Récusation : le procès instruit par un Conseiller de la Cour Constitutionnelle, Maître Mounir Mohamed, contre son Préside. (Par Mamadou Billo SY SAVANÉ- France.)
- Détails
- Catégorie : Politique
- Mis à jour le samedi 24 mars 2018 14:38
- Publié le samedi 24 mars 2018 14:31
- Écrit par Mamadou Billo Sy Savané
- Affichages : 165
Article 101 « …. La durée du mandat des membres de la Cour constitutionnelle est de neuf ans non renouvelable, sous réserve de l'alinéa 3 du présent article. Le président de la Cour constitutionnelle est élu par ses pairs pour une durée de neuf ans non renouvelable. Les membres de la Cour constitutionnelle sont renouvelés par tiers tous les trois ans sur tirage au sort. »
La Constitution est claire et catégorique : la durée du mandat du président de la Cour Constitutionnelle est de neuf ans, non renouvelable.
Le renouvellement par tirage au sort, du tiers des membres de la Cour Constitutionnelle, est fait par son Président, M. Kèlèfa SALL, conformément aux instructions des Textes Fondamentaux qui tiennent lieu de constitution. Depuis, des voix surtout celles de quelques conseillers, s’élèvent contre le Président de la Cour Constitutionnelle sur un mode politique partisan et haineux.
Ce qu’il faut bien appeler un COMBAT POLITIQUE contre M. Kèkèfa SALL, est organisé en trois étapes.
Première étape : le 05 Mars, comme l’y oblige la Constitution dans son article 101, reproduit ici en introduction, le président SALL procède au renouvellement du tiers des membres de son institution. Certains conseillers, pour d’obscures raisons, invoquent des arguties spécieuses plutôt inattendues dans la bouche de Juristes constitutionnels, pour demander le report du renouvellement, pourtant clairement et expressément formulé dans les Textes Fondamentaux. En VRAI juriste rigoureux, M. Kèlèfa SALL s’en tient au texte constitutionnel, et seulement au Texte Constitutionnel. Les Conseillers-Conjurés lui opposent un prétendu « manque de concertation » ici, là son refus de repousser à une date indéfinie, ce qu’il doit faire maintenant, pour rester dans la LÉGALITÉ.
Devant ce double refus justifié, quelques Conseillers, vraisemblablement en Mission Commandée, et en parfaits CONJURÉS, s’attèlent à rendre sinon impossible, tout au moins compliqué, le renouvellement que le président de la Cour réussira dans la plus parfaite légalité constitutionnelle. Et par une action concertée, les Conseillers-Conjurés ont désertent la salle où se déroulaient les opérations de renouvellement. Ils créent ainsi artificiellement et à dessein, une situation dont ils tireront argument pour prétendre « INVALIDER » le renouvellement du tiers des membres de la Cour, et « DESTITUER » le Président Kèlèfa SALL de sa fonction. Or, tous les juristes sérieux comprennent bien que nos Conseillers-Conjurés en agissant comme ils l’ont fait, cherchaient à se prévaloir de turpitude qu’ils ont eux-mêmes créée.
Deuxième étape de la CONJURATION : persuadés qu’ils ont réussi leur FORFAIT, les Conseillers-Conjurés rédigent à l’intention de leur COMMANDITAIRE, M. Alpha CONDÉ, un PV pour lui signifier que la Mission a été exécutée conformément aux instructions reçues, puisqu’ils se croyaient fondé à « destituer » le président de la Cour, et à invalider le renouvellement du Tiers de ses membres.
La troisième, et dernière étape plus « savoureuse », parce que juridiquement discutable, est conduite par celui qui semble être le Conseiller-Conjuré en chef, un certain Maître Mounir Houssein Mohamed.
Maître Mounir sait écrire en Français compréhensible. Sa démarche est certes habile, d’un point de vue polémique politique. Malheureusement pour lui, dans le long procès qu’il instruit contre le président de la Cour Constitutionnelle, Kèlèfa SALL, on cherche en vain le moindre argument juridique défendable par de VRAIS juristes. Je ne tiens pas pour juristes vrais, ceux et celles qui cherchent plus à plaire au Puissant du moment, qu’à dire le DROIT. En lieu et place d’arguments juridiques, Maître Mounir fait ici un procès d’intention lorsqu’il écrit, « ….or c’est pour tenter de se soustraire au renouvellement par tiers des membres de la Cour, que le Président de la Cour a soutenu que le Règlement Intérieur serait nul…. ». Maître Mounir aurait dû nous livrer ici 1, 2, 3…. éléments objectifs susceptibles de conforter l’intention qu’il prête à Monsieur Kèlèfa SALL. Il s’en abstient, parce qu’il en est incapable. Il en est incapable parce que, rien, absolument rien ne lui permet de dire que le président de la Cour Constitutionnelle chercherait à se soustraire à quoi que ce soit. Au demeurant, il n’a pas à se soustraire d’une opération qui constitutionnellement, ne le vise pas.
Le Conseiller-Conjuré en chef, Maître Mounir commet, malgré son habileté rhétorique, des ERREURS de Droit qu’on n’attend pas forcément de lui. Certains compatriotes sur certains sites, s’en sont d’ailleurs étonnés. Et pour « intimider » les esprits les moins avertis, Maître Mounir, à la manière de statisticien truqueur, se lance dans des arguties arithmétiques dont on ne voit pas bien l’utilité ici. Alors, restons simples dans nos explications.
1°. La Cour Constitutionnelle est composée d’un nombre impair de Conseillers (9) pour une raison pratique : rendre possible l’obtention d’une majorité, dans les cas où lors d’un vote, les Conseillers seraient à égalité de voix. Dans cette hypothèse pas rare, c’est la voix du Président de la Cour qui sera prépondérante. Puisque, il ne prend part au vote que dans l’hypothèse qui vient d’être évoquée. En tout cas c’est comme cela que fonctionne cette institution en France. Or l’ensemble du Droit guinéen, y compris constitutionnel pour l’essentiel, est un plagiat d’ailleurs mauvais du Droit français.
Les arguments de Maître Mounir sont habiles, mais totalement mensongers.
2°. Le Président de la Cour Constitutionnelle n’est pas un simple Conseiller à la Cour, même en Guinée. C’est le seul à rester en fonction durant neuf ans. Il n’est pas soumis à la règle du renouvellement tous les trois ans par tiers, et par tirage au sort. Il n’est pas non plus tributaire des humeurs politiques ou pas, de Pierre ou de Paul. Laisser entendre que ses simples Conseillers peuvent le destituer, ou l’empêcher par des manœuvres dilatoires d’exercer sa fonction, est un mensonge politique, et une ÉNORMITÉ juridique.
Juridiquement, le président de la Cour constitutionnelle est élu pour neuf ans (art.101). Sa fonction est donc une fonction élective, non susceptible de révocation (sauf pour motifs précis qu’il n’est pas utile de développer ici). Maître Mounir utilise sans le savoir le concept de mandat révocatoire qui n’existe pas dans la Constitution guinéenne. Ni les Conseillers, ni même le président de la République ne peuvent destituer le Président de la Cour Constitutionnelle. Pour les raisons suivantes :
--- Dans la mesure du possible, il doit être mis à l’abri des pressions en tout genre. Par exemple, si tous les trois ans, il devait avoir le souci de sa réélection, son indépendance, sa sérénité dans les jugements, seraient évidemment altérés, et donc suspects. Il pourrait être tenté de rendre des jugements de complaisance pour obtenir sa réélection.
Mais le plus surprenant de la part d’un Juge constitutionnel, c’est d’invoquer un Règlement Intérieur, à la manière de Maître Mounir, comme base juridique pouvant l’emporter sur un Texte Constitutionnel. Autrement dit, un simple Règlement Intérieur aurait plus de poids juridique, plus de force juridique qu’une Règle Constitutionnelle qui reste pourtant la RÉFÉRENCE juridique Suprême dont toutes les autres LOIS tirent leur légalité. Il y a là, ce que les juristes appellent une INVERSION de la hiérarchie des NORMES juridiques. Mais les Conseillers-Conjurés comme Maître Mounir ne le savent pas. CURIEUX ! Peut-être, coincés par leur unique COMMANDITAIRE qui veut se perpétuer au pouvoir, les Conseillers-Conjurés semblent avoir perdu tout discernement. Même dans cette possible hypothèse, le désir personnel de M. Alpha CONDÉ, ne saurait se substituer à la Règle Fondamentale Commune. Conclusions provisoires :
1°. Monsieur Kèlèfa SALL est élu Président de la Cour Constitutionnelle pour une durée de neuf(9) ans. Personne ne peut le destituer avant cette échéance. Tout discours contraire, n’est que spéculation politique dépourvue de la moindre base légale conforme à la Constitution. Par ailleurs, il est dans la plus stricte légalité constitutionnelle.
2°. Le président Kèlèfa SALL a légalement procédé au renouvellement du tiers des membres de son institution. Ceux dont le mandat avait à être renouvelé, se sont eux-mêmes livrés à des manœuvres dilatoires et déloyales afin de se maintenir indûment à une fonction qu’ils n’avaient plus à occuper.
3°. L’opposition, toute l’opposition devrait désormais savoir que ces Conseillers-Conjurés sont au service de Alhadji professeur Président, et non au service du DROIT.
NB : Je ne connais pas personnellement M. Kèlèfa SALL. Je ne l’ai jamais vu, ni rencontré. Mais dans le cas présent, chacun en GUINÉE, sait qu’il est un obstacle sérieux à toute tentative de falsification de la Constitution, susceptible d’ouvrir la voie à un pouvoir à vie. Il y a quelque temps, le pouvoir avait déjà entrepris contre lui, une campagne de dénigrement. Pour l’affaiblir (moralement), certains Conseillers parmi lesquels peut-être Maître Mounir, à la demande de SEKHOUTOUREYA, le faisaient passer pour quelqu’un qui aurait « détourné » de l’argent. Ce qui était évidemment faux.
Mamadou Billo SY SAVANÉ.
Pourtant les Conseillers-Conjurés en Mission Commandée, sont supposés s’en tenir à ce que dicte la Règle Constitutionnelle.
Maître Mounir n’a pas bien lu, ou compris l’article 101 de la constitution relatif à la durée et au renouvellement de la fonction du Président de la Cour Constitutionnelle.
Alpha Condé le démoniaque flibustier
- Détails
- Catégorie : Politique
- Mis à jour le samedi 24 mars 2018 14:08
- Publié le samedi 3 mars 2018 16:26
- Écrit par Dr Baldé Abdoul Gadiri
- Affichages : 389
ULTIME COMBAT D’UN FLUBISTIER DE LA POLITIQUE POUR UN POUVOIRPERPETUEL / L’ARMEE NATIONALE FACE À SON DEVOIR PATRIOTIQUE.
Nulle part au monde, des élections préfabriquées n’ont mené à une quelconque alternance démocratique mais plutôt à une normalisation autoritaire de la société. C’est connu, tout pouvoir qui n’émane pas de la souveraineté populaire, librement exprimée par des élections libres équitables et transparentes est ILLEGITIME et ne peut engendrer que la dictature et le pillage. C’est le cas en Guinée depuis toujours.
La fraude électorale bien intégrée dans les mœurs de la Guinée est au rendez-vous de toutes ses élections. Le suffrage universel est toujours faussé, perverti et, détourné.
En bon passéiste, et excellent disciple de Machiavel, Monsieur Alpha Condé croit qu’on est toujours dans cette Guinée où on n’organise pas des élections pour les perdre. Et pour cause, en 2010, il a été coopté par Le Général félon Sékouba Konaté, en 2013 il s’est taillé une Assemblée Nationale sur mesure, en 2015 il a réussi son coup KO. Qui est fou se dit-il, pourquoi rendre ce pouvoir offert sur un plateau d’or par des fils du pays ? Objectivement M. Alpha Condé n’a aucune raison de rendre un pouvoir qu’il a toujours perdu dans les urnes mais qu’on lui a octroyé par des moyens militarisés accompagné de chèque en dollars ou en euros. Sur ce point, le Général ne peut pas me démentir.
UN POUVOIR MAFIEUX ET CRIMINEL NE PERD JAMAIS SES REPERES
La « Première élection libre et équitable de la Guinée indépendante » a elle aussi donnée naissance à un autre régime paranoïaque dirigé par un autre tyran bouffon dit « leader historique » dont les ressorts politiques ne sont en rien différents de ceux de ses prédécesseurs à savoir : conquérir le pouvoir par tous les moyens, l’exercer sans frein d’aucune sorte et par finir, le confisquer.
M. Alpha Condé n’est pas un démocrate, C’EST UN FLUBISTIER. POUR LUI LA POLITIQUE c’est de la PIRATERIE, le pouvoir en est le butin. Il ne se restitue pas, il ne se partage pas, il se CONFISQUE.
Après avoir successivement interprété une chevauchée macabre sur un tapis de cadavres, pour poser sa valise en carton à sékoutouréyah, suivie du parrain 3 dans une « démocratie sicilienne » et, du coup ko pour se constituer son trésor de guerre, M. ALPHA CONDE prépare activement le dernier acte de la tragédie guinéenne : ULTIME COMBAT POUR UN POUVOIR PERPETUEL. Ce n’est pas le film de BRADFORD MAY, mais la fuite en avant d’un fou de pouvoir qui tente vaille que vaille de s’incruster dans une Présidence à vie. Pourtant Kèlèfa Sall le Président du Conseil Constitutionnel l’avait bien mis en garde lors de son investiture après son coup ko : - « Gardez-vous de succomber à la mélodie des sirènes révisionnistes car, si le peuple de Guinée vous adonné et renouvelé sa confiance, il demeure cependant légitimement vigilant… » lui avait-il conseillé. LUCIFER Condé n’en a cure, il veut son troisième mandat quoiqu’il en coûte à la Guinée. MAIS QU’IL PRENNE GARDE CAR LES SOUSOUS DISENT A JUSTE TITRE D’AILLEURS : « Wouri na khan i Ya sökhöma, ima toma fara ». Traduit littérairement cela veut dire : « le bout de branche qui te crève la vue tu ne la vois jamais arriver ».
LE PREMIER MANDAT, POUR NEUTRALISER LA GUINEE.
Ce pouvoir, il le voulait, il l’a eu. Il y tient comme à la prunelle de ses yeux, et il est prêt à toutes les ignominies pour le conserver. Depuis sa COOPTATION en 2010, ALPHA CONDE a usé de tous les stratagèmes pour écarter de son chemin tous les gardes fous susceptibles de représenter une quelconque entrave dans la construction de son pouvoir personnel. Il s’est créé un ETAT DE PASSE-DROIT qui a fait le lit d’une VOYOUCRATIE. Il règne d’une main de fer, pour lui, le Président doit être l’unique institution détentrice des pouvoirs politique, législatif, judiciaire et médiatique. Ce premier mandat fut surtout celui du racket organisé, par la mise de sous coupe réglée de l’administration.
LE SECOND QUINQUENAT, POUR PARACHEVER SA STRATEGIE DE TERREUR
Mais, les guinéens ne sont pas des idiots, ils ont compris que le « Premier président démocratiquement élu » n’a ni la volonté, ni la vision nécessaire pour développer la Guinée. Il s’est inscrit dans les errements de ses prédécesseurs, se comportant en roitelet arrogant entouré de courtisans tous plus zélés les uns que les autres, très habiles dans l’art de lui lécher les bottes et prompts à la génuflexion. Pourtant, il croit dur comme fer que notre pays est sa propriété privée qu’il peut gérer à sa guise.
Alpha Condé n’est pas un Président, mais le PARRAIN d’un clan bunkérisé à Sékoutoureyah, un tout petit clan, s’appuyant sur une milice privée hyperamée, dépourvue de tout scrupules, régnant par la terreur, le sang, le mensonge, la prévarication. Tous à l’origine de la corruption qui a fait main basse sur toutes les richesses du pays et toutes les régies financières. Une erreur qui leur sera fatale car les temps ont changé, et la Guinée aussi.
L’ARGENT LE NERF DE LA GUERRE. C’est l’âpreté au gain et l’appétence pour le pouvoir absolu qui ont toujours motivé notre supposé guinéen.
En 7 ans M. Alpha Condé puisqu’il s’agit bien de lui, s’est constitué un trésor de guerre grâce à des circuits financiers parallèles en particulier par le pillage des ressources minières et forestières de notre pays. Sa cagnotte actuelle estimée à près de 4 milliards d’euros vient en grande partie de la SMB (SOCIETE MINIERE DE BOKE) QUI VERSE SUR SON COMPTE PERSONNEL DES ROYALTIES QUI S’ELEVENT A PRES DE 18 MILLIONS DE DOLLARS PAR MOIS. ALORS QUE CETTE MANNE FINANCIERE AURAIT DU ETRE VERSE AU TRESOR PUBLIC GUINEEN PARCQUE C’EST UNE RECETTE PUBLIQUE.
- Kassory Fofana et son petit groupe recevraient d’Alpha Condé, près de 5 millions de dollars par mois sur cette cagnotte de 18 millions de dollars.
- Ses amis de l’internationale socialiste qui occupent des fonctions importantes dans leur pays sont aussi grassement rémunérés sur cette cagnotte pour le soutenir dans son dessein inavoué de troisième mandat. Alors que les guinéens sont de plus en plus miséreux et, croupissent dans une insalubrité devenue endémique.
