Sékou Batouta Camara : survivra-t-il aux vagues de la plage de Rogbane ?

 

Sékou Batouta Camara : survivra-t-il aux vagues de la plage de Rogbane ? 

Après le drame de la plage de Rogbane ayant endeuillé bien des familles avec la mort par bousculade d'une trentaine de jeunes, on s'attendait à la chute du chef de la Délégation spéciale de Ratoma, Sékou Batouta Camara. Mais l'homme, visiblement non inquiété est toujours à son poste. Inamovible, indéracinable ! Pendant que des familles pleurent encore du fait de son incurie : il avait publiquement nié être au courant de l'ouverture des plages, alors que lui-même il s'y était rendu, accompagné de certains ministres, pour une propagande du gouvernement. Une question taraude encire  plus d'un Guinéen : Sékou Batouta Camara survivra-t-il aux vagues de la plage de Rogbane ?

Cette question fait débat, des semaines après le drame. Les uns estiment qu'elle ne mérite plus d'être posée d'autant plus que les morts sont morts et le Justice s'est attaquée au menu fretin : un chef de quartier et quelques organisateurs du spectacle macabre. D'autres voient plus loin. Ils lorgnent du côté de la communauté Baga dont serait issu le chef de la Délégation spéciale de Ratoma. Cette communauté est en effet frustrée par le sort qu'on a voulu réserver à un de ses fils qu'est le général Mathurin Bangoura, alors accusé de tous les stratagèmes visant entre autres à renverser le pouvoir de Conakry. Très vite, la communauté baga s'est insurgée contre cet état de fait. Les choses couvent mais, on fait comme si on y a passé l'éponge. Cette communauté dont Alpha Condé vante aujourd'hui la richesse culturelle est donc aux aguets. Elle est prête, tout comme les autres coordinations régionales, à protéger ses fils inquiétés. Le maintien de Batouta s'explique en grande partie par l'audience dont jouit sa communauté auprès de certains hauts commis de l'Etat tapis dans l'ombre.

Et pourtant, il devrait sauter, ainsi que Soriba Sorel, Madifing Diané, Ibrahima Baldé, Alhassane Condé, etc. , pour incurie et complaisance de mauvais aloi. C'est conscient de tout cela que Mohamed Lamine Kaba de FIDEL, estime que toutes les coordinations doivent « disparaitre du paysage sociopolitique de la Guinée. Leur dissolution serait un grand service rendu à l'unité nationale. Elles sont devenues des forteresses et des sources d'inspirations politiques des esprits médiocres. Je constate avec amertume que lorsqu'un fils d'une région est inquiété par la justice, c'est sa communauté qui réagit et le pouvoir cède. C'est le cas de Mathurin Bangoura, de Cheik Ahmed Camara, de Claude Pivi. Nous avons l'absurde impression que les coordinations sont plus puissantes que l'Etat. Parce que nous avons un président trop électoraliste. Finalement, il n'a plus d'autorité. »

Oui, il n y a plus d'autorité. C'est cela. Et ça saute aux yeux. Il suffit de se rappeler le limogeage d'un cadre de la Sotelgui par décret, puis le retour de celui-ci par un autre décret, le tout sous la pression de la coordination manding. La même pression a prévalu pour que Alpha Condé maintienne des cadres ressortissants de la Haute Guinée comme Madi Kaba Camara et Cie, arguant que le ''berceau du RPG ne saurait être sevré de promotion ou de partage du pouvoir''. Les faits sont là ! Et Dalein en sait quelque chose avec son rapprochement avec le paria Bah Oury. Sékou Batouta sait tout aussi ce qui le maintient à son poste. Mais jusqu'à quand ?

Jeanne FOFANA, Kabanews

source : Afrique 2050

NB : relu par www.nouvellerepubliquedeguinee.net

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir