Aide au développement: "les bases d’une nouvelle coopération..."
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- Catégorie : Actualités
- Mis à jour le jeudi 5 juin 2014 10:50
- Publié le jeudi 5 juin 2014 10:50
- Écrit par Thierno Souleymane
« La nouvelle loi des finances publiques contient des dispositions dont la mise en œuvre nécessite de nouvelles façons de faire ». Ces propos sont ceux du représentant de l’Union Européenne en Guinée. Philippe Van Damme les a tenus ce mercredi, lors de la signature « du cadre général d’organisation des appuis budgétaires et de l’assistance technique dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP) et du plan de réforme des fiances publiques (PREFIP). C’était entre le ministère de l’économie se des finances et le chef de Délégation de l’Union Européenne, par ailleurs chef de files des partenaires engagés dans cette procédure, au nombre desquels la Banque Africaine de Développement (BAD), le fonds africain de développement (FAD), l’Union Européenne (UE), la Banque Mondiale (BM) et le Fonds Monétaire International (FMI).
Dans son discours, Philippe Van Damme indique que « cette signature marque la confiance renouvelée des partenaires dans la volonté des autorités à poursuivre les reformes essentielles pour le bien-être des populations », précisant que l’objectif global de ce cadre est de contribuer à l’atteinte des objectifs de réduction de la pauvreté. Ainsi, ajoute-t-il, « il vise à renforcer le dialogue structurel sur les reformes et à réduire les coûts de transaction pour le remboursement de l’assistance au gouvernement ».
Réaffirmant que « les partenaires sont prêts à assumer leur part de responsabilité», il explique « que ce cadre définit les principes, les engagements mutuels et les modalités de formulation et de remboursement de l’aide budgétaire et de mobilisation de l’assistance technique dans le cadre de la mise en œuvre du document de stratégie de réduction de la pauvreté ». Et d’ajouter qu’il « identifie les engagements mutuels du gouvernement guinéen et ses partenaires dans un esprit de redevabilité mutuelle ».
« L’ambition, poursuit le diplomate européen, est la mise en place d’un dispositif flexible qui permet de prendre en compte les contributions des partenaires actuellement actifs en Guinée en matière d’aide et d’encourager l’adhésion des futurs partenaires souhaitant s’engager dans le processus. C’est dans ce cadre que les partenaires ayant souscrit à la déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide, peuvent ainsi être admis en qualité d’observateurs. » et de préciser que c’est à ce tire que le PNUD et le l’USAID participent déjà aux réunions.
A l’occasion, Philippe Van Damme rappelle que « d’importantes réformes ont été engagées par le gouvernement en matière d’amélioration de la gestion des finances publiques. Avec comme résultats à la clé, l’atteinte au point d’achèvement du PPTE et l’allégement subséquente de la dette extérieure, grâce à l’assainissement budgétaire et le retour de l’équilibre macro-économique, indique-t-il. Et de préciser que le tout, s’est déroulé dans le cadre d’une réforme qu’il juge non seulement « ingrate et difficile », mais aussi « courageuse et indispensable ». D’abord, « pour les populations qui ont besoin de stabilité des prix pour préserver leur pouvoir d’achat ». Ensuite « pour les investisseurs qui ont besoin d’un environnement économique stabilisé pour retrouver confiance, investir et créer des emplois. »
« D’autres réformes structurelles qui doivent suivre » comme l’adoption de la loi organique relative aux lois des finances (LORF), et la préparation d’un nouveau plan stratégique de réforme des finances publiques, ont également été entamées, car «cet assainissement macro-économique qui était nécessaire, ne permet pas à lui seul une reprise durable de l’économie ».
En dépit de ces efforts, informe M. Van Damme, « d’autres réformes peinent à aboutir ». Et pour éviter que des blocages surgissent après, il conseille de « mettre en œuvre sans délai, le nouveau code des marchés publics et d'en finir avec les marchés d gré à gré ». Il suggère également de « soumettre à l’assemblée nationale le projet de loi portant révision du code d’investissement, d'établir la cour des comptes, de mettre en œuvre la nouvelle loi organique relative aux lois de finances ».
Toujours au titre des recommandations, l’orateur a ajouté « l’adoption de la nouvelle nomenclature budgétaire et le plan comptable » sans oublier « la production des comptes de l’Etat pour les années 2011-2013 ».
Pour le ministre des finances, Mohamed Diarré, ce cadre qui s’inscrit dans la suite de la conférence de Paris et celle des investisseurs privés de la Guinée, en novembre 2013, « jette les bases d’une nouvelle coopération entre la Guinée et ses partenaires ». Et de le justifier par le fait que « l’approche classique avec une multiplicité de procédures des bailleurs avec un faible contrôle des pays avait largement montré ses limites. »
L’autre innovation de cette nouvelle démarche, toujours selon l’argentier du gouvernement, c’est que « l’appui budgétaire consiste au versement des fonds dans le budget de l’Etat par les donateurs, laissant l’initiative au bénéficiaire de décider des priorités et des programmes à financer. Néanmoins, précise-t-il, les décaissements sont soumis à des critères à remplir pour pouvoir bénéficier de ces fonds.
Thierno Souleymane
guineeinter
Relu par nrgui.com