- Des flagorneurs sont recrutés pour tympaniser les guinéens de mensonges éhontés. Ils sont légions et rivalisent de zèle pour vendre leur produit périmé. Leur mission est d’assurer un pouvoir à vie à leur mentor, en présentant ses fautes comme des grands succès et, ses échecs comme des réussites incomprises. Tous ces thuriféraires sont convaincus que nous sommes encore dans cette Guinée où plus le mensonge est gros, plus il a des chances d’être cru.
- Le sieur Condé sait que l’histoire n’offre pas toujours d’assurance tous risques. Il prend donc les devants avec une philosophie claire et nette : en 2020 si ce n’est moi, le CHAOS. D’ailleurs, OPPOSANT, en apôtre de la violence et, de la terreur, il préconisait le recours aux armes lorsque les résultats sortis des urnes sont pervertis. En violation flagrante de la constitution dont l’article 143 stipule que : « Nul ne doit organiser des formations militaires, paramilitaires ou des milices privées, ni entretenir un groupe armé ». Mais peu lui importe. Il demande à son MOMO JO le MILICIEN PREDATEUR MALICK SANKON de recruter des milices privées.
- Des armes sont aussi achetées en catimini pour, très probablement, neutraliser l’Armée Nationale et, massacrer les guinéens. Mais en bon petit futé, il déclare avoir acheté des armes pour l’entrainement de nos militaires qui doivent retrouver leur prestige d’antan. Simple manœuvre de diversion d’un tyran fini qui veut s’incruster au pouvoir et tente de gruger notre Armée.
- Des élections communales en test grandeur nature pour le tripatouillage constitutionnel à venir. Se sentant fin prêt pour usurper un troisième mandat, M. Alpha condé tente le coup d’essai avec les élections communales. À sa grande surprise le coup échoue. Il découvre des guinéens déterminés à ne plus se laisser voler leurs suffrages comme en 2010, 2013 et 2015. L’homme est pris dans l’engrenage de ses propres turpitudes. Il est aux abois car, il sent son rêve de pouvoir perpétuel s’évanouir. Dans sa fuite en avant, il tente de pousser notre pays vers le gouffre. Il faut l’en empêcher par tous les moyens.
ULTIME COMBAT : L’ARMEE NATIONALE FACE À SON DEVOIR PATRIOTIQUE.
L’Armée Nationale a toujours été dans la ligne de mire de M. Alpha Condé. Dès son installation à Sékoutouréyah, il recrute des mercenaires BURKINABES ET ANGOLAIS POUR EN FAIRE SA GARDE PERSONNELLE.
Au départ, les observateurs ont interprété les divergences qui opposaient Alpha à l’Armée Nationale comme des désaccords classiques entre un président civil, attaché à des réformes démocratiques et une hiérarchie militaire qu’on croyait corrompue. Il n’en était rien. Le conflit latent était bien dû à une corruption mais celle de M. ALPHA CONDE qui venait de s’installer au pouvoir. En bon Machiavel, il réussit à déposséder la caste militaire de son autorité en décapitant tout l’État-major de l’armée dans un pseudo accident d’hélicoptère. Convaincu d’avoir réussi son coup, il s’est créé une milice privée.
Dans les conditions socio-politiques actuelles, je ne vois pas comment l’Armée Nationale peut rester les bras croisés. Pourquoi me dira-t-on ? Parce qu’il y va de leur propre sécurité, qui d’après les informations qui circulent est sérieusement menacée par les miliciens dont fait état Malick Sankon.
L’unité nationale doit être plus que tout, au cœur de vos préoccupations car un problème lancinant, se développe comme un cancer : c’est celui de la paix dans notre pays. L’opinion nationale et internationale reconnait que la situation est sérieuse. Il revient donc aux patriotes civils, mais surtout militaires de mettre fin par tous les moyens à ce régime satanique de misère et de haine qui perpétue la TRAGEDIE DE NOTRE PAYS, qu’il prétend être le sien. Lorsqu’un pouvoir sombre dans la tyrannie, une seule voie s’offre aux patriotes en uniforme, celle de rester fidèle à leur patrie et combattre la tyrannie sous toutes ses formes.
Lentement mais sûrement la « STATUE » du grand sauveur s’effrite inexorablement. Il n’en restera bientôt qu’une vaine poussière et le souvenir d’une immense forfaiture ficelée dans une imposture. Le philosophe Pierre-Joseph Proudhon disait à juste titre que : « Si la victoire a été obtenue par fraude ou artifice […] tôt ou tard une victoire de sens contraire vient l’annuler ». À bon entendeur salut !
Dr. Abdoul BALDE (France)
Piqûre de rappel : Manifeste-Guinée, Odyssée 2010 (SNB)
- Détails
- Catégorie : Politique
- Mis à jour le vendredi 12 janvier 2018 23:35
- Publié le vendredi 12 janvier 2018 16:35
- Écrit par Saïdou Nour Bokoum
- Affichages : 839
UN BLUFF POLITICO-ADMINISTRATIF
Le tableau socio-économique qu’offre la Guinée est si effroyablement complexe, qu’il défie toute analyse.
Tout a été ressassé à propos de ces vingt ans de pseudo- libéralisme. Un quarteron de putschistes galonnés, avec une horde de prédateurs diplômés ( pas plus de deux cents), à qui ils ont passé le relais, ont continuellement fait main basse sur les richesses du pays par une gestion organisée autour de deux ou trois « concepts » ravageurs.
Ce sont notamment l’ethno-stratégie et le bluff, habilement maniés par une technostructure mise au point par un banc de perroquets ( les médias publics entre autres), qui prospèrent en caquetant à la suite du F.M.I., de la Banque mondiale et d’autres institutions prolixes : Cadrage macro-économique, tableau de bord, sécurisation des recettes et autres passes lénifiantes.
L’épaisse brume de supercherie qu’est-ce l’ethno stratégie, a recouvert une bonne frange des couches sociales, y compris les plus démunies, qui assure qu’aucune alternative politique n’est plus possible, puisque au sommet de l’édifice politique, nulle composante ethno- régionale ne pourrait recueillir le consensus national nécessaire, au motif précisément, qu’elle ne représenterait qu’elle-même, à l’exclusion des autres. Et de triompher :
« Heureusement qu’il y a un Etat –O miracle ! -qui fonctionne malgré tout, alors pourquoi en changer » !
Etrange et commode pétition de principe qui permet tous les tripotages de la constitution, des institutions et des différentes consultations- mascarades. Ne parlons même pas de cet autre anathème infamant qui disqualifie politiquement toute cette Guinée expatriée, la Guinée des Guinéens-étrangers, ces indigènes qui troublent le sommeil de ceux qui pensent que la Guinée est un gâteau qu’il n’est pas bon de partager.La force et le fonctionnement durable de ces constructions mystificatrices, tiennent dans l’occultation du mensonge qui les sous-tend.
Il est notoire que c’est une poignée de Guinéens, pas plus de 200, qui sont les architectes de toutes les ruines de notre pays, kaléidoscope certes brouillé, mais représentatif du spectre national de nos régions. Toutes nos ethnies se retrouvent dans ce margouillis où barbotent ces faux frères, experts en détournements de tous ordres, Toucouleurs, Koniaguis, Manons, Peuls, Kissi, Guerzés, Maninka-tan et Maninka-fu.. Il y a même des Sino-Libanais-, des Ukréno-hindous, des Italo-djakankés..et bien d’autres S.D.F. (sans domicile fixe ) de la mondialisation devenus riches compradores avec la complicité d’une bureaucratie « nationale » corrompue.
Voici donc le grand Bluff qui permet à une poignée de chauves-souris de se suspendre sur les branches dangereusement alourdies de tous ces fruits qu’ils mordent si rageusement, au risque de toutes les casser. Entre deux bouchées obscènes, ils ont l’outrecuidance de crachoter :
« Tout est bloqué à cause de l’ethno-composition de nos partis politiques ».
Entendez, ceux qui ne sont pas aux affaires, qui s’agitent sous l’arbre de leur bombance, d’où ne tombent que les noyaux et les pelures qu’ils balancent !
Ceux qui ont suivi le baptême du P.U.P.( Parti de l’Unité et du Progrès, mouvance présidentielle ) à Mamou, se rappellent que ce dernier était présenté par ses idéologues, comme le seul parti vraiment national.
Vrai et faux !
Vrai parce que, il y a du tout national et ethnique dans ce qui est devenu un conglomérat politico-administratif.
Faux, parce que ce qui a fini par y triompher et qui est son cœur, ne bat plus dans l’intérêt de toute la nation. Cela fonctionne selon le fameux concept de Gramsci, bien oublié de nos jours de déclin de la réflexion honnête, qu’il appelait le pouvoir hégémonique de l’intellectuel organique. Pouvoir essentiellement culturel, mais éminemment idéologique, et susceptible de toutes les perversions mystificatrices.
Une petite minorité peut ainsi en principe, régner ad vitam aeternam , jusqu’à ce que l’Histoire un jour, en décide autrement. L’alliance de cette petite bourgeoisie, ( en sa frange opportuniste des grands commis de l’Etat ) avec ces figures bien connues de notre Import-export aux ordres, ne fonctionne que parce qu’elle manie la manne, le nerf de la guerre, nos finances publique et privées.
Et quand on sait qu’un modeste fonctionnaire ( qu’il soit P.U.P. ou pas ), traîne après lui une vingtaine de pauvres diables souvent analphabètes, on peut juger de la force de persuasion de ces 200 milliardaires, étroitement alliés aux ministres, préfets, sous-préfets, etc.
Les élections ne sont organisées que pour formater ces hold-up de Cols blancs, dans le moule démocratique de la bonne gouvernance, exigée de nos bailleurs de fonds.
Mais aujourd’hui rien ne va plus. Non pas seulement à cause de l’effacement physique de qui l’on sait, dans la conduite des affaires au sommet de l’Etat. En effet les trémolos sur le dialogue actuellement entonnés par les ténors de l’autorité publique, ne sont qu’un des symptômes de ce blocage généralisé de toutes les institutions.
UNE GOUVERNANCE CALAMITEUSE
Blocage découlant d’une gouvernance indécrottablement calamiteuse. En vrac, voici quelques-uns de ses records :
1000 milliards(1) de FG d’endettement du Trésor à l’égard de la B.C.R.G., glissade qui engage l’économie guinéenne dans une zaïrisation irrémédiable.
- sous-équipement dans tous les secteurs : infrastructures de communications restées quasiment telles quelles depuis l’époque coloniale, voire en deçà. L’axe Conakry-Kankan est retourné à l’état honteux hérité de la première République. Il y aurait peut-être quelques tronçons en Basse-Guinée et en Région forestière encore praticables, îlots bénis qui narguent l‘équité et l’unité nationales,
- L’exploitation et la gestion de l’eau et de l’électricité, font aujourd’hui la honte de la Guinée sur l’ensemble du Continent. Depuis plus de deux ans, il n’y pratiquement plus d’eau courante, ni d’électricité plus de deux heures de suite dans un même quartier de la capitale.
- Ainsi, La Guinée ( où se trouve le château d’eau de l’Afrique de l’ouest ), est réduite à mendier une desserte par le barrage sahélien de Manantali , que nos dirigeants successifs ont sottement boudé lors de sa mise en place.
- L ’hygiène et la politique de la santé publique, sont à l’image du délabrement économique généralisé. Les deux grands centres hospitaliers de la capitale, malgré leurs ravalements successifs, et la présence de médecins compétents dont plusieurs sont des agrégés et la plupart dévoués, sont si mal équipés, qu’ils sont réduits à n’être plus que des cités de transit, des mouroirs. Au mieux, des centres d’évacuation des malades vers Dakar, Bamako ou l’Europe, pour les nantis. Les quelques centres de santé dispersés dans nos campagnes, n’existent et ne fonctionnent qu’avec l’aide de nos partenaires de développement. Pendant que les médicaments acquis au prix fort de nos maigres devises, se retrouvent dans les pharmacies par terre, autre trafic méticuleusement organisé par certains agents de la fonction publique, en collusion avec certaines officines privées,
- La sécurité en Guinée se vend sous forme de cassettes vidéo comme des petits pains dans la sous-région. En effet le fameux Procès des gangs, devenu célèbre feuilleton, a
presque occulté l’horreur quotidienne dont il ne fut que la superproduction en télé-réalité.
Certes, l’insécurité est un mal qui frappe toutes les métropoles africaines. Mais celle de Guinée est, comme tous les maux qui hantent les Guinéens, unique en son genre. Ces jeunes tueurs sortent de nos cours communes, de nos « entrées-coucher », vont tuer dans d’autres « concessions », ou villas cossues, ramènent leur rapine sanglante dans les mêmes masures, pour le plus grand bien de nos parents, notables et paisibles fidèles de nos mosquées, dont la densité au kilomètre- carré est peut-être la plus forte dans la sous-région.
Notons au passage cette immonde redistribution des biens, dont les ordonnateurs ne sont pas seulement ces jeunes capturés et aussitôt libérés dès lors qu’on a jeté en pâture leurs mines patibulaires à la télévision. On sait leur collusion avec certains « corps habillés » lors de ces mises en scènes criminelles dans lesquelles ils ne sont souvent que des comparses ! C’est dire que le délabrement moral et spirituel est à la mesure de la misère économique. Cette déliquescence des mœurs, dans la drogue, l’alcool, et la prostitution qui frappe les couches juvéniles, n’épargne aucune localité.
Heureusement, si l’on peut dire, que les voies de l’exil sont ouvertes à nos jeunes diplômés, qui s’y ruent par dizaines de promotions, à défaut de pouvoir s’employer dans une administration pléthorique et verrouillée par ceux-là mêmes qui ont confisqué tous les biens publics. Ailleurs où la corruption est aussi répandue, on détourne X pour cent du financement de tel projet, mais le projet finit par voir le jour.
-En Guinée, c’est le projet tout entier qui est détourné. Comme le disait l’inénarrable Sassine, « en Guinée, c’est tout l’Etat qui est privatisé. Et nos fonctionnaires « privatiseurs » peuvent bâtir des fortunes colossales, tout en narguant la population dans des cylindrées, véritables châteaux qui déversent leur trop- plein de carburant volé sur nos mauvaises routes.
Comment tant d’insolence destructrice peut-elle fonctionner plus d’une décade dans un Etat dit de droit ?
Mais peut-on parler d’Etat de droit, quand toutes les institutions ne sont plus que des cadavres où grenouillent des colonies de vermine qui boivent à la même coupe servie à la barbe de celui-là même qui est réputé en être l’ultime gardien ?
Peut-on gérer tout cela avec les sempiternels sermons, faits de paternalisme bon enfant, et de discours villageois ?
Qu’en attendre, sinon qu’après, les mêmes voleurs comme il les qualifie lui-même, continuent impunément leurs méfaits économiques, en vertu des décrets du même, qui les maintient là ?
La mamaya des ex-révoltées d’ENIPRA en faveur du plébiscite de Lansana Conté en 2003, par delà les recettes habituelles bien éprouvées pour réussir ce genre de retournement, notamment le fric, la corde tribale et le matraquage médiatique, prouve tout de même, cette vérité qu’a lancée ce thuriféraire du plébiscite lors d’un rassemblement : « Ce que femme veut, Dieu le veut ! .
Comme déjà en août 1977 !
Quant aux commerçants, tant de fois sermonnés et vilipendés lors de ces farces villageoises pour séries télévisées, ils donnent l’impression que tout ceci n’est que pour rire, comme entre larrons en foire. Comme ce cruel dénouement de la dernière crise du riz : sa flambée ( aux alentours de 90000 fg ), quelques jours seulement, après les solennelles promesses de baisse, lancées avec pompe par les autorités et les grands importateurs.
Les parents de Coyah, repentis en lieu et place de leurs enfants excédés par une bavure mortelle des maniaques de la gâchette facile, se sont entendu réclamer le remboursement des dégâts faits à quelques symboles de cette incurie érigée en République de Doumbélane.
Ces pantomimes aussi bruyantes qu’inoffensives, cachent mal l’incompétence dont elles se nourrissent. De fait, tout recours est devenu irrémédiablement vain auprès des résonateurs que sont le Conseil économique et social, le Conseil national de la communication, la Chambre de commerce, la Cour suprême, le Parlement ( du moins pour les grands contentieux politiques et institutionnels ). Le référendum de 2003 n’a-t-il pas définitivement verrouillé en les caporalisant, toutes ces institutions en un système de clientélisme gérontocratique, qui survit au moyen d’une privatisation-personnalisation généralisée ? (Bien évidemment, les compétences intrinsèques des titulaires de ces fonctions ne sont pas en cause ).
En effet, les prix du ciment, du riz et de toutes les denrées de première nécessité sont en perpétuelle grimpette, inabordables pour le Guinéen moyen, malgré les coups de gueule et les sermons lancés par le « pater familias » : « Foué » !
Autant en emporte le vent !
La suite au prochain Pessè, comme pour cette énième grève de la C.N.T.G. ?
En vérité, le Pouvoir est devenu introuvable. Nous l’avons dit : Il n’y a plus de pouvoir judiciaire, il n’y a plus de Parlement. Il n’y a même plus de gouvernement, malgré les apparences. Puisqu’il n’y a plus de conseils de ministres depuis belle lurette.
Plus grave : il n’y a plus de partis politiques !
Tout est bloqué.
