinkoun Sakho est le fils de la représentante du RPG arc-en-ciel à Labé ».
Me Mory Doumbouya avocat de la partie civile ne l’entend pas de cette oreille. Il pense que le procureur est complètement sorti du cadre de la loi au profit de simples considérations d’alliance. Mais le procureur ne démord pas. Il fait état d’un rapport de la PJ qui a publié une liste de 29 victimes dont 3 femmes. Parmi elles, des victimes d’agressions physiques et des propriétaires de voitures endommagées. Certaines qui se trouvaient dans la salle, se sont relayées à la barre pour expliquer ce qu’elles ont subi le 17 mars au siège de leur parti.
« Jets de pierre, bastonnades, blessures et traumatismes » témoignent elles. Curieusement, la plupart ne portaient pas de traces visibles de blessures.
Désormais, il faudrait peut-être exiger de la Justice qu’elle roule à la même vitesse que la cicatrisation...
Après la pause, la juge a finalement décidé le renvoi à quinzaine et une liberté provisoire aux prévenus qui avaient tous plaidé non coupables lors de la première audience.
Asmaou Barry
