Interview exclusive de Cellou Baldé, premier secrétaire du Bureau fédéral de l’UFDG à Labé
- Détails
- Catégorie : Actualités
- Mis à jour le samedi 2 juin 2012 14:13
- Publié le samedi 2 juin 2012 14:09
- Écrit par ASB
« Labé, c’est une ville d’opposition par essence. Depuis 2007 la jeunesse de Labé en particulier, accompagne l’opposition dans toutes les revendications légitimes » a dit M Cellou Baldé du bureau fédéral de l’UFDG de Labé. Nous l’avons rencontré pour parler du bureau fédéral du parti et de la situation politique actuelle.
Nrgui: Parlez-nous un peu du bureau fédéral de L’UFDG de Labé
Mamadou Cellou Baldé : Je suis le premier secrétaire général des affaires électorales de la fédération de Labé et président du comité de soutien d’El Hadj Cellou Dalein Diallo. Comme tous les bureaux fédéraux de l’UFDG, le bureau de Labé compte quatre organismes. Nous avons le bureau fédéral, tronc commun composé de personnes ressources, des sages, des femmes et des jeunes, nous avons le comité fédéral des femmes, le comité des jeunes et à côté le conseil des sages. Il y a un cinquième pilier qu’on appelle le joli grand boubou du bureau fédéral, c’est le comité de soutien qui a existé depuis les premières heures de l’UFDG, il a été créé en septembre 2007 et depuis, je préside à sa destinée. Il vient renforcer le bureau fédéral dans ses activités au quotidien. Je rappelle que le comité n’est pas un organe statutaire du bureau fédéral, mais vraiment un instrument efficace au service du parti à Labé ici.
Tout récemment il y a eu des problèmes qui ont secoué le bureau de Labé…
Vous savez, dans tout regroupement à caractère social, économique ou politique, une fois qu’il y a trois ou quatre personnes ou plus, souvent il y a des divergences. Les gens n’ont pas toujours les mêmes points de vue. Aujourd’hui, l’UFDG est devenue une grande formation politique voire le chef de file de l’Opposition guinéenne. Chacun voudrait être aux commandes des grandes instances du Parti. Ce qui fait qu’au niveau de la jeunesse, des gens ont estimé, étant donné que Labé est le fief de l’UFDG, c’est la ville natale d’El Hadj Cellou Dalein, (donc ?) qu’on tienne des assemblées générales et la réunion du bureau fédéral les vendredis et samedis. Ils ont estimé qu’il fallait que le bureau fédéral des jeunes soit réorganisé, que cette structure puisse tenir une réunion de façon hebdomadaire, pour échanger sur des questions de jeunes, élaborer des plans d’action et mettre en œuvre des activités pour dynamiser la vie du Parti. C’est sur cela qu’il y a des malentendus dans l’approche. Mais ce qui se passait au niveau des médias, la fédération de Labé notamment la fédération des jeunes, n’a à aucun moment décidé de porter les débats au niveau des radios. Nous ne savons pas par quel miracle des journalistes se sont saisis de cette information pour la divulguer dans les médias.
Comment avez-vous fait pour résoudre ces problèmes ? Avez-vous fait appel au bureau national ?
Pas du tout ! Vous savez, actuellement avec les nouvelles technologies de l’information et de la communication s’il y a quelque chose, tout le monde est informé au même moment et la radio ESPACE FM est une radio très écoutée. C’est comme ça que les gens ont appris la nouvelle. Nous, on était dans la logique, on était dans le débat. Parce que le débat démocratique au sein de la fédération de l’UFDG de Labé, nous avions déjà appelé un cadre de concertation pour échanger et que chacun donne son point de vue sur la situation. Ce que nous avons fait. Nous nous sommes retrouvés auprès du secrétaire général et du collège des sages, nous avons échangé, chacun s’est exprimé et finalement nous avons trouvé une solution.
Le Président de l’UFDG était dans vos locaux tout récemment, il a tenu un meeting. Quels sont vos sentiments ?
Ce sont des sentiments de joie, de satisfaction. Je me rappelle vers les années 2008-2009, lorsqu’il y avait des activités du Parti au niveau national à Conakry ou dans les autres préfectures, les gens disaient que c’est Labé qui les préoccupe. Maintenant, je crois qu’en plus du score que nous avons eu pendant les élections présidentielles, les réceptions que nous avions organisées lors des deux tours, ce meeting du 19 mai vient réaffirmer et concrétiser que l’UFDG et son leader se portent très bien à Labé. D’ailleurs ce meeting que vous venez de voir, n’est pas organisé à l’occasion de sa venue, il a coïncidé avec la tournée que le bureau fédéral de Labé a entamée dans les douze sous-préfectures. Et au niveau de la commune urbaine, nous avions déjà fait les sections de Labé 2, 4 et ce jour la section de Labé 3. Puisque le président est dans la cité, nous avons estimés qu’il était opportun qu’il préside cette étape. Il nous reste encore l’étape de Labé.