UN PAYS EN ETAT DE COMA POLITIQUE AVANCE
Le pays est comme un malade entubé dans une salle de réanimation livrée à ces délestages d’électricité et d’eau, auxquels sont accoutumées les populations de la capitale guinéenne. La décence nous commande de ne pas aller plus loin dans le détail de ce sombre tableau clinique.
Il n’y a plus de partis politiques ?
Provocation, dira-t-on.
Mais comment dire les choses autrement, quand depuis 1993,date d’entrée en vigueur de la scélérate « loi anticasseurs », les partis politiques ne peuvent plus agir ? Les quelques marches organisées au tournant des années 93-94, ont viré aux bastonnades, émaillées de bavures violentes, voire de meurtres qualifiés (grenade de Kamsar, assassinats à Mamou, à Kankan, au Camp Alpha Yaya, à Coyah, à l’Institut polytechnique, à l’Université de Kankan, à Faranah, et plus récemment alors qu’on parle d’élections, ces tirs à balles réelles sur des élèves de Dalaba.
Ne parlons pas de la politique d’intimidation dont les dirigeants des grands partis ont chèrement payé de leur personne : Ahmed Tidiane Cissé (après le fameux meeting du R.P.G. au stade de Coléah),Bah Oury, Bah Mamadou, Alpha Condé, Jean-Marie Doré, tous ces étudiants bastonnés voire torturés ou morts, et ces militants anonymes embastillés ou sur lesquels pèse l’épée de Damoclès de la déchéance de leurs droits civiques à chaque élection.
Pour parfaire ce musellement de la démocratie, souvenons-nous de l’encadrement des élections précédentes par l’omniprésence de la soldatesque surarmée et nerveuse, au point que les pauvres citoyens, parfois venus de très loin à pied, n’ont qu’une hantise, jeter dans une urne souvent béante, n’importe quel papelard, pour se tirer d’affaire au plus vite. Si l’on ajoute à cela les mille trucages, pour « sécuriser » (mot galvaudé par nos grands commis de l’Etat) ce que la mise aux enchères des consciences n’a pu garantir, on comprend le coup de grâce administré aux chefs de l’Opposition guinéenne.
On sait que les masses guinéennes ont largement donné leur dîme de sacrifices et de martyre dans le combat pour l’instauration d’un Etat de droit, plus de vingt ans après les horreurs du camp Boiro.Ca et là, avant ou à la suite d’élections truquées, des morts il y en a eu, peut-être plus qu’au Mali, au Togo, à Madagascar, pour la Côte d’Ivoire, attendons de voir. Et pourtant, dans ces pays, la dynamique du changement est en route et a abouti parfois à des changements significatifs, même quand les forces de l’immobilisme sont revenues ( Togo ). Partout sauf en Guinée, on a cessé de tourner en rond, comme en témoignent les acquis politiques, économiques, ou démocratiques dans ces pays, où une presse libre écrite, audio ou même audio-visuelle s’est épanouie.
Est-ce suffisant pour expliquer la mithridatisation de nos citoyens dont le souci principal reste la quête quotidienne du minimum vital, pourtant devenu l’un des plus faibles dans la sous-région ? En Guinée, nos hommes politiques, toutes tendances confondues, ont su éviter les surenchères qui ont conduit ailleurs à la guerre civile ( notons au passage que ce mérite-là, qui n’est pas négligeable, le président actuel le partagera avec eux). Mais est-ce là la seule raison à cette impasse totale actuelle ?
L’appel incantatoire au dialogue, comme solution à une sortie de crise, semble avoir abouti à un magistral tour de passe-passe. Malgré les pirouettes verbales qui encombrent nos ondes et toutes les conversations privées, l’entrée en scène de ce nouveau sésame que serait devenue la « société civile », ne signifie qu’une chose : La menace de disqualification d’une certaine classe politique. Appelons un chat un chat : les chefs des grands partis semblent tourner en rond autour du vide politique actuel, rempli par l’écho récurrent du tam-tam appelant aux plébiscites passés et à venir. Mais ce vide bien sonore est un champ de bataille rude, qui ne saurait être rempli par on ne sait quelle société civile commanditée par les commis de l’Etat, en lieu et place des masses tétanisées et atomisées par une misère sans nom.
Que faire s’il n’y a ni guerre ni dialogue ? Que faire quand toutes les institutions ont cessé de fonctionner ?
D’abord faire le constat d’une évidence : il n’y a plus d ‘Etat de droit. Et quand il n’y a pas d’Etat de droit, nous sommes bel et bien dans un état de non droit. Ce feuilleton burlesque de tous ces rendez-vous manqués d’un prétendu dialogue illustre bien notre propos qui est loin d’être sévère : nos hommes politiques ( chacun selon les épisodes ), s’épuisent à aider ceux qui y trouvent un intérêt à brasser du vent.
Car le Président l’a dit et répété, ceux qui veulent dialoguer doivent tous se mettre « derrière lui.. Le partage du pouvoir en Afrique est une fabrication des Etrangers.. »
Certes, nous entendons bien que tout citoyen ou tout groupe de citoyens puissent s’exprimer dans un colloque, lors d’une table ronde. L’action syndicale ou celle de tout autre groupement social ou culturel, manifestent une expression spécifique de la société civile. Mais nulle part ailleurs, nous semble-t-il, l’Histoire n’a enregistré le dénouement d’une crise de l’envergure de celle que connaît la société et l’Etat guinéens, par cet espèce de ping-pong inoffensif.
Au total, le dialogue que prône l’Administration, et prétendument voulu au sommet de l’Etat, n’est qu’un piège, un subterfuge, une manœuvre dilatoire pour faire illusion, pour gagner du temps, et pourquoi pas, des fonds auprès de nos bailleurs de fonds qui n’attendraient que quelques gestes de bonne gouvernance « pour au moins soulager les pauvres populations qui n’en peuvent plus ».
Il peut sembler paradoxal, voire faire preuve de mauvaise foi, que d’affirmer que la récente publication des décrets satisfaisant aux exigences de l’opposition et des bailleurs de fonds, ne fait qu’illustrer ce qui précède.
En effet ni la composition de la C.N.A. ( commission nationale autonome, alors que l’opposition exigeait une C.N.I., commission nationale indépendante), ni le décret de libéralisation des ondes ( parus alors qu’il est impossible aux partis politiques d’en profiter pour la raison évidente que de nouveaux médias ne peuvent être techniquement fonctionnels avant les municipales fixées au 18 décembre ), ne seront susceptibles de dénouer la crise guinéenne actuelle. L’apparente volte-face des autorités pour satisfaire aux doléances de l’opposition est un coup de génie pour rafler la mise, sans pour autant garantir une sortie de crise.
Attendons de voir, car comme dit le philosophe du maquis, « la preuve d u lafidi, c’est qu’on le mange. ».
D’ici-là, chacun sait que l’enjeu véritable n’aura lieu qu’en 2010 !
En attendant, la vie des Guinéens est devenue impossible et la situation explosive.
Depuis les augmentations insensées du prix du carburant en Guinée, nous frôlons la catastrophe humanitaire. Donc 2010 n’est au mieux qu’un mirage dans un désert mortifère pour les masses guinéennes.
Pensons à tous ces jeunes (dont des Guinéens), qui meurent dans le désert du Sahara ou dans les flots des mers lointaines, si ce n’est de froid dans les trains d’atterrissage, comme Yaguine et Fodé ! Mendiants-errants, tristes ambassadeurs d’un pays de fantômes, qui ressemble de plus en plus à un cimetière d’espoirs.
QUE FAIRE ?
Aujourd’hui, la classe politique guinéenne, si elle veut être digne de ses devanciers de 1958, doit s’extirper de ce sombre feuilleton et prendre la décision solennelle qui ouvrira la voie à une véritable alternance, celle du choix d’un homme de consensus, pour conduire l’organisation et la mise en œuvre d’un programme de gouvernement de transition.
C’est là un des préalables à la première véritable initiative pour reprendre le combat politique qui s’est pratiquement interrompu dès 1993, après la loi anticasseurs.
Le choix d’une personnalité de consensus pour conduire ce nouveau combat politique entraînera des conséquences cumulées propices à mobiliser l’ensemble des forces qui veulent réellement mener le combat pour l’alternance et le progrès.
- C’est d’abord l’effet d’annonce de la mobilisation de tous les leaders autour d’une personnalité unique, qui serait considérable, puisque cela les laverait de cette suspicion nocive qu’ils ne rouleraient que chacun pour soi, derrière une façade d’unité, en vue d’occuper le moment voulu, l’unique fauteuil présidentiel. Levée cette suspicion, une autre tare inventée par la bande des 200( mais pour être juste, ce chiffre devrait être revu à la baisse, ce nombre de hauts commis de l’Etat étant gonflé par tous ces honnêtes cadres, enrobés par la machine hiérarchique), oui, ce consensus retrouvé tordrait le cou à cet autre mythe qu’un Soussou , ou un Malinké, un Peul, un Ressortissant de la Forêt etc. , ne serait pas accepté comme Président, comme si aujourd’hui le pays était gouverné par un Mandjack ou par un Bija de Bingerville !
- Ensuite, l’initiative politique passerait dans le camp des forces du progrès, affaiblissant de façon significative les détenteurs de l’appareil politico-administratif, malgré ses énormes moyens financiers et militaires.
Au total, l’unification du combat politique derrière une personnalité de consensus, mettrait pour la première fois sur la défensive, les hommes du PASSIF, qui prospèrent dans le malheur actuel de nos populations. En effet depuis 1995,voire 1993, les partis politiques se sont passablement résignés au légalisme parlementaire, qui s’est révélé infécond.
Nous entendons déjà l’objection :
A quoi bon cette stratégie, un coup d’Etat étant la seule et ultime action susceptible de mettre fin au blocage actuel !
Mais à supposer que par quelque opération du Saint-Esprit, un Jeune Soldat-président ( comme il est « révélé » dans un fameux tract qui circulait récemment à Conakry), prenne le Pouvoir, qu’espèrent donc les tenants de cette éventualité ? Que ce miraculé leur remette le « Kibany », comme ça ?Et auquel des chefs de partis va-t-il le remettre si gracieusement ? Selon quelles modalités, puisqu’il ne sera probablement plus question de principes politiques démocratiques ? A moins que nos dirigeants démocrates, adeptes à l’occasion de coup d’Etat ne se satisfassent d’une 3è République militaire qui durerait combien de lustres encore, après un demi-siècle de dictature sanglante et molle ?
En vérité, la probabilité d’un putsch patriotique qui n’est assurément pas à écarter, ne dispense pas la classe politique d’apprêter un programme de transition. Le premier geste éminemment symbolique, mais non moins politiquement significatif, attendu de la classe politique, toutes tendances confondues (puisque toutes comptent des patriotes, de la mouvance présidentielle à l’autre extrême de l’opposition ), serait le choix consensuel d’un rassembleur. C’est même l’hypothèse d’une telle accélération inconstitutionnelle des évènements, qui commande la nécessité et l’urgence d’un programme d’actions conduit par une seule personnalité, selon une stratégie consensuellement mise en place. Ainsi, la pression de nos partenaires de développement, qui comme chacun sait, ne tolèrent plus les régimes militaires, passé un délai raisonnable connu seulement d’eux, conjuguée avec une mobilisation déterminée de tous ceux qui n’en peuvent plus, enclencherait une dynamique de remise en route des actions de masse qui seules, conduiront à la mise en place des institutions et des structures indispensables à l’organisation d’élections libres et transparentes
Malgré la fin de non recevoir que cette suggestion avait reçue de la part des acteurs politiques, ( pouvoir et opposition, hormis feu Alpha Sow ), nul doute que la plupart de nos chefs de partis sont des patriotes. Vous avez donc messieurs, encore le temps de rassembler l’immense majorité des Guinéens qui sont aussi des patriotes autour d’un autre patriote, qui pourrait être l’un de vous et dont le portrait est simple à faire :
C’est un portrait qui se ramènerait à un engagement, celui d’être un homme de rassemblement, de consensus et d’action. Sa mission se terminerait dès la fin d‘élections libres et transparentes, en vue d‘élire un Parlement plus conforme au paysage politique dans sa diversité. Ce qui donnerait la possibilité d’organiser dans un futur proche, des élections pour le choix d’un Président, dans des conditions également libres et transparentes.
Ce travail titanesque, s’unir par delà toutes les frontières ethno-régionales, politiques, personnelles, les Guinéens l’ont fait en 1958.Ils avaient alors projeté une lumière pour toute l’Afrique, mais qui hélas s’est enténébrée dans les ornières macabres que l’on sait.
Mais un peuple averti..
L’Histoire condamnerait encore une nouvelle génération politique, qui laisserait cette lueur patriotique s’enliser dans les illusions des ego, éternels tombeaux des idées et des actions de progrès.
Enfin, ces propositions devraient émaner du cœur même du peuple de Guinée, qui battrait du même pouls lors d’ASSISES NATIONALES DE LA SOCIETE CIVILE, dont nous appelons la tenue en Guinée le plus tôt possible. La mise en œuvre de cette proposition serait mieux préparée par LE REPORT DES PROCHAINES ELECTIONS COMMUNALES
UN BLUFF POLITICO-ADMINISTRATIF
Le tableau socio-économique qu’offre la Guinée est si effroyablement complexe, qu’il défie toute analyse.
Tout a été ressassé à propos de ces vingt ans de pseudo- libéralisme. Un quarteron de putschistes galonnés, avec une horde de prédateurs diplômés ( pas plus de deux cents), à qui ils ont passé le relais, ont continuellement fait main basse sur les richesses du pays par une gestion organisée autour de deux ou trois « concepts » ravageurs.
Ce sont notamment l’ethno-stratégie et le bluff, habilement maniés par une technostructure mise au point par un banc de perroquets ( les médias publics entre autres), qui prospèrent en caquetant à la suite du F.M.I., de la Banque mondiale et d’autres institutions prolixes : Cadrage macro-économique, tableau de bord, sécurisation des recettes et autres passes lénifiantes.
L’épaisse brume de supercherie qu’est-ce l’ethno stratégie, a recouvert une bonne frange des couches sociales, y compris les plus démunies, qui assure qu’aucune alternative politique n’est plus possible, puisque au sommet de l’édifice politique, nulle composante ethno- régionale ne pourrait recueillir le consensus national nécessaire, au motif précisément, qu’elle ne représenterait qu’elle-même, à l’exclusion des autres. Et de triompher :
« Heureusement qu’il y a un Etat –O miracle ! -qui fonctionne malgré tout, alors pourquoi en changer » !
Etrange et commode pétition de principe qui permet tous les tripotages de la constitution, des institutions et des différentes consultations- mascarades. Ne parlons même pas de cet autre anathème infamant qui disqualifie politiquement toute cette Guinée expatriée, la Guinée des Guinéens-étrangers, ces indigènes qui troublent le sommeil de ceux qui pensent que la Guinée est un gâteau qu’il n’est pas bon de partager.La force et le fonctionnement durable de ces constructions mystificatrices, tiennent dans l’occultation du mensonge qui les sous-tend.
Il est notoire que c’est une poignée de Guinéens, pas plus de 200, qui sont les architectes de toutes les ruines de notre pays, kaléidoscope certes brouillé, mais représentatif du spectre national de nos régions. Toutes nos ethnies se retrouvent dans ce margouillis où barbotent ces faux frères, experts en détournements de tous ordres, Toucouleurs, Koniaguis, Manons, Peuls, Kissi, Guerzés, Maninka-tan et Maninka-fu.. Il y a même des Sino-Libanais-, des Ukréno-hindous, des Italo-djakankés..et bien d’autres S.D.F. (sans domicile fixe ) de la mondialisation devenus riches compradores avec la complicité d’une bureaucratie « nationale » corrompue.
Voici donc le grand Bluff qui permet à une poignée de chauves-souris de se suspendre sur les branches dangereusement alourdies de tous ces fruits qu’ils mordent si rageusement, au risque de toutes les casser. Entre deux bouchées obscènes, ils ont l’outrecuidance de crachoter :
« Tout est bloqué à cause de l’ethno-composition de nos partis politiques ».
Entendez, ceux qui ne sont pas aux affaires, qui s’agitent sous l’arbre de leur bombance, d’où ne tombent que les noyaux et les pelures qu’ils balancent !
Ceux qui ont suivi le baptême du P.U.P.( Parti de l’Unité et du Progrès, mouvance présidentielle ) à Mamou, se rappellent que ce dernier était présenté par ses idéologues, comme le seul parti vraiment national.
Vrai et faux !
Vrai parce que, il y a du tout national et ethnique dans ce qui est devenu un conglomérat politico-administratif.
Faux, parce que ce qui a fini par y triompher et qui est son cœur, ne bat plus dans l’intérêt de toute la nation. Cela fonctionne selon le fameux concept de Gramsci, bien oublié de nos jours de déclin de la réflexion honnête, qu’il appelait le pouvoir hégémonique de l’intellectuel organique. Pouvoir essentiellement culturel, mais éminemment idéologique, et susceptible de toutes les perversions mystificatrices.
Une petite minorité peut ainsi en principe, régner ad vitam aeternam , jusqu’à ce que l’Histoire un jour, en décide autrement. L’alliance de cette petite bourgeoisie, ( en sa frange opportuniste des grands commis de l’Etat ) avec ces figures bien connues de notre Import-export aux ordres, ne fonctionne que parce qu’elle manie la manne, le nerf de la guerre, nos finances publique et privées.
