Corruption au CFP de Boké
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- Catégorie : Actualités
- Mis à jour le lundi 2 juillet 2012 17:14
- Publié le lundi 2 juillet 2012 17:14
- Écrit par Alpha Oumar DIALLO
Un professeur menacé pour avoir dénoncé la mauvaise gestion de sa hiérarchie
Dans un entretien qu'il nous a accordé, Mamadou Billo Barry, professeur au Centre de Formation Professionnelle de Boké, se dit actuellement harcelé par Abdoul Karim Condé, Directeur général de dudit centre, pour avoir attiré l'attention du ministre concerné de la corruption qui sévit dans son établissement.
Dans la lettre ouverte qu'il a adressée au ministre de l'enseignement professionnel, M. Barry a dénoncé des installations frauduleuses des étudiants moyennant paiement de 800.000 à 12000 francs guinéens par étudiant :
"Cette pratique développe le clientélisme à l'école et entrave le concours d'entrée au CFP de Boké."
A l'entendre, depuis, il est le seul professeur auquel "il [Ndlr: le directeur] refuse d'officialiser les cas, parce que tout simplement il me hait." "Aujourd'hui, ajoute Mamadou Billo Barry, les cours ne se donnent pas normalement au CFP-Boké, à cause de la pléthore dans les classes à titre d'exemple: 302 étudiants inscrits en première année CAP opérateur minier contre 65 étudiants admis au concours organisé par le ministère"
Il y aurait plus grave :
"En ce qui concerne la filière BTS, le niveau d'admission requis est le baccalauréat unique, les 80% des 300 étudiants inscrits sont d’un niveau situé entre le BEPC et la terminale, cela joue négativement sur la qualité de la formation tout en sachant que la pléthore n'amène pas la qualité. La répartition des taches pédagogiques se fait par affinité défiant tout critère objectif".
Pour avoir dénoncé "la corruption et le clientélisme" il se dit harcelé:
« Quand à moi, je suis menacé sur tous les fronts, on m’empêche de donner les cours. Je suis parfois mis en prison, ils tiennent des réunions uniquement pour me nuire, je suis même menacé de mutation arbitraire au titre de l'année scolaire 2012-2013".
Par ailleurs, les inscriptions frauduleuses ont commencé depuis les dernières vacances jusqu'au mois de juin. Cette pratique malsaine fait que les enseignants attendent la fin des évaluations pour avoir la liste officielle. Autres conséquences de cette corruption généralisée, les ateliers sont transformés en salles de classe, ce qui du coup empêche la tenue des travaux pratiques qui constituent 80% des activités pédagogiques. D'après nos informateurs de Kamsar et de Sangarédi, trois responsables seraient les initiateurs de ce recrutement frauduleux: le directeur Abdoul Karim Condé, le directeur des études Boubacar Sidibé et le chef du service administratif et financier Lansana Camara. Les agissements des ces trois responsables risquent d'affecter la formation de qualité de l'école avec qui les compagnies minières comme la CBG, GAC ont investi des fonds pour l'amélioration des conditions d'études des futurs ouvriers, qui sont appelés à la construction et à l'exploitation des usines de raffinerie d'alumine.
Alpha Oumar DIALLO