L’opposition appelle à manifester dans les prochains jours. Comment Labé entend suivre cela ?
Comme d’habitude ! Vous savez que Labé, c’est une ville d’opposition par essence. Depuis 2007 la jeunesse de Labé en particulier, accompagne l’Opposition dans toutes les revendications légitimes, pour améliorer les conditions de vie des populations et notamment des jeunes, pour renforcer la gouvernance et faire en sorte que la démocratie soit ancrée, parce que nous savons que réellement c’est le gage certain d’un développement durable et c’est ce qui peut permettre l’épanouissement de la jeunesse. Nous sommes en train de nous préparer. Moi en tant que inspecteur régional de la jeunesse, je suis en contact avec les jeunes de la région. Je viens d’échanger avec les jeunes de Pita, de Timbi Madina et autres. Dans les prochains jours, nous avons décidé de faire un tour jusqu’à Mamou, pour qu’il y ait une synergie d’actions et nous avons décidé d’accompagner les cinq communes de Conakry pour répondre à l’appel du Collectif et de l’ADP et manifester pour que les revendications de l’Opposition soient prises en compte.
Généralement les autorités interdisent les manifestations. Qu’en est-il à Labé ?
L’avantage à Labé, c’est que jusqu’à présent nous avons été légalistes. Nous faisons ce que la loi prévoit, parce que nous savons les dispositions de la loi, nous connaissons ce que la constitution prévoit. La constitution consacre le droit de manifester aux citoyens et aux militants des Partis politiques de l’Opposition. Une fois que la constitution qui est au-dessus de tout autorise les manifs, il n’est plus question de demander à une autre autorité d’autoriser quoi que ce soit. A chaque fois nous faisons une lettre d’information pour dire que dans 72 heures nous allons réaliser une telle activité à tel endroit, de telle heure à telle heure et signaler quels sont les responsables de l’activité qui va être menée. Jusqu’à maintenant, il n’y a pas eu de problème à ce niveau entre nous et les autorités de la ville. Il faut reconnaître aussi qu’à l’UFDG de Labé, il y a vraiment un parterre de cadres, tout se fait dans les règles de l’art. Bien sûr, je ne dis pas que nous sommes parfaits plus que les autres, en tout cas jusqu’ à maintenant nous avons réussi à réaliser des activités en accord avec les autorités. Même quand elles ne veulent pas, elles n’ont pas eu d’autres arguments à nous présenter pour empêcher nos manifestations.
Les opérateurs de saisie étaient tout récemment sur le terrain pour le recensement. Un communiqué de la présidence suspend leur activité. Qu’en est-il exactement à Labé ?
Il faut le dire, ils n’avaient pas arrêté leurs activités de recensement. Tout le monde sait à quel jeu le pouvoir d’Alpha et la CENI sont en train de jouer. En haut, ils disent au niveau de la presse d’arrêter les activités de la CENI, alors qu’en bas ils se donnent des consignes pour continuer. Je vous donne un exemple : pendant qu’ils disaient que le recensement est arrêté par un communiqué de la Présidence de la république, nous avons constaté que dans certaines CARLE comme celle du quartier Paraya (Labé), ils étaient en train de continuer tranquillement leur recensement. Donc sur le terrain, le recensement n’a pas été complètement gelé. Sans surprise si nous apprenons que la CENI veut relancer les activités de recensement, le message que nous avons lancé à nos militants reste et demeure : s’abstenir de participer à toute opération de recensement, parce que ce recensement est illégal et unilatéral et nous leur demandons de s’abstenir pour ne pas cautionner une mascarade électorale qui, à terme, va finir avec des violences post-électorales.
Un message peut-être pour les jeunes…
Le message que j’ai à lancer, est que la jeunesse de l’UFDG en particulier, et du Collectif et de l’ADP et tous les jeunes Guinéens épris de justice, de droit, de liberté et de paix, doivent participer à la consolidation des acquis démocratiques dans ce pays, refuser de participer aux débats démagogiques.
Propos recueillis par ASB