Et quand on sait qu’un modeste fonctionnaire ( qu’il soit P.U.P. ou pas ), traîne après lui une vingtaine de pauvres diables souvent analphabètes, on peut juger de la force de persuasion de ces 200 milliardaires, étroitement alliés aux ministres, préfets, sous-préfets, etc.
Les élections ne sont organisées que pour formater ces hold-up de Cols blancs, dans le moule démocratique de la bonne gouvernance, exigée de nos bailleurs de fonds.
Mais aujourd’hui rien ne va plus. Non pas seulement à cause de l’effacement physique de qui l’on sait, dans la conduite des affaires au sommet de l’Etat. En effet les trémolos sur le dialogue actuellement entonnés par les ténors de l’autorité publique, ne sont qu’un des symptômes de ce blocage généralisé de toutes les institutions.
UNE GOUVERNANCE CALAMITEUSE
Blocage découlant d’une gouvernance indécrottablement calamiteuse. En vrac, voici quelques-uns de ses records :
1000 milliards(1) de FG d’endettement du Trésor à l’égard de la B.C.R.G., glissade qui engage l’économie guinéenne dans une zaïrisation irrémédiable.
- sous-équipement dans tous les secteurs : infrastructures de communications restées quasiment telles quelles depuis l’époque coloniale, voire en deçà. L’axe Conakry-Kankan est retourné à l’état honteux hérité de la première République. Il y aurait peut-être quelques tronçons en Basse-Guinée et en Région forestière encore praticables, îlots bénis qui narguent l‘équité et l’unité nationales,
- L’exploitation et la gestion de l’eau et de l’électricité, font aujourd’hui la honte de la Guinée sur l’ensemble du Continent. Depuis plus de deux ans, il n’y pratiquement plus d’eau courante, ni d’électricité plus de deux heures de suite dans un même quartier de la capitale.
- Ainsi, La Guinée ( où se trouve le château d’eau de l’Afrique de l’ouest ), est réduite à mendier une desserte par le barrage sahélien de Manantali , que nos dirigeants successifs ont sottement boudé lors de sa mise en place.
- L ’hygiène et la politique de la santé publique, sont à l’image du délabrement économique généralisé. Les deux grands centres hospitaliers de la capitale, malgré leurs ravalements successifs, et la présence de médecins compétents dont plusieurs sont des agrégés et la plupart dévoués, sont si mal équipés, qu’ils sont réduits à n’être plus que des cités de transit, des mouroirs. Au mieux, des centres d’évacuation des malades vers Dakar, Bamako ou l’Europe, pour les nantis. Les quelques centres de santé dispersés dans nos campagnes, n’existent et ne fonctionnent qu’avec l’aide de nos partenaires de développement. Pendant que les médicaments acquis au prix fort de nos maigres devises, se retrouvent dans les pharmacies par terre, autre trafic méticuleusement organisé par certains agents de la fonction publique, en collusion avec certaines officines privées,
- La sécurité en Guinée se vend sous forme de cassettes vidéo comme des petits pains dans la sous-région. En effet le fameux Procès des gangs, devenu célèbre feuilleton, a
presque occulté l’horreur quotidienne dont il ne fut que la superproduction en télé-réalité.
Certes, l’insécurité est un mal qui frappe toutes les métropoles africaines. Mais celle de Guinée est, comme tous les maux qui hantent les Guinéens, unique en son genre. Ces jeunes tueurs sortent de nos cours communes, de nos « entrées-coucher », vont tuer dans d’autres « concessions », ou villas cossues, ramènent leur rapine sanglante dans les mêmes masures, pour le plus grand bien de nos parents, notables et paisibles fidèles de nos mosquées, dont la densité au kilomètre- carré est peut-être la plus forte dans la sous-région.
Notons au passage cette immonde redistribution des biens, dont les ordonnateurs ne sont pas seulement ces jeunes capturés et aussitôt libérés dès lors qu’on a jeté en pâture leurs mines patibulaires à la télévision. On sait leur collusion avec certains « corps habillés » lors de ces mises en scènes criminelles dans lesquelles ils ne sont souvent que des comparses ! C’est dire que le délabrement moral et spirituel est à la mesure de la misère économique. Cette déliquescence des mœurs, dans la drogue, l’alcool, et la prostitution qui frappe les couches juvéniles, n’épargne aucune localité.
Heureusement, si l’on peut dire, que les voies de l’exil sont ouvertes à nos jeunes diplômés, qui s’y ruent par dizaines de promotions, à défaut de pouvoir s’employer dans une administration pléthorique et verrouillée par ceux-là mêmes qui ont confisqué tous les biens publics. Ailleurs où la corruption est aussi répandue, on détourne X pour cent du financement de tel projet, mais le projet finit par voir le jour.
-En Guinée, c’est le projet tout entier qui est détourné. Comme le disait l’inénarrable Sassine, « en Guinée, c’est tout l’Etat qui est privatisé. Et nos fonctionnaires « privatiseurs » peuvent bâtir des fortunes colossales, tout en narguant la population dans des cylindrées, véritables châteaux qui déversent leur trop- plein de carburant volé sur nos mauvaises routes.
Comment tant d’insolence destructrice peut-elle fonctionner plus d’une décade dans un Etat dit de droit ?
Mais peut-on parler d’Etat de droit, quand toutes les institutions ne sont plus que des cadavres où grenouillent des colonies de vermine qui boivent à la même coupe servie à la barbe de celui-là même qui est réputé en être l’ultime gardien ?
Peut-on gérer tout cela avec les sempiternels sermons, faits de paternalisme bon enfant, et de discours villageois ?
Qu’en attendre, sinon qu’après, les mêmes voleurs comme il les qualifie lui-même, continuent impunément leurs méfaits économiques, en vertu des décrets du même, qui les maintient là ?
La mamaya des ex-révoltées d’ENIPRA en faveur du plébiscite de Lansana Conté en 2003, par delà les recettes habituelles bien éprouvées pour réussir ce genre de retournement, notamment le fric, la corde tribale et le matraquage médiatique, prouve tout de même, cette vérité qu’a lancée ce thuriféraire du plébiscite lors d’un rassemblement : « Ce que femme veut, Dieu le veut ! .
Comme déjà en août 1977 !
Quant aux commerçants, tant de fois sermonnés et vilipendés lors de ces farces villageoises pour séries télévisées, ils donnent l’impression que tout ceci n’est que pour rire, comme entre larrons en foire. Comme ce cruel dénouement de la dernière crise du riz : sa flambée ( aux alentours de 90000 fg ), quelques jours seulement, après les solennelles promesses de baisse, lancées avec pompe par les autorités et les grands importateurs.
Les parents de Coyah, repentis en lieu et place de leurs enfants excédés par une bavure mortelle des maniaques de la gâchette facile, se sont entendu réclamer le remboursement des dégâts faits à quelques symboles de cette incurie érigée en République de Doumbélane.
Ces pantomimes aussi bruyantes qu’inoffensives, cachent mal l’incompétence dont elles se nourrissent. De fait, tout recours est devenu irrémédiablement vain auprès des résonateurs que sont le Conseil économique et social, le Conseil national de la communication, la Chambre de commerce, la Cour suprême, le Parlement ( du moins pour les grands contentieux politiques et institutionnels ). Le référendum de 2003 n’a-t-il pas définitivement verrouillé en les caporalisant, toutes ces institutions en un système de clientélisme gérontocratique, qui survit au moyen d’une privatisation-personnalisation généralisée ? (Bien évidemment, les compétences intrinsèques des titulaires de ces fonctions ne sont pas en cause ).
En effet, les prix du ciment, du riz et de toutes les denrées de première nécessité sont en perpétuelle grimpette, inabordables pour le Guinéen moyen, malgré les coups de gueule et les sermons lancés par le « pater familias » : « Foué » !
Autant en emporte le vent !
La suite au prochain Pessè, comme pour cette énième grève de la C.N.T.G. ?
En vérité, le Pouvoir est devenu introuvable. Nous l’avons dit : Il n’y a plus de pouvoir judiciaire, il n’y a plus de Parlement. Il n’y a même plus de gouvernement, malgré les apparences. Puisqu’il n’y a plus de conseils de ministres depuis belle lurette.
Plus grave : il n’y a plus de partis politiques !
Tout est bloqué.
UN PAYS EN ETAT DE COMA POLITIQUE AVANCE
Le pays est comme un malade entubé dans une salle de réanimation livrée à ces délestages d’électricité et d’eau, auxquels sont accoutumées les populations de la capitale guinéenne. La décence nous commande de ne pas aller plus loin dans le détail de ce sombre tableau clinique.
Il n’y a plus de partis politiques ?
Provocation, dira-t-on.
Mais comment dire les choses autrement, quand depuis 1993,date d’entrée en vigueur de la scélérate « loi anticasseurs », les partis politiques ne peuvent plus agir ? Les quelques marches organisées au tournant des années 93-94, ont viré aux bastonnades, émaillées de bavures violentes, voire de meurtres qualifiés (grenade de Kamsar, assassinats à Mamou, à Kankan, au Camp Alpha Yaya, à Coyah, à l’Institut polytechnique, à l’Université de Kankan, à Faranah, et plus récemment alors qu’on parle d’élections, ces tirs à balles réelles sur des élèves de Dalaba.
Ne parlons pas de la politique d’intimidation dont les dirigeants des grands partis ont chèrement payé de leur personne : Ahmed Tidiane Cissé (après le fameux meeting du R.P.G. au stade de Coléah),Bah Oury, Bah Mamadou, Alpha Condé, Jean-Marie Doré, tous ces étudiants bastonnés voire torturés ou morts, et ces militants anonymes embastillés ou sur lesquels pèse l’épée de Damoclès de la déchéance de leurs droits civiques à chaque élection.
Pour parfaire ce musellement de la démocratie, souvenons-nous de l’encadrement des élections précédentes par l’omniprésence de la soldatesque surarmée et nerveuse, au point que les pauvres citoyens, parfois venus de très loin à pied, n’ont qu’une hantise, jeter dans une urne souvent béante, n’importe quel papelard, pour se tirer d’affaire au plus vite. Si l’on ajoute à cela les mille trucages, pour « sécuriser » (mot galvaudé par nos grands commis de l’Etat) ce que la mise aux enchères des consciences n’a pu garantir, on comprend le coup de grâce administré aux chefs de l’Opposition guinéenne.
On sait que les masses guinéennes ont largement donné leur dîme de sacrifices et de martyre dans le combat pour l’instauration d’un Etat de droit, plus de vingt ans après les horreurs du camp Boiro.Ca et là, avant ou à la suite d’élections truquées, des morts il y en a eu, peut-être plus qu’au Mali, au Togo, à Madagascar, pour la Côte d’Ivoire, attendons de voir. Et pourtant, dans ces pays, la dynamique du changement est en route et a abouti parfois à des changements significatifs, même quand les forces de l’immobilisme sont revenues ( Togo ). Partout sauf en Guinée, on a cessé de tourner en rond, comme en témoignent les acquis politiques, économiques, ou démocratiques dans ces pays, où une presse libre écrite, audio ou même audio-visuelle s’est épanouie.
Est-ce suffisant pour expliquer la mithridatisation de nos citoyens dont le souci principal reste la quête quotidienne du minimum vital, pourtant devenu l’un des plus faibles dans la sous-région ? En Guinée, nos hommes politiques, toutes tendances confondues, ont su éviter les surenchères qui ont conduit ailleurs à la guerre civile ( notons au passage que ce mérite-là, qui n’est pas négligeable, le président actuel le partagera avec eux). Mais est-ce là la seule raison à cette impasse totale actuelle ?
L’appel incantatoire au dialogue, comme solution à une sortie de crise, semble avoir abouti à un magistral tour de passe-passe. Malgré les pirouettes verbales qui encombrent nos ondes et toutes les conversations privées, l’entrée en scène de ce nouveau sésame que serait devenue la « société civile », ne signifie qu’une chose : La menace de disqualification d’une certaine classe politique. Appelons un chat un chat : les chefs des grands partis semblent tourner en rond autour du vide politique actuel, rempli par l’écho récurrent du tam-tam appelant aux plébiscites passés et à venir. Mais ce vide bien sonore est un champ de bataille rude, qui ne saurait être rempli par on ne sait quelle société civile commanditée par les commis de l’Etat, en lieu et place des masses tétanisées et atomisées par une misère sans nom.
Que faire s’il n’y a ni guerre ni dialogue ? Que faire quand toutes les institutions ont cessé de fonctionner ?
D’abord faire le constat d’une évidence : il n’y a plus d ‘Etat de droit. Et quand il n’y a pas d’Etat de droit, nous sommes bel et bien dans un état de non droit. Ce feuilleton burlesque de tous ces rendez-vous manqués d’un prétendu dialogue illustre bien notre propos qui est loin d’être sévère : nos hommes politiques ( chacun selon les épisodes ), s’épuisent à aider ceux qui y trouvent un intérêt à brasser du vent.
Car le Président l’a dit et répété, ceux qui veulent dialoguer doivent tous se mettre « derrière lui.. Le partage du pouvoir en Afrique est une fabrication des Etrangers.. »
Certes, nous entendons bien que tout citoyen ou tout groupe de citoyens puissent s’exprimer dans un colloque, lors d’une table ronde. L’action syndicale ou celle de tout autre groupement social ou culturel, manifestent une expression spécifique de la société civile. Mais nulle part ailleurs, nous semble-t-il, l’Histoire n’a enregistré le dénouement d’une crise de l’envergure de celle que connaît la société et l’Etat guinéens, par cet espèce de ping-pong inoffensif.
Au total, le dialogue que prône l’Administration, et prétendument voulu au sommet de l’Etat, n’est qu’un piège, un subterfuge, une manœuvre dilatoire pour faire illusion, pour gagner du temps, et pourquoi pas, des fonds auprès de nos bailleurs de fonds qui n’attendraient que quelques gestes de bonne gouvernance « pour au moins soulager les pauvres populations qui n’en peuvent plus ».
Il peut sembler paradoxal, voire faire preuve de mauvaise foi, que d’affirmer que la récente publication des décrets satisfaisant aux exigences de l’opposition et des bailleurs de fonds, ne fait qu’illustrer ce qui précède.
En effet ni la composition de la C.N.A. ( commission nationale autonome, alors que l’opposition exigeait une C.N.I., commission nationale indépendante), ni le décret de libéralisation des ondes ( parus alors qu’il est impossible aux partis politiques d’en profiter pour la raison évidente que de nouveaux médias ne peuvent être techniquement fonctionnels avant les municipales fixées au 18 décembre ), ne seront susceptibles de dénouer la crise guinéenne actuelle. L’apparente volte-face des autorités pour satisfaire aux doléances de l’opposition est un coup de génie pour rafler la mise, sans pour autant garantir une sortie de crise.
Attendons de voir, car comme dit le philosophe du maquis, « la preuve d u lafidi, c’est qu’on le mange. ».
D’ici-là, chacun sait que l’enjeu véritable n’aura lieu qu’en 2010 !
En attendant, la vie des Guinéens est devenue impossible et la situation explosive.
Depuis les augmentations insensées du prix du carburant en Guinée, nous frôlons la catastrophe humanitaire. Donc 2010 n’est au mieux qu’un mirage dans un désert mortifère pour les masses guinéennes.
Pensons à tous ces jeunes (dont des Guinéens), qui meurent dans le désert du Sahara ou dans les flots des mers lointaines, si ce n’est de froid dans les trains d’atterrissage, comme Yaguine et Fodé ! Mendiants-errants, tristes ambassadeurs d’un pays de fantômes, qui ressemble de plus en plus à un cimetière d’espoirs.
QUE FAIRE ?
Aujourd’hui, la classe politique guinéenne, si elle veut être digne de ses devanciers de 1958, doit s’extirper de ce sombre feuilleton et prendre la décision solennelle qui ouvrira la voie à une véritable alternance, celle du choix d’un homme de consensus, pour conduire l’organisation et la mise en œuvre d’un programme de gouvernement de transition.
C’est là un des préalables à la première véritable initiative pour reprendre le combat politique qui s’est pratiquement interrompu dès 1993, après la loi anticasseurs.
Le choix d’une personnalité de consensus pour conduire ce nouveau combat politique entraînera des conséquences cumulées propices à mobiliser l’ensemble des forces qui veulent réellement mener le combat pour l’alternance et le progrès.
- C’est d’abord l’effet d’annonce de la mobilisation de tous les leaders autour d’une personnalité unique, qui serait considérable, puisque cela les laverait de cette suspicion nocive qu’ils ne rouleraient que chacun pour soi, derrière une façade d’unité, en vue d’occuper le moment voulu, l’unique fauteuil présidentiel. Levée cette suspicion, une autre tare inventée par la bande des 200( mais pour être juste, ce chiffre devrait être revu à la baisse, ce nombre de hauts commis de l’Etat étant gonflé par tous ces honnêtes cadres, enrobés par la machine hiérarchique), oui, ce consensus retrouvé tordrait le cou à cet autre mythe qu’un Soussou , ou un Malinké, un Peul, un Ressortissant de la Forêt etc. , ne serait pas accepté comme Président, comme si aujourd’hui le pays était gouverné par un Mandjack ou par un Bija de Bingerville !
- Ensuite, l’initiative politique passerait dans le camp des forces du progrès, affaiblissant de façon significative les détenteurs de l’appareil politico-administratif, malgré ses énormes moyens financiers et militaires.
Au total, l’unification du combat politique derrière une personnalité de consensus, mettrait pour la première fois sur la défensive, les hommes du PASSIF, qui prospèrent dans le malheur actuel de nos populations. En effet depuis 1995,voire 1993, les partis politiques se sont passablement résignés au légalisme parlementaire, qui s’est révélé infécond.
Nous entendons déjà l’objection :
A quoi bon cette stratégie, un coup d’Etat étant la seule et ultime action susceptible de mettre fin au blocage actuel !
Mais à supposer que par quelque opération du Saint-Esprit, un Jeune Soldat-président ( comme il est « révélé » dans un fameux tract qui circulait récemment à Conakry), prenne le Pouvoir, qu’espèrent donc les tenants de cette éventualité ? Que ce miraculé leur remette le « Kibany », comme ça ?Et auquel des chefs de partis va-t-il le remettre si gracieusement ? Selon quelles modalités, puisqu’il ne sera probablement plus question de principes politiques démocratiques ? A moins que nos dirigeants démocrates, adeptes à l’occasion de coup d’Etat ne se satisfassent d’une 3è République militaire qui durerait combien de lustres encore, après un demi-siècle de dictature sanglante et molle ?
En vérité, la probabilité d’un putsch patriotique qui n’est assurément pas à écarter, ne dispense pas la classe politique d’apprêter un programme de transition. Le premier geste éminemment symbolique, mais non moins politiquement significatif, attendu de la classe politique, toutes tendances confondues (puisque toutes comptent des patriotes, de la mouvance présidentielle à l’autre extrême de l’opposition ), serait le choix consensuel d’un rassembleur. C’est même l’hypothèse d’une telle accélération inconstitutionnelle des évènements, qui commande la nécessité et l’urgence d’un programme d’actions conduit par une seule personnalité, selon une stratégie consensuellement mise en place. Ainsi, la pression de nos partenaires de développement, qui comme chacun sait, ne tolèrent plus les régimes militaires, passé un délai raisonnable connu seulement d’eux, conjuguée avec une mobilisation déterminée de tous ceux qui n’en peuvent plus, enclencherait une dynamique de remise en route des actions de masse qui seules, conduiront à la mise en place des institutions et des structures indispensables à l’organisation d’élections libres et transparentes
Malgré la fin de non recevoir que cette suggestion avait reçue de la part des acteurs politiques, ( pouvoir et opposition, hormis feu Alpha Sow ), nul doute que la plupart de nos chefs de partis sont des patriotes. Vous avez donc messieurs, encore le temps de rassembler l’immense majorité des Guinéens qui sont aussi des patriotes autour d’un autre patriote, qui pourrait être l’un de vous et dont le portrait est simple à faire :
C’est un portrait qui se ramènerait à un engagement, celui d’être un homme de rassemblement, de consensus et d’action. Sa mission se terminerait dès la fin d‘élections libres et transparentes, en vue d‘élire un Parlement plus conforme au paysage politique dans sa diversité. Ce qui donnerait la possibilité d’organiser dans un futur proche, des élections pour le choix d’un Président, dans des conditions également libres et transparentes.
Ce travail titanesque, s’unir par delà toutes les frontières ethno-régionales, politiques, personnelles, les Guinéens l’ont fait en 1958.Ils avaient alors projeté une lumière pour toute l’Afrique, mais qui hélas s’est enténébrée dans les ornières macabres que l’on sait.
Mais un peuple averti..
L’Histoire condamnerait encore une nouvelle génération politique, qui laisserait cette lueur patriotique s’enliser dans les illusions des ego, éternels tombeaux des idées et des actions de progrès.
Enfin, ces propositions devraient émaner du cœur même du peuple de Guinée, qui battrait du même pouls lors d’ASSISES NATIONALES DE LA SOCIETE CIVILE, dont nous appelons la tenue en Guinée le plus tôt possible. La mise en œuvre de cette proposition serait mieux préparée par LE REPORT DES PROCHAINES ELECTIONS COMMUNALES
(1 ) chiffre à revoir en hausse alors que le tableau socio-économique est encore plus sombre aujourd’hui .
NB : En vérité, ce texte est une copie rigoureusement identique à l'original qui date de 2004
SIGNATURES :
1 Saïdou Nour Bokoum, écrivain
2 Thierno Monénembo, écrivain
3 Alpha Ousmane Barry, écrivain
4 Dr Sylla Cheick Ousmane, médecin,
5 Dr Seydouba Cissé, médecin
6 M. Mamadou Dia, Directeur de société
7Dr Thierno Bah, écrivain, médecin
8 Maligui Soumah, écrivain, Professeur
9 M. Sidi Diarra, Professeur
10 M. Mamadou Sissoko, Ingénieur
11 M. Tidiani Bocoum, directeur de Société
12 M. Ibrahima Sorry Camara, Electricien
13 Mme Souadou Ba, épouse Dia, Agent commercial Air Afrique ( à la retraite )
14 M. Doubani Keita, Pharmacien
15 M. Saïdou Sissoko, Professeur
16 M. Oumar Guissé, Ingénieur Ponts et Chaussées
17 Mme Fatoumata Cissé, Enseignante
18 M. Macky Dia, Ingénieur du Bâtiment
19 M. Sékou Ly, Expert Comptable
20 M. Mamadou Nabé, Pharmacien
21 M. Mouctar Bocoum, Economiste
22 M. Moustapha Gadgigo
23 Mme Bintou Camara, secrétaire
24 M. Madani Dia, Directeur de Société
25 M. Ibrahima Bassoum, Entrepreneur
26 M. Mamadou Bah, Professeur
27 M. Thierno Hadia Diop, Juriste
28 M. Macky Bah, Directeur de Société Transit
29 M. Mamadou Oury Diallo, étudiant
30 Ousmane Haïdara, Ingénieur financier
31 Malick Condé, Chef d’Entreprise
32 M. Cheick Oumar Kanté, Ecrivain
33 Ansoumane Camara.
34 Soumaré Bocar .
35 Soriba Travaly, Administrateur de société.
36 Mamadou BALLO, Professeur.
37 Lanciné KOMARA, Professeur.
38 Sékou KABA, Artiste graveur.
39 Aly N'DIAYE, Chercheur.
40 Nasoba TRAORE, Femme d’Affaires.
41 Mamadou SANOGO, Administrateur civil.
42 Ibrahima DIALLO, Etudiant.
43 Amadou Sadio Diallo, Journaliste.
44 Mamadou Oury Barry, rédacteurs ECRG/Allemagne.
45 Bocar Soumaré.
46 Sakho Aboubacar, Juriste, Directeur du site de L'Observateur .
47 Ibrahima Bocoum, Administrateur.
48 Mouctar Baldé, économiste.
49 Babou Cissé, Entrepreneur.
50 moustapha camara sanguiana, étudiant.
51 KOUROUMA LANSANA, MEDECIN- VETERINAIRE.
52 FOFANA ZAKARY, COMMERCANT.
53 CAMARA HASIMOU, COMMERCANT.
54 KOUYATE MOHAMED, ARTISTE.
55 KOUYATE MAMADI, ARTISTE .
56 DIALLO DALANDA, MEDECIN .
57 CONDE MOUSSA, SOCIOLOGUE .
58 SANO BABA, TAXIMAN .
59 KEITA KARAMO, COMMERGANT .
60 BARO SIDIKI, ELECTRONICIEN .
61 CAMARA JOSEPH, SOCIOLOGUE .
62 FALL ALAIN, BUNNESMAN .
63 SACKHO MOHAMED, RESTAURATEUR .
64 CONDE MAMA, AIDE -INFIRMIERE .
65 CANAL JOSEPHINE, AIDE INFIRMIERE .
66 FOFANA SARAGBE, COIFFURE .
67 TOURE AISSATOU, COIFFURE .
68 FOFANA NAGNOUMA, ELEVE .
69 FOFANA LANCINE, ETUDIANT .
70 FOFANA MAMADI, ETUDIANT .
71 CONDE MORY, COIFFURE .
72 BALDE ABDOULAYE YERO, ETUDIANT .
73 DOUNBOUYA DJIBA, CHAUFFEUR .
74 BARRY OUMAR, ADMINISTRATEUR .
75 TOURE MASIATA, AIDE -INFIRMIERE .
76 LENO SOBA, AIDE ASSISTANT .
77 DABO AMADOU, RESTAURATEUR .
78 DABO SOULEYMANE, CONTRUCTION .
79 CONDE AISSATA, COIFFURE .
80 SOUARE VASING, ELECTRONICIEN .
81 PAUL MOUSSA DIAWARA, JOURNALISTE .
82 lamine kaba, electronicien .
83 MAMADI KABA, CONSULTANT .
84 SIAKA CISSOKO, Juriste, Homme d'Affaires .
85 oumar savane, entrepreuneur .
86 Lamine Cissé, Economiste .
87 Aboubacar Barry, Enseignant .
88 Oumar Taliby KABA, Informaticien .
89 CAMARA SOULEYMANE, COMPTABLE .
90 Lamine Sow, Consultant .
91 Fakolykoumba DOUMBIA, Juriste .
92 Touré Amara, Commercant .
93 Mohamed Lamine KEITA, Economiste .
95 Mamadou Timbo DIALLO, Commercant .
96 sanoussi bantama sow, economiste .
97 ibrahima bah, chimiste .
98 kadidia diaye, economiste .
99 mouctar balde, homme d,affaire .
100 francois bangoura, historien .
101 Bachir KABA, Expert comptable .
102 Mansour DIALLO, Rédacteur Territorial Principal .
103 Camara Mendos camara, SUERVISEUR L'UNIVERSITE DE DROIT SETON US .
104 SOW Sanoussy, USA .
105 TOURE NEW JERSEY US MOULOUKOU, HOMME D'AFFAIRE .
106 SOVOGUI ANTOINE, ECONOMISTE .
107 TOURE ABOU, BIJOUTIER .
108 CAMARA ABOULAYE, MEDECIN ,,VETERINAIRE .
109 IBRAHIM BERETE, TRANSPORTEUR .
110 SACKHO KABA, COMMERGANT .
111 KABA SOULEYMANE, COMMERGANT .
112 DOUNBOUYA LAMINE, ING DES MINES .
113 OULARE DOUNTY, PROF .
114 KOUROUMA BAKARY, AGENT COMMERCIAL .
115 DIALLO ABDOUL SALAM, AGENT COMMERCIAL .
116 DIAKITE MOUSSA, EMPLOYER D'USINE .
117 KABA LANCINE, DEMARCHEUR .
118 Bilguissa BARRY, Mère de famille .
119 Mamadou Diakité, Homme d'affaire .
120 Mamadou Diakité .
121 FANTA DOUMBOUYA, COMPTABLE .
122 Mariam KOUROUMA, Secretaire .
123 sidiki TOURE, Ingenieur .
124 Soriba Sakho .
125 KONATE ABOUBACAR SIDY, PROFESOR-MAJORING IN POLITICAL SCIENCES AND INTERNATIONAL AFFAIRS .
126 KEITA .
127 Cécé Roger Haba, cultivateur .
128 Tidiane Traore, Economiste .
129 Amadou Diallo, IT .
130 Mariba Sawanè, Demarcheur (belgo-malien) .
131 Kalil Peira Kaba, Étudiant .
132 Anssoumane Sylla, Employé .
133 Namory Konaté, Employé .
134 Mamady Kaba, economiste .
135 Sidiki Nabé, Manageur .
136 Moussa Doumbouya, ingénieur (Quebec) .
137 Anssoumane Camara, Demarcheur (belgo-malien) .
138 Sidiki Nabé, Sociologue(Rotterdam) .
139 Seydou Kanté, Sociologue(France) .
140 Aïba Nabé, Commercante .
141 Anassa Diawara, Homme d'affaire(Belgique) .
142 Ismaël Kirami, Informaticien(Belgique) .
143 Saliou Diallo, Juriste-USA .
144 Ibrahim Kourouma, PHARMACIEN .
145 KOUYATE MAMADY, ARTISTE - INTERNATIONAL .
146 Souleymane Cissé, Etudiant .
147 Camara Ibrahima, Economiste .
148 Cheybou Condé, Juriste .
149 Mamadou Camara, Comptable .
150 ibrahim KABA, Informaticien .
151 mohamed conde, homme d'affaire .
152 Fodé S Camara, Archiviste .
153 Younoussa Barry, geographe .
154 MOREY M DORE, INGENIEUR .
155 Alseny DIALLO, Juriste .
156 Boubacar Telli DRAME, Economiste .
157 Mamadou Bobo BARRY, Chèf. ECRG/ Allemagne .
158 Fode Camara, Etudiant .
159 Boubacar Barry, Ingenieur .
160 Oumou K. Barry, Assistante de Direction .
161 Alpha DEM, Gestionnaire .
162 Alpha Ibrahima SOW, Médecin Vétérinaire .
163 LONCENY DABO, AIR GUINEE .
165 Rabiatou BARRY, Administrateur Civil .
166 Bachir Keïta, Peintre en bâtiment .
167 Ibrahima Capi CAMARA, Gestionnaire Comptable .
168 Hamidou Diallo, Ingenieur D´Etat Electronique .
169 LASSANA AIDARA, JURISTE .
170 Kadija Diallo, Elève .
171 Ramata Mme BOCOUM, Ingénieur agroalimentaire .
172 Amadou Bocoum, Ingénieur Informaticien(France) .
173 Aicha Traoré, etudiante(France rouen) .
174 kante mamady, transporteur .
176 Koumba Kordho Diallo, Assistant Professor .
177 Souleymane BAH, Ing. Agronome .
178 Ousmane Conte, Teacher - Revolutionist .
179 Amadou sadjo Barry, Etudiant .
180 Abdoulaye GUISSE, Administrateur .
181 Alpha Oumar Diallo, Enseignant .
182 Ramatoulaye Sow, Comptable .
183 Alpha Kabinet Sidimé, Etudiant en économie .
184 sogoni léonie beavogui, Etudiante en sciences -pò .
185 mamadou dioulde barry, etudiant en aes a paris .
186 Lamiya Barry, Ingénieur .
187 Julienne LAMA, Étudiante .
188 Lonceny Mara, Agronome .
189 Adama CAMARA, Médecin de santé publique .
190 Patriote citoyen, chomeur .
191 oumarou diallo alpha, etudiant .
192 Boubacar Sow, commercial .
193 Lancine Diawara, Poète, romancier, Montéal .
194 Ousmane Diallo, etudiant .
195 Mohamed Keita, Informaticien .
196 Sakoba DIALLO, étudiant .
197 Elhadj Oumar Diallo, Etudiant .
198 Mamadou Bah, Etudiant .
199 Mohamed Baba KEITA, Agent technique .
200 Mariama Diallo, Casemanager .
201 rokhaya ndoye, eleve .
202 JEAN SIDIBE, TRUCKER IN .U.S.A .
203 M BANGOURA, REVOLUTIONNAIRE .
204 ALIOU BARRY, CULTIVATEUR. .
205 AHMED TIDIANE BARRY, ETUDIANT .
206 amadou barry, machiniste operator .
207 NOUHOU HAMIDOU, AGRONOME .
208 mamadou diallo, informaticien .
209 Mohamed CAMARA, Maçon .
210 Mohamed Traore, Biologiste .
211 Fode Traore, Economiste(behinzin-conakry-Guinee) .
212 Sanoussy Traore, Etudient a Maryland, U.S.A .
213 Mamadou oumar BAH, Economiste (France) .
214 Papa Kader TOURE, Administrateur Civil .
215 Elhadj Oumar Diallo, Juriste .
216 oumarou diallo alpha, etudiant .
http://guineeactu.info/HTML/propositions-des-signataires-du-manifeste-odyssee-2010-et-de-l%E2%80%99appel-pour-des-assises-des-guineens-de-l%E2%80%99exterieur-pour-la-gestion-d%E2%80%99une-transition-apaisee.htm
Devoir de mémoire - Il y a 47 ans, le 25 Janvier 1971
- Détails
- Catégorie : Politique
- Mis à jour le lundi 29 janvier 2018 14:13
- Publié le lundi 29 janvier 2018 14:09
- Écrit par Association des victimes du Camp Boiro
- Affichages : 541
Association des victimes du Camp Boiro
Il y a 47 ans, le 25 Janvier 1971, notre pays fut le théâtre d’exécutions macabres sur toute l’étendue du territoire. Conscients des effets dévastateurs que ces assassinats et ceux de la chaine du gouvernement par complot du PDG ont sur l’histoire de notre nation, les membres et sympathisants de l’Association des victimes du Camp Boiro (AVCB) invitent la nation à se remémorer de cette page sombre de notre histoire.
Suite à l’attaque du 22 Novembre 1970 par des troupes coloniales portugaises pour libérer des prisonniers détenus par le PAIGC, une commission d’enquêtes dirigée par Mr. Alhassane Diop, alors ministre des Postes et Télécommunications, fut mise en place. La commission conclut que l’attaque avait utilisé la couverture d’opposants guinéens exilés. Mais qu’il n’y avait pas eu de complicités internes. Sékou Touré en personne avait annoncé que la Guinée était attaquée par des troupes colonialistes. Il avait demandé l’intervention des casques bleus de l’ONU. De sérieuses présomptions montrent que Sékou Touré était au courant de l’attaque. En effet, peu de jours avant le débarquement, les prisonniers détenus par le PAIGC avaient été transférés des prisons de l’intérieur du pays à Conakry, pour être plus accessibles à une attaque venant de la mer. Ce transfert avait été fait sans consultation du leader PAIGC de l’époque, Amilcar Cabral qui était absent de Conakry. Certains prisonniers étaient à l’hôpital Donka. Il est utile de rappeler que les troupes portugaises étaient au courant de leur localisation précise et les récupéreront sans difficultés.
Les forces de sécurité guinéennes avaient été mises en déroute par les assaillants. En effet, suite aux purges sanglantes de 1969 notamment, l’armée guinéenne était quasi-inopérante. La milice nationale que le PDG avait mise en place pour contrer l’armée, n’avait aucune formation militaire sérieuse. Elle était surtout spécialisée dans la délation, la prévarication et les provocations. Mais l’annonce d’une attaque étrangère avait indigné les guinéens. Les populations et plusieurs cadres du gouvernement se levèrent pour défendre leur pays malgré l’impopularité du régime. Parmi eux, on peut citer Barry III et Alhassane Diop qui organisèrent tant bien que mal la riposte.
Le conseil de sécurité de l’ONU tint une session extraordinaire pour condamner l’attaque portugaise. L’OUA, avec à sa tête Diallo Telli, fit de même. Une fois assuré du soutien international, Sékou Touré changea le ton. Il déclara le 8 Décembre 1970 que des réseaux de complicité existaient à l’intérieur du pays. La commission d’enquêtes dirigée par Alhassane Diop fut dissoute. Alassane Diop est sommé d’aller se reposer en Bulgarie. Sékou Touré nomme une deuxième commission d’enquêtes dirigée par son demi-frère, Ismaël Touré. Au bout de 24 heures, Ismaël conclut que l’attaque avait bénéficié de complicités à tous les niveaux de l’administration du parti et de l’Etat. Il accusa Alhassane Diop lui-même d’en faire partie en dépit des nombreux témoignages indiquant que ce dernier avait placé des miliciens sur différents endroits clés de Conakry pour faire face aux envahisseurs. Alhassane Diop sera arrêté et fera des aveux sous la torture. Il ne sera libéré que dix ans plus tard, grâce à l’intervention du président sénégalais, Léopold Sédar Senghor à la condition qu’il garde le silence sur les événements dont il fut un témoin clé.
Ainsi se poursuivra l’exécution d’un plan prémédité d’arrestations massives, de parodies de justice et d’exécutions sommaires en violation des règles les plus primaires de droit et d’humanisme. La prétendue « instruction judiciaire » des dossiers sur des accusations de graves crimes de complicité de guerre ne dura que 58 jours. Elle consista à des « aveux » arrachés par les tortures et la famine. En même temps, le PDG engagea des campagnes contre les personnes arrêtées avec des slogans de « traitres », de « mercenaires », « d’apatrides ». Les campagnes étaient relayées jour et nuit par l’unique radio du parti. L’appareil judiciaire - avec toutes ses règles - fut mis à l’écart des enquêtes et de l’instruction. Les instances du parti furent érigées en « tribunaux populaires ». Elles encouragèrent la délation et des règlements de compte anonymes. Les accusés étaient jugés en leur absence dans tout le pays – sans égard de lieux des prétendus crimes - par des acclamations publiques des foules chauffées à blanc par les incessantes et hystériques campagnes médiatiques.
Le 25 Janvier 1971, des cadres connus pour leur probité morale et politique furent pendus à Conakry en plein centre-ville : Barry III, Baldet Ousmane, Magassouba Moriba et Keita Kara de Soufiana. Chacune des trente régions de la nation reçut un lot de deux personnes à pendre. L’identité de certaines de ces victimes reste encore inconnue. Le PDG déchaîna des instincts de barbarie jusque-là inimaginables dans nos sociétés. Les foules furent incitées à mutiler les corps des victimes, dans une atmosphère d’hystérie dénuée des formes élémentaires de décence morale et accompagnée de chansons improvisées. Les familles ne seront jamais notifiées des lieux d’enterrement des victimes. Elles furent soumises à des menaces et à des chantages au silence. Leurs biens furent volés par les dignitaires du parti. Certains de ces biens n’ont toujours pas été restitués à leurs légitimes ayant-droits.
Suite aux exécutions du 25 Janvier 1971, le régime marqua une pause de quelques mois avant d’engager d’autres purges qui culmineront le 18 Octobre 1971 et verront l’extermination de l’élite guinéenne et la soumission des populations à une psychose de peurs et de tourmentes.
Les douleurs accumulées et non gérées de la terreur du PDG planent sur notre nation. Le refus de les confronter par les gouvernements successifs met la cohésion de notre nation en danger. Il engendre un déficit citoyen incompatible avec la démocratie que souhaitent les populations de notre pays.
En ce jour de mémoire, notre association en appelle à tous les guinéens épris de justice pour exiger la restauration de la vérité historique et l’éradication du silence coupable des dirigeants. Nous demandons au gouvernement guinéen d’engager des efforts sérieux pour que cette époque de notre histoire soit éclairée. Au premier chef, il doit abandonner la réhabilitation déguisée de Sékou Touré à laquelle il se livre pour des gains ethniques éhontés.
Nous invitons tous les leaders politiques et de la société civile à se joindre à cette lutte indispensable pour que la démocratie prenne pied dans notre pays. Toute hésitation de leur part dans cet effort ruinera le message de changement qu’ils prônent.
Nous encourageons la société civile à veiller à ce devoir de mémoire dont dépend le salut de notre nation.
Nous implorons le Tout-Puissant pour qu’il accorde sa miséricorde aux nombreuses victimes du PDG et des régimes successifs en Guinée.
Nous réitérons notre engagement pour que les sacrifices ultimes des victimes de la violence politique dans notre pays soient des pierres dans la construction d’une Guinée viable et démocratique.
Le Bureau de l’AVCB.
Manifeste Guinée Odyssée 2010
- Détails
- Catégorie : Politique
- Mis à jour le vendredi 12 janvier 2018 16:21
- Publié le vendredi 12 janvier 2018 16:21
- Écrit par Saïdou Nour Bokoum
- Affichages : 916
UN BLUFF POLITICO-ADMINISTRATIF
Le tableau socio-économique qu’offre la Guinée est si effroyablement complexe, qu’il défie toute analyse.
Tout a été ressassé à propos de ces vingt ans de pseudo- libéralisme. Un quarteron de putschistes galonnés, avec une horde de prédateurs diplômés ( pas plus de deux cents), à qui ils ont passé le relais, ont continuellement fait main basse sur les richesses du pays par une gestion organisée autour de deux ou trois « concepts » ravageurs.
Ce sont notamment l’ethno-stratégie et le bluff, habilement maniés par une technostructure mise au point par un banc de perroquets ( les médias publics entre autres), qui prospèrent en caquetant à la suite du F.M.I., de la Banque mondiale et d’autres institutions prolixes : Cadrage macro-économique, tableau de bord, sécurisation des recettes et autres passes lénifiantes.
L’épaisse brume de supercherie qu’est-ce l’ethno stratégie, a recouvert une bonne frange des couches sociales, y compris les plus démunies, qui assure qu’aucune alternative politique n’est plus possible, puisque au sommet de l’édifice politique, nulle composante ethno- régionale ne pourrait recueillir le consensus national nécessaire, au motif précisément, qu’elle ne représenterait qu’elle-même, à l’exclusion des autres. Et de triompher :
« Heureusement qu’il y a un Etat –O miracle ! -qui fonctionne malgré tout, alors pourquoi en changer » !
Etrange et commode pétition de principe qui permet tous les tripotages de la constitution, des institutions et des différentes consultations- mascarades. Ne parlons même pas de cet autre anathème infamant qui disqualifie politiquement toute cette Guinée expatriée, la Guinée des Guinéens-étrangers, ces indigènes qui troublent le sommeil de ceux qui pensent que la Guinée est un gâteau qu’il n’est pas bon de partager.La force et le fonctionnement durable de ces constructions mystificatrices, tiennent dans l’occultation du mensonge qui les sous-tend.
Il est notoire que c’est une poignée de Guinéens, pas plus de 200, qui sont les architectes de toutes les ruines de notre pays, kaléidoscope certes brouillé, mais représentatif du spectre national de nos régions. Toutes nos ethnies se retrouvent dans ce margouillis où barbotent ces faux frères, experts en détournements de tous ordres, Toucouleurs, Koniaguis, Manons, Peuls, Kissi, Guerzés, Maninka-tan et Maninka-fu.. Il y a même des Sino-Libanais-, des Ukréno-hindous, des Italo-djakankés..et bien d’autres S.D.F. (sans domicile fixe ) de la mondialisation devenus riches compradores avec la complicité d’une bureaucratie « nationale » corrompue.
Voici donc le grand Bluff qui permet à une poignée de chauves-souris de se suspendre sur les branches dangereusement alourdies de tous ces fruits qu’ils mordent si rageusement, au risque de toutes les casser. Entre deux bouchées obscènes, ils ont l’outrecuidance de crachoter :
« Tout est bloqué à cause de l’ethno-composition de nos partis politiques ».
Entendez, ceux qui ne sont pas aux affaires, qui s’agitent sous l’arbre de leur bombance, d’où ne tombent que les noyaux et les pelures qu’ils balancent !
Ceux qui ont suivi le baptême du P.U.P.( Parti de l’Unité et du Progrès, mouvance présidentielle ) à Mamou, se rappellent que ce dernier était présenté par ses idéologues, comme le seul parti vraiment national.
Vrai et faux !
Vrai parce que, il y a du tout national et ethnique dans ce qui est devenu un conglomérat politico-administratif.
Faux, parce que ce qui a fini par y triompher et qui est son cœur, ne bat plus dans l’intérêt de toute la nation. Cela fonctionne selon le fameux concept de Gramsci, bien oublié de nos jours de déclin de la réflexion honnête, qu’il appelait le pouvoir hégémonique de l’intellectuel organique. Pouvoir essentiellement culturel, mais éminemment idéologique, et susceptible de toutes les perversions mystificatrices.
Une petite minorité peut ainsi en principe, régner ad vitam aeternam , jusqu’à ce que l’Histoire un jour, en décide autrement. L’alliance de cette petite bourgeoisie, ( en sa frange opportuniste des grands commis de l’Etat ) avec ces figures bien connues de notre Import-export aux ordres, ne fonctionne que parce qu’elle manie la manne, le nerf de la guerre, nos finances publique et privées.
Et quand on sait qu’un modeste fonctionnaire ( qu’il soit P.U.P. ou pas ), traîne après lui une vingtaine de pauvres diables souvent analphabètes, on peut juger de la force de persuasion de ces 200 milliardaires, étroitement alliés aux ministres, préfets, sous-préfets, etc.
Les élections ne sont organisées que pour formater ces hold-up de Cols blancs, dans le moule démocratique de la bonne gouvernance, exigée de nos bailleurs de fonds.
Mais aujourd’hui rien ne va plus. Non pas seulement à cause de l’effacement physique de qui l’on sait, dans la conduite des affaires au sommet de l’Etat. En effet les trémolos sur le dialogue actuellement entonnés par les ténors de l’autorité publique, ne sont qu’un des symptômes de ce blocage généralisé de toutes les institutions.
UNE GOUVERNANCE CALAMITEUSE
Blocage découlant d’une gouvernance indécrottablement calamiteuse. En vrac, voici quelques-uns de ses records :
1000 milliards(1) de FG d’endettement du Trésor à l’égard de la B.C.R.G., glissade qui engage l’économie guinéenne dans une zaïrisation irrémédiable.
- sous-équipement dans tous les secteurs : infrastructures de communications restées quasiment telles quelles depuis l’époque coloniale, voire en deçà. L’axe Conakry-Kankan est retourné à l’état honteux hérité de la première République. Il y aurait peut-être quelques tronçons en Basse-Guinée et en Région forestière encore praticables, îlots bénis qui narguent l‘équité et l’unité nationales,
- L’exploitation et la gestion de l’eau et de l’électricité, font aujourd’hui la honte de la Guinée sur l’ensemble du Continent. Depuis plus de deux ans, il n’y pratiquement plus d’eau courante, ni d’électricité plus de deux heures de suite dans un même quartier de la capitale.
- Ainsi, La Guinée ( où se trouve le château d’eau de l’Afrique de l’ouest ), est réduite à mendier une desserte par le barrage sahélien de Manantali , que nos dirigeants successifs ont sottement boudé lors de sa mise en place.
- L ’hygiène et la politique de la santé publique, sont à l’image du délabrement économique généralisé. Les deux grands centres hospitaliers de la capitale, malgré leurs ravalements successifs, et la présence de médecins compétents dont plusieurs sont des agrégés et la plupart dévoués, sont si mal équipés, qu’ils sont réduits à n’être plus que des cités de transit, des mouroirs. Au mieux, des centres d’évacuation des malades vers Dakar, Bamako ou l’Europe, pour les nantis. Les quelques centres de santé dispersés dans nos campagnes, n’existent et ne fonctionnent qu’avec l’aide de nos partenaires de développement. Pendant que les médicaments acquis au prix fort de nos maigres devises, se retrouvent dans les pharmacies par terre, autre trafic méticuleusement organisé par certains agents de la fonction publique, en collusion avec certaines officines privées,
- La sécurité en Guinée se vend sous forme de cassettes vidéo comme des petits pains dans la sous-région. En effet le fameux Procès des gangs, devenu célèbre feuilleton, a
presque occulté l’horreur quotidienne dont il ne fut que la superproduction en télé-réalité.
Certes, l’insécurité est un mal qui frappe toutes les métropoles africaines. Mais celle de Guinée est, comme tous les maux qui hantent les Guinéens, unique en son genre. Ces jeunes tueurs sortent de nos cours communes, de nos « entrées-coucher », vont tuer dans d’autres « concessions », ou villas cossues, ramènent leur rapine sanglante dans les mêmes masures, pour le plus grand bien de nos parents, notables et paisibles fidèles de nos mosquées, dont la densité au kilomètre- carré est peut-être la plus forte dans la sous-région.
Notons au passage cette immonde redistribution des biens, dont les ordonnateurs ne sont pas seulement ces jeunes capturés et aussitôt libérés dès lors qu’on a jeté en pâture leurs mines patibulaires à la télévision. On sait leur collusion avec certains « corps habillés » lors de ces mises en scènes criminelles dans lesquelles ils ne sont souvent que des comparses ! C’est dire que le délabrement moral et spirituel est à la mesure de la misère économique. Cette déliquescence des mœurs, dans la drogue, l’alcool, et la prostitution qui frappe les couches juvéniles, n’épargne aucune localité.
Heureusement, si l’on peut dire, que les voies de l’exil sont ouvertes à nos jeunes diplômés, qui s’y ruent par dizaines de promotions, à défaut de pouvoir s’employer dans une administration pléthorique et verrouillée par ceux-là mêmes qui ont confisqué tous les biens publics. Ailleurs où la corruption est aussi répandue, on détourne X pour cent du financement de tel projet, mais le projet finit par voir le jour.
-En Guinée, c’est le projet tout entier qui est détourné. Comme le disait l’inénarrable Sassine, « en Guinée, c’est tout l’Etat qui est privatisé. Et nos fonctionnaires « privatiseurs » peuvent bâtir des fortunes colossales, tout en narguant la population dans des cylindrées, véritables châteaux qui déversent leur trop- plein de carburant volé sur nos mauvaises routes.
Comment tant d’insolence destructrice peut-elle fonctionner plus d’une décade dans un Etat dit de droit ?
Mais peut-on parler d’Etat de droit, quand toutes les institutions ne sont plus que des cadavres où grenouillent des colonies de vermine qui boivent à la même coupe servie à la barbe de celui-là même qui est réputé en être l’ultime gardien ?
Peut-on gérer tout cela avec les sempiternels sermons, faits de paternalisme bon enfant, et de discours villageois ?
Qu’en attendre, sinon qu’après, les mêmes voleurs comme il les qualifie lui-même, continuent impunément leurs méfaits économiques, en vertu des décrets du même, qui les maintient là ?
La mamaya des ex-révoltées d’ENIPRA en faveur du plébiscite de Lansana Conté en 2003, par delà les recettes habituelles bien éprouvées pour réussir ce genre de retournement, notamment le fric, la corde tribale et le matraquage médiatique, prouve tout de même, cette vérité qu’a lancée ce thuriféraire du plébiscite lors d’un rassemblement : « Ce que femme veut, Dieu le veut ! .
Comme déjà en août 1977 !
Quant aux commerçants, tant de fois sermonnés et vilipendés lors de ces farces villageoises pour séries télévisées, ils donnent l’impression que tout ceci n’est que pour rire, comme entre larrons en foire. Comme ce cruel dénouement de la dernière crise du riz : sa flambée ( aux alentours de 90000 fg ), quelques jours seulement, après les solennelles promesses de baisse, lancées avec pompe par les autorités et les grands importateurs.
Les parents de Coyah, repentis en lieu et place de leurs enfants excédés par une bavure mortelle des maniaques de la gâchette facile, se sont entendu réclamer le remboursement des dégâts faits à quelques symboles de cette incurie érigée en République de Doumbélane.
Ces pantomimes aussi bruyantes qu’inoffensives, cachent mal l’incompétence dont elles se nourrissent. De fait, tout recours est devenu irrémédiablement vain auprès des résonateurs que sont le Conseil économique et social, le Conseil national de la communication, la Chambre de commerce, la Cour suprême, le Parlement ( du moins pour les grands contentieux politiques et institutionnels ). Le référendum de 2003 n’a-t-il pas définitivement verrouillé en les caporalisant, toutes ces institutions en un système de clientélisme gérontocratique, qui survit au moyen d’une privatisation-personnalisation généralisée ? (Bien évidemment, les compétences intrinsèques des titulaires de ces fonctions ne sont pas en cause ).
En effet, les prix du ciment, du riz et de toutes les denrées de première nécessité sont en perpétuelle grimpette, inabordables pour le Guinéen moyen, malgré les coups de gueule et les sermons lancés par le « pater familias » : « Foué » !
Autant en emporte le vent !
La suite au prochain Pessè, comme pour cette énième grève de la C.N.T.G. ?
En vérité, le Pouvoir est devenu introuvable. Nous l’avons dit : Il n’y a plus de pouvoir judiciaire, il n’y a plus de Parlement. Il n’y a même plus de gouvernement, malgré les apparences. Puisqu’il n’y a plus de conseils de ministres depuis belle lurette.
Plus grave : il n’y a plus de partis politiques !
Tout est bloqué.
UN PAYS EN ETAT DE COMA POLITIQUE AVANCE
Le pays est comme un malade entubé dans une salle de réanimation livrée à ces délestages d’électricité et d’eau, auxquels sont accoutumées les populations de la capitale guinéenne. La décence nous commande de ne pas aller plus loin dans le détail de ce sombre tableau clinique.
Il n’y a plus de partis politiques ?
Provocation, dira-t-on.
Mais comment dire les choses autrement, quand depuis 1993,date d’entrée en vigueur de la scélérate « loi anticasseurs », les partis politiques ne peuvent plus agir ? Les quelques marches organisées au tournant des années 93-94, ont viré aux bastonnades, émaillées de bavures violentes, voire de meurtres qualifiés (grenade de Kamsar, assassinats à Mamou, à Kankan, au Camp Alpha Yaya, à Coyah, à l’Institut polytechnique, à l’Université de Kankan, à Faranah, et plus récemment alors qu’on parle d’élections, ces tirs à balles réelles sur des élèves de Dalaba.
Ne parlons pas de la politique d’intimidation dont les dirigeants des grands partis ont chèrement payé de leur personne : Ahmed Tidiane Cissé (après le fameux meeting du R.P.G. au stade de Coléah),Bah Oury, Bah Mamadou, Alpha Condé, Jean-Marie Doré, tous ces étudiants bastonnés voire torturés ou morts, et ces militants anonymes embastillés ou sur lesquels pèse l’épée de Damoclès de la déchéance de leurs droits civiques à chaque élection.
Pour parfaire ce musellement de la démocratie, souvenons-nous de l’encadrement des élections précédentes par l’omniprésence de la soldatesque surarmée et nerveuse, au point que les pauvres citoyens, parfois venus de très loin à pied, n’ont qu’une hantise, jeter dans une urne souvent béante, n’importe quel papelard, pour se tirer d’affaire au plus vite. Si l’on ajoute à cela les mille trucages, pour « sécuriser » (mot galvaudé par nos grands commis de l’Etat) ce que la mise aux enchères des consciences n’a pu garantir, on comprend le coup de grâce administré aux chefs de l’Opposition guinéenne.
On sait que les masses guinéennes ont largement donné leur dîme de sacrifices et de martyre dans le combat pour l’instauration d’un Etat de droit, plus de vingt ans après les horreurs du camp Boiro.Ca et là, avant ou à la suite d’élections truquées, des morts il y en a eu, peut-être plus qu’au Mali, au Togo, à Madagascar, pour la Côte d’Ivoire, attendons de voir. Et pourtant, dans ces pays, la dynamique du changement est en route et a abouti parfois à des changements significatifs, même quand les forces de l’immobilisme sont revenues ( Togo ). Partout sauf en Guinée, on a cessé de tourner en rond, comme en témoignent les acquis politiques, économiques, ou démocratiques dans ces pays, où une presse libre écrite, audio ou même audio-visuelle s’est épanouie.
Est-ce suffisant pour expliquer la mithridatisation de nos citoyens dont le souci principal reste la quête quotidienne du minimum vital, pourtant devenu l’un des plus faibles dans la sous-région ? En Guinée, nos hommes politiques, toutes tendances confondues, ont su éviter les surenchères qui ont conduit ailleurs à la guerre civile ( notons au passage que ce mérite-là, qui n’est pas négligeable, le président actuel le partagera avec eux). Mais est-ce là la seule raison à cette impasse totale actuelle ?
L’appel incantatoire au dialogue, comme solution à une sortie de crise, semble avoir abouti à un magistral tour de passe-passe. Malgré les pirouettes verbales qui encombrent nos ondes et toutes les conversations privées, l’entrée en scène de ce nouveau sésame que serait devenue la « société civile », ne signifie qu’une chose : La menace de disqualification d’une certaine classe politique. Appelons un chat un chat : les chefs des grands partis semblent tourner en rond autour du vide politique actuel, rempli par l’écho récurrent du tam-tam appelant aux plébiscites passés et à venir. Mais ce vide bien sonore est un champ de bataille rude, qui ne saurait être rempli par on ne sait quelle société civile commanditée par les commis de l’Etat, en lieu et place des masses tétanisées et atomisées par une misère sans nom.
Que faire s’il n’y a ni guerre ni dialogue ? Que faire quand toutes les institutions ont cessé de fonctionner ?
D’abord faire le constat d’une évidence : il n’y a plus d ‘Etat de droit. Et quand il n’y a pas d’Etat de droit, nous sommes bel et bien dans un état de non droit. Ce feuilleton burlesque de tous ces rendez-vous manqués d’un prétendu dialogue illustre bien notre propos qui est loin d’être sévère : nos hommes politiques ( chacun selon les épisodes ), s’épuisent à aider ceux qui y trouvent un intérêt à brasser du vent.
Car le Président l’a dit et répété, ceux qui veulent dialoguer doivent tous se mettre « derrière lui.. Le partage du pouvoir en Afrique est une fabrication des Etrangers.. »
Certes, nous entendons bien que tout citoyen ou tout groupe de citoyens puissent s’exprimer dans un colloque, lors d’une table ronde. L’action syndicale ou celle de tout autre groupement social ou culturel, manifestent une expression spécifique de la société civile. Mais nulle part ailleurs, nous semble-t-il, l’Histoire n’a enregistré le dénouement d’une crise de l’envergure de celle que connaît la société et l’Etat guinéens, par cet espèce de ping-pong inoffensif.
Au total, le dialogue que prône l’Administration, et prétendument voulu au sommet de l’Etat, n’est qu’un piège, un subterfuge, une manœuvre dilatoire pour faire illusion, pour gagner du temps, et pourquoi pas, des fonds auprès de nos bailleurs de fonds qui n’attendraient que quelques gestes de bonne gouvernance « pour au moins soulager les pauvres populations qui n’en peuvent plus ».
Il peut sembler paradoxal, voire faire preuve de mauvaise foi, que d’affirmer que la récente publication des décrets satisfaisant aux exigences de l’opposition et des bailleurs de fonds, ne fait qu’illustrer ce qui précède.
En effet ni la composition de la C.N.A. ( commission nationale autonome, alors que l’opposition exigeait une C.N.I., commission nationale indépendante), ni le décret de libéralisation des ondes ( parus alors qu’il est impossible aux partis politiques d’en profiter pour la raison évidente que de nouveaux médias ne peuvent être techniquement fonctionnels avant les municipales fixées au 18 décembre ), ne seront susceptibles de dénouer la crise guinéenne actuelle. L’apparente volte-face des autorités pour satisfaire aux doléances de l’opposition est un coup de génie pour rafler la mise, sans pour autant garantir une sortie de crise.
Attendons de voir, car comme dit le philosophe du maquis, « la preuve d u lafidi, c’est qu’on le mange. ».
D’ici-là, chacun sait que l’enjeu véritable n’aura lieu qu’en 2010 !
En attendant, la vie des Guinéens est devenue impossible et la situation explosive.
Depuis les augmentations insensées du prix du carburant en Guinée, nous frôlons la catastrophe humanitaire. Donc 2010 n’est au mieux qu’un mirage dans un désert mortifère pour les masses guinéennes.
Pensons à tous ces jeunes (dont des Guinéens), qui meurent dans le désert du Sahara ou dans les flots des mers lointaines, si ce n’est de froid dans les trains d’atterrissage, comme Yaguine et Fodé ! Mendiants-errants, tristes ambassadeurs d’un pays de fantômes, qui ressemble de plus en plus à un cimetière d’espoirs.
QUE FAIRE ?
Aujourd’hui, la classe politique guinéenne, si elle veut être digne de ses devanciers de 1958, doit s’extirper de ce sombre feuilleton et prendre la décision solennelle qui ouvrira la voie à une véritable alternance, celle du choix d’un homme de consensus, pour conduire l’organisation et la mise en œuvre d’un programme de gouvernement de transition.
C’est là un des préalables à la première véritable initiative pour reprendre le combat politique qui s’est pratiquement interrompu dès 1993, après la loi anticasseurs.
Le choix d’une personnalité de consensus pour conduire ce nouveau combat politique entraînera des conséquences cumulées propices à mobiliser l’ensemble des forces qui veulent réellement mener le combat pour l’alternance et le progrès.
- C’est d’abord l’effet d’annonce de la mobilisation de tous les leaders autour d’une personnalité unique, qui serait considérable, puisque cela les laverait de cette suspicion nocive qu’ils ne rouleraient que chacun pour soi, derrière une façade d’unité, en vue d’occuper le moment voulu, l’unique fauteuil présidentiel. Levée cette suspicion, une autre tare inventée par la bande des 200( mais pour être juste, ce chiffre devrait être revu à la baisse, ce nombre de hauts commis de l’Etat étant gonflé par tous ces honnêtes cadres, enrobés par la machine hiérarchique), oui, ce consensus retrouvé tordrait le cou à cet autre mythe qu’un Soussou , ou un Malinké, un Peul, un Ressortissant de la Forêt etc. , ne serait pas accepté comme Président, comme si aujourd’hui le pays était gouverné par un Mandjack ou par un Bija de Bingerville !
- Ensuite, l’initiative politique passerait dans le camp des forces du progrès, affaiblissant de façon significative les détenteurs de l’appareil politico-administratif, malgré ses énormes moyens financiers et militaires.
Au total, l’unification du combat politique derrière une personnalité de consensus, mettrait pour la première fois sur la défensive, les hommes du PASSIF, qui prospèrent dans le malheur actuel de nos populations. En effet depuis 1995,voire 1993, les partis politiques se sont passablement résignés au légalisme parlementaire, qui s’est révélé infécond.
Nous entendons déjà l’objection :
A quoi bon cette stratégie, un coup d’Etat étant la seule et ultime action susceptible de mettre fin au blocage actuel !
Mais à supposer que par quelque opération du Saint-Esprit, un Jeune Soldat-président ( comme il est « révélé » dans un fameux tract qui circulait récemment à Conakry), prenne le Pouvoir, qu’espèrent donc les tenants de cette éventualité ? Que ce miraculé leur remette le « Kibany », comme ça ?Et auquel des chefs de partis va-t-il le remettre si gracieusement ? Selon quelles modalités, puisqu’il ne sera probablement plus question de principes politiques démocratiques ? A moins que nos dirigeants démocrates, adeptes à l’occasion de coup d’Etat ne se satisfassent d’une 3è République militaire qui durerait combien de lustres encore, après un demi-siècle de dictature sanglante et molle ?
En vérité, la probabilité d’un putsch patriotique qui n’est assurément pas à écarter, ne dispense pas la classe politique d’apprêter un programme de transition. Le premier geste éminemment symbolique, mais non moins politiquement significatif, attendu de la classe politique, toutes tendances confondues (puisque toutes comptent des patriotes, de la mouvance présidentielle à l’autre extrême de l’opposition ), serait le choix consensuel d’un rassembleur. C’est même l’hypothèse d’une telle accélération inconstitutionnelle des évènements, qui commande la nécessité et l’urgence d’un programme d’actions conduit par une seule personnalité, selon une stratégie consensuellement mise en place. Ainsi, la pression de nos partenaires de développement, qui comme chacun sait, ne tolèrent plus les régimes militaires, passé un délai raisonnable connu seulement d’eux, conjuguée avec une mobilisation déterminée de tous ceux qui n’en peuvent plus, enclencherait une dynamique de remise en route des actions de masse qui seules, conduiront à la mise en place des institutions et des structures indispensables à l’organisation d’élections libres et transparentes
Malgré la fin de non recevoir que cette suggestion avait reçue de la part des acteurs politiques, ( pouvoir et opposition, hormis feu Alpha Sow ), nul doute que la plupart de nos chefs de partis sont des patriotes. Vous avez donc messieurs, encore le temps de rassembler l’immense majorité des Guinéens qui sont aussi des patriotes autour d’un autre patriote, qui pourrait être l’un de vous et dont le portrait est simple à faire :
C’est un portrait qui se ramènerait à un engagement, celui d’être un homme de rassemblement, de consensus et d’action. Sa mission se terminerait dès la fin d‘élections libres et transparentes, en vue d‘élire un Parlement plus conforme au paysage politique dans sa diversité. Ce qui donnerait la possibilité d’organiser dans un futur proche, des élections pour le choix d’un Président, dans des conditions également libres et transparentes.
Ce travail titanesque, s’unir par delà toutes les frontières ethno-régionales, politiques, personnelles, les Guinéens l’ont fait en 1958.Ils avaient alors projeté une lumière pour toute l’Afrique, mais qui hélas s’est enténébrée dans les ornières macabres que l’on sait.
Mais un peuple averti..
L’Histoire condamnerait encore une nouvelle génération politique, qui laisserait cette lueur patriotique s’enliser dans les illusions des ego, éternels tombeaux des idées et des actions de progrès.
Enfin, ces propositions devraient émaner du cœur même du peuple de Guinée, qui battrait du même pouls lors d’ASSISES NATIONALES DE LA SOCIETE CIVILE, dont nous appelons la tenue en Guinée le plus tôt possible. La mise en œuvre de cette proposition serait mieux préparée par LE REPORT DES PROCHAINES ELECTIONS COMMUNALES
(1 ) chiffre à revoir en hausse alors que le tableau socio-économique est encore plus sombre aujourd’hui .
SIGNATURES :
1 Saïdou Nour Bokoum, écrivain
2 Thierno Monénembo, écrivain
3 Alpha Ousmane Barry, écrivain
4 Dr Sylla Cheick Ousmane, médecin,
5 Dr Seydouba Cissé, médecin
6 M. Mamadou Dia, Directeur de société
7Dr Thierno Bah, écrivain, médecin
8 Maligui Soumah, écrivain, Professeur
9 M. Sidi Diarra, Professeur
10 M. Mamadou Sissoko, Ingénieur
11 M. Tidiani Bocoum, directeur de Société
12 M. Ibrahima Sorry Camara, Electricien
13 Mme Souadou Ba, épouse Dia, Agent commercial Air Afrique ( à la retraite )
14 M. Doubani Keita, Pharmacien
15 M. Saïdou Sissoko, Professeur
16 M. Oumar Guissé, Ingénieur Ponts et Chaussées
17 Mme Fatoumata Cissé, Enseignante
18 M. Macky Dia, Ingénieur du Bâtiment
19 M. Sékou Ly, Expert Comptable
20 M. Mamadou Nabé, Pharmacien
21 M. Mouctar Bocoum, Economiste
22 M. Moustapha Gadgigo
23 Mme Bintou Camara, secrétaire
24 M. Madani Dia, Directeur de Société
25 M. Ibrahima Bassoum, Entrepreneur
26 M. Mamadou Bah, Professeur
27 M. Thierno Hadia Diop, Juriste
28 M. Macky Bah, Directeur de Société Transit
29 M. Mamadou Oury Diallo, étudiant
30 Ousmane Haïdara, Ingénieur financier
31 Malick Condé, Chef d’Entreprise
32 M. Cheick Oumar Kanté, Ecrivain
33 Ansoumane Camara.
34 Soumaré Bocar .
35 Soriba Travaly, Administrateur de société.
36 Mamadou BALLO, Professeur.
37 Lanciné KOMARA, Professeur.
38 Sékou KABA, Artiste graveur.
39 Aly N'DIAYE, Chercheur.
40 Nasoba TRAORE, Femme d’Affaires.
41 Mamadou SANOGO, Administrateur civil.
42 Ibrahima DIALLO, Etudiant.
43 Amadou Sadio Diallo, Journaliste.
44 Mamadou Oury Barry, rédacteurs ECRG/Allemagne.
45 Bocar Soumaré.
46 Sakho Aboubacar, Juriste, Directeur du site de L'Observateur .
47 Ibrahima Bocoum, Administrateur.
48 Mouctar Baldé, économiste.
49 Babou Cissé, Entrepreneur.
50 moustapha camara sanguiana, étudiant.
51 KOUROUMA LANSANA, MEDECIN- VETERINAIRE.
52 FOFANA ZAKARY, COMMERCANT.
53 CAMARA HASIMOU, COMMERCANT.
54 KOUYATE MOHAMED, ARTISTE.
55 KOUYATE MAMADI, ARTISTE .
56 DIALLO DALANDA, MEDECIN .
57 CONDE MOUSSA, SOCIOLOGUE .
58 SANO BABA, TAXIMAN .
59 KEITA KARAMO, COMMERGANT .
60 BARO SIDIKI, ELECTRONICIEN .
61 CAMARA JOSEPH, SOCIOLOGUE .
62 FALL ALAIN, BUNNESMAN .
63 SACKHO MOHAMED, RESTAURATEUR .
64 CONDE MAMA, AIDE -INFIRMIERE .
65 CANAL JOSEPHINE, AIDE INFIRMIERE .
66 FOFANA SARAGBE, COIFFURE .
67 TOURE AISSATOU, COIFFURE .
68 FOFANA NAGNOUMA, ELEVE .
69 FOFANA LANCINE, ETUDIANT .
70 FOFANA MAMADI, ETUDIANT .
71 CONDE MORY, COIFFURE .
72 BALDE ABDOULAYE YERO, ETUDIANT .
73 DOUNBOUYA DJIBA, CHAUFFEUR .
74 BARRY OUMAR, ADMINISTRATEUR .
75 TOURE MASIATA, AIDE -INFIRMIERE .
76 LENO SOBA, AIDE ASSISTANT .
77 DABO AMADOU, RESTAURATEUR .
78 DABO SOULEYMANE, CONTRUCTION .
79 CONDE AISSATA, COIFFURE .
80 SOUARE VASING, ELECTRONICIEN .
81 PAUL MOUSSA DIAWARA, JOURNALISTE .
82 lamine kaba, electronicien .
83 MAMADI KABA, CONSULTANT .
84 SIAKA CISSOKO, Juriste, Homme d'Affaires .
85 oumar savane, entrepreuneur .
86 Lamine Cissé, Economiste .
87 Aboubacar Barry, Enseignant .
88 Oumar Taliby KABA, Informaticien .
89 CAMARA SOULEYMANE, COMPTABLE .
90 Lamine Sow, Consultant .
91 Fakolykoumba DOUMBIA, Juriste .
92 Touré Amara, Commercant .
93 Mohamed Lamine KEITA, Economiste .
95 Mamadou Timbo DIALLO, Commercant .
96 sanoussi bantama sow, economiste .
97 ibrahima bah, chimiste .
98 kadidia diaye, economiste .
99 mouctar balde, homme d,affaire .
100 francois bangoura, historien .
101 Bachir KABA, Expert comptable .
102 Mansour DIALLO, Rédacteur Territorial Principal .
103 Camara Mendos camara, SUERVISEUR L'UNIVERSITE DE DROIT SETON US .
104 SOW Sanoussy, USA .
105 TOURE NEW JERSEY US MOULOUKOU, HOMME D'AFFAIRE .
106 SOVOGUI ANTOINE, ECONOMISTE .
107 TOURE ABOU, BIJOUTIER .
108 CAMARA ABOULAYE, MEDECIN ,,VETERINAIRE .
109 IBRAHIM BERETE, TRANSPORTEUR .
110 SACKHO KABA, COMMERGANT .
111 KABA SOULEYMANE, COMMERGANT .
112 DOUNBOUYA LAMINE, ING DES MINES .
113 OULARE DOUNTY, PROF .
114 KOUROUMA BAKARY, AGENT COMMERCIAL .
115 DIALLO ABDOUL SALAM, AGENT COMMERCIAL .
116 DIAKITE MOUSSA, EMPLOYER D'USINE .
117 KABA LANCINE, DEMARCHEUR .
118 Bilguissa BARRY, Mère de famille .
119 Mamadou Diakité, Homme d'affaire .
120 Mamadou Diakité .
121 FANTA DOUMBOUYA, COMPTABLE .
122 Mariam KOUROUMA, Secretaire .
123 sidiki TOURE, Ingenieur .
124 Soriba Sakho .
125 KONATE ABOUBACAR SIDY, PROFESOR-MAJORING IN POLITICAL SCIENCES AND INTERNATIONAL AFFAIRS .
126 KEITA .
127 Cécé Roger Haba, cultivateur .
128 Tidiane Traore, Economiste .
129 Amadou Diallo, IT .
130 Mariba Sawanè, Demarcheur (belgo-malien) .
131 Kalil Peira Kaba, Étudiant .
132 Anssoumane Sylla, Employé .
133 Namory Konaté, Employé .
134 Mamady Kaba, economiste .
135 Sidiki Nabé, Manageur .
136 Moussa Doumbouya, ingénieur (Quebec) .
137 Anssoumane Camara, Demarcheur (belgo-malien) .
138 Sidiki Nabé, Sociologue(Rotterdam) .
139 Seydou Kanté, Sociologue(France) .
140 Aïba Nabé, Commercante .
141 Anassa Diawara, Homme d'affaire(Belgique) .
142 Ismaël Kirami, Informaticien(Belgique) .
143 Saliou Diallo, Juriste-USA .
144 Ibrahim Kourouma, PHARMACIEN .
145 KOUYATE MAMADY, ARTISTE - INTERNATIONAL .
146 Souleymane Cissé, Etudiant .
147 Camara Ibrahima, Economiste .
148 Cheybou Condé, Juriste .
149 Mamadou Camara, Comptable .
150 ibrahim KABA, Informaticien .
151 mohamed conde, homme d'affaire .
152 Fodé S Camara, Archiviste .
153 Younoussa Barry, geographe .
154 MOREY M DORE, INGENIEUR .
155 Alseny DIALLO, Juriste .
156 Boubacar Telli DRAME, Economiste .
157 Mamadou Bobo BARRY, Chèf. ECRG/ Allemagne .
158 Fode Camara, Etudiant .
159 Boubacar Barry, Ingenieur .
160 Oumou K. Barry, Assistante de Direction .
161 Alpha DEM, Gestionnaire .
162 Alpha Ibrahima SOW, Médecin Vétérinaire .
163 LONCENY DABO, AIR GUINEE .
165 Rabiatou BARRY, Administrateur Civil .
166 Bachir Keïta, Peintre en bâtiment .
167 Ibrahima Capi CAMARA, Gestionnaire Comptable .
168 Hamidou Diallo, Ingenieur D´Etat Electronique .
169 LASSANA AIDARA, JURISTE .
170 Kadija Diallo, Elève .
171 Ramata Mme BOCOUM, Ingénieur agroalimentaire .
172 Amadou Bocoum, Ingénieur Informaticien(France) .
173 Aicha Traoré, etudiante(France rouen) .
174 kante mamady, transporteur .
176 Koumba Kordho Diallo, Assistant Professor .
177 Souleymane BAH, Ing. Agronome .
178 Ousmane Conte, Teacher - Revolutionist .
179 Amadou sadjo Barry, Etudiant .
180 Abdoulaye GUISSE, Administrateur .
181 Alpha Oumar Diallo, Enseignant .
182 Ramatoulaye Sow, Comptable .
183 Alpha Kabinet Sidimé, Etudiant en économie .
184 sogoni léonie beavogui, Etudiante en sciences -pò .
185 mamadou dioulde barry, etudiant en aes a paris .
186 Lamiya Barry, Ingénieur .
187 Julienne LAMA, Étudiante .
188 Lonceny Mara, Agronome .
189 Adama CAMARA, Médecin de santé publique .
190 Patriote citoyen, chomeur .
191 oumarou diallo alpha, etudiant .
192 Boubacar Sow, commercial .
193 Lancine Diawara, Poète, romancier, Montéal .
194 Ousmane Diallo, etudiant .
195 Mohamed Keita, Informaticien .
196 Sakoba DIALLO, étudiant .
197 Elhadj Oumar Diallo, Etudiant .
198 Mamadou Bah, Etudiant .
199 Mohamed Baba KEITA, Agent technique .
200 Mariama Diallo, Casemanager .
201 rokhaya ndoye, eleve .
202 JEAN SIDIBE, TRUCKER IN .U.S.A .
203 M BANGOURA, REVOLUTIONNAIRE .
204 ALIOU BARRY, CULTIVATEUR. .
205 AHMED TIDIANE BARRY, ETUDIANT .
206 amadou barry, machiniste operator .
207 NOUHOU HAMIDOU, AGRONOME .
208 mamadou diallo, informaticien .
209 Mohamed CAMARA, Maçon .
210 Mohamed Traore, Biologiste .
211 Fode Traore, Economiste(behinzin-conakry-Guinee) .
212 Sanoussy Traore, Etudient a Maryland, U.S.A .
213 Mamadou oumar BAH, Economiste (France) .
214 Papa Kader TOURE, Administrateur Civil .
215 Elhadj Oumar Diallo, Juriste .
216 oumarou diallo alpha, etudiant .
ADDENDA
UN BLUFF POLITICO-ADMINISTRATIF
Le tableau socio-économique qu’offre la Guinée est si effroyablement complexe, qu’il défie toute analyse.
Tout a été ressassé à propos de ces vingt ans de pseudo- libéralisme. Un quarteron de putschistes galonnés, avec une horde de prédateurs diplômés ( pas plus de deux cents), à qui ils ont passé le relais, ont continuellement fait main basse sur les richesses du pays par une gestion organisée autour de deux ou trois « concepts » ravageurs.
Ce sont notamment l’ethno-stratégie et le bluff, habilement maniés par une technostructure mise au point par un banc de perroquets ( les médias publics entre autres), qui prospèrent en caquetant à la suite du F.M.I., de la Banque mondiale et d’autres institutions prolixes : Cadrage macro-économique, tableau de bord, sécurisation des recettes et autres passes lénifiantes.
L’épaisse brume de supercherie qu’est-ce l’ethno stratégie, a recouvert une bonne frange des couches sociales, y compris les plus démunies, qui assure qu’aucune alternative politique n’est plus possible, puisque au sommet de l’édifice politique, nulle composante ethno- régionale ne pourrait recueillir le consensus national nécessaire, au motif précisément, qu’elle ne représenterait qu’elle-même, à l’exclusion des autres. Et de triompher :
« Heureusement qu’il y a un Etat –O miracle ! -qui fonctionne malgré tout, alors pourquoi en changer » !
Etrange et commode pétition de principe qui permet tous les tripotages de la constitution, des institutions et des différentes consultations- mascarades. Ne parlons même pas de cet autre anathème infamant qui disqualifie politiquement toute cette Guinée expatriée, la Guinée des Guinéens-étrangers, ces indigènes qui troublent le sommeil de ceux qui pensent que la Guinée est un gâteau qu’il n’est pas bon de partager.La force et le fonctionnement durable de ces constructions mystificatrices, tiennent dans l’occultation du mensonge qui les sous-tend.
Il est notoire que c’est une poignée de Guinéens, pas plus de 200, qui sont les architectes de toutes les ruines de notre pays, kaléidoscope certes brouillé, mais représentatif du spectre national de nos régions. Toutes nos ethnies se retrouvent dans ce margouillis où barbotent ces faux frères, experts en détournements de tous ordres, Toucouleurs, Koniaguis, Manons, Peuls, Kissi, Guerzés, Maninka-tan et Maninka-fu.. Il y a même des Sino-Libanais-, des Ukréno-hindous, des Italo-djakankés..et bien d’autres S.D.F. (sans domicile fixe ) de la mondialisation devenus riches compradores avec la complicité d’une bureaucratie « nationale » corrompue.
Voici donc le grand Bluff qui permet à une poignée de chauves-souris de se suspendre sur les branches dangereusement alourdies de tous ces fruits qu’ils mordent si rageusement, au risque de toutes les casser. Entre deux bouchées obscènes, ils ont l’outrecuidance de crachoter :
« Tout est bloqué à cause de l’ethno-composition de nos partis politiques ».
Entendez, ceux qui ne sont pas aux affaires, qui s’agitent sous l’arbre de leur bombance, d’où ne tombent que les noyaux et les pelures qu’ils balancent !
Ceux qui ont suivi le baptême du P.U.P.( Parti de l’Unité et du Progrès, mouvance présidentielle ) à Mamou, se rappellent que ce dernier était présenté par ses idéologues, comme le seul parti vraiment national.
Vrai et faux !
Vrai parce que, il y a du tout national et ethnique dans ce qui est devenu un conglomérat politico-administratif.
Faux, parce que ce qui a fini par y triompher et qui est son cœur, ne bat plus dans l’intérêt de toute la nation. Cela fonctionne selon le fameux concept de Gramsci, bien oublié de nos jours de déclin de la réflexion honnête, qu’il appelait le pouvoir hégémonique de l’intellectuel organique. Pouvoir essentiellement culturel, mais éminemment idéologique, et susceptible de toutes les perversions mystificatrices.
Une petite minorité peut ainsi en principe, régner ad vitam aeternam , jusqu’à ce que l’Histoire un jour, en décide autrement. L’alliance de cette petite bourgeoisie, ( en sa frange opportuniste des grands commis de l’Etat ) avec ces figures bien connues de notre Import-export aux ordres, ne fonctionne que parce qu’elle manie la manne, le nerf de la guerre, nos finances publique et privées.
Et quand on sait qu’un modeste fonctionnaire ( qu’il soit P.U.P. ou pas ), traîne après lui une vingtaine de pauvres diables souvent analphabètes, on peut juger de la force de persuasion de ces 200 milliardaires, étroitement alliés aux ministres, préfets, sous-préfets, etc.
Les élections ne sont organisées que pour formater ces hold-up de Cols blancs, dans le moule démocratique de la bonne gouvernance, exigée de nos bailleurs de fonds.
Mais aujourd’hui rien ne va plus. Non pas seulement à cause de l’effacement physique de qui l’on sait, dans la conduite des affaires au sommet de l’Etat. En effet les trémolos sur le dialogue actuellement entonnés par les ténors de l’autorité publique, ne sont qu’un des symptômes de ce blocage généralisé de toutes les institutions.
UNE GOUVERNANCE CALAMITEUSE
Blocage découlant d’une gouvernance indécrottablement calamiteuse. En vrac, voici quelques-uns de ses records :
1000 milliards(1) de FG d’endettement du Trésor à l’égard de la B.C.R.G., glissade qui engage l’économie guinéenne dans une zaïrisation irrémédiable.
- sous-équipement dans tous les secteurs : infrastructures de communications restées quasiment telles quelles depuis l’époque coloniale, voire en deçà. L’axe Conakry-Kankan est retourné à l’état honteux hérité de la première République. Il y aurait peut-être quelques tronçons en Basse-Guinée et en Région forestière encore praticables, îlots bénis qui narguent l‘équité et l’unité nationales,
- L’exploitation et la gestion de l’eau et de l’électricité, font aujourd’hui la honte de la Guinée sur l’ensemble du Continent. Depuis plus de deux ans, il n’y pratiquement plus d’eau courante, ni d’électricité plus de deux heures de suite dans un même quartier de la capitale.
- Ainsi, La Guinée ( où se trouve le château d’eau de l’Afrique de l’ouest ), est réduite à mendier une desserte par le barrage sahélien de Manantali , que nos dirigeants successifs ont sottement boudé lors de sa mise en place.
- L ’hygiène et la politique de la santé publique, sont à l’image du délabrement économique généralisé. Les deux grands centres hospitaliers de la capitale, malgré leurs ravalements successifs, et la présence de médecins compétents dont plusieurs sont des agrégés et la plupart dévoués, sont si mal équipés, qu’ils sont réduits à n’être plus que des cités de transit, des mouroirs. Au mieux, des centres d’évacuation des malades vers Dakar, Bamako ou l’Europe, pour les nantis. Les quelques centres de santé dispersés dans nos campagnes, n’existent et ne fonctionnent qu’avec l’aide de nos partenaires de développement. Pendant que les médicaments acquis au prix fort de nos maigres devises, se retrouvent dans les pharmacies par terre, autre trafic méticuleusement organisé par certains agents de la fonction publique, en collusion avec certaines officines privées,
- La sécurité en Guinée se vend sous forme de cassettes vidéo comme des petits pains dans la sous-région. En effet le fameux Procès des gangs, devenu célèbre feuilleton, a
presque occulté l’horreur quotidienne dont il ne fut que la superproduction en télé-réalité.
Certes, l’insécurité est un mal qui frappe toutes les métropoles africaines. Mais celle de Guinée est, comme tous les maux qui hantent les Guinéens, unique en son genre. Ces jeunes tueurs sortent de nos cours communes, de nos « entrées-coucher », vont tuer dans d’autres « concessions », ou villas cossues, ramènent leur rapine sanglante dans les mêmes masures, pour le plus grand bien de nos parents, notables et paisibles fidèles de nos mosquées, dont la densité au kilomètre- carré est peut-être la plus forte dans la sous-région.
Notons au passage cette immonde redistribution des biens, dont les ordonnateurs ne sont pas seulement ces jeunes capturés et aussitôt libérés dès lors qu’on a jeté en pâture leurs mines patibulaires à la télévision. On sait leur collusion avec certains « corps habillés » lors de ces mises en scènes criminelles dans lesquelles ils ne sont souvent que des comparses ! C’est dire que le délabrement moral et spirituel est à la mesure de la misère économique. Cette déliquescence des mœurs, dans la drogue, l’alcool, et la prostitution qui frappe les couches juvéniles, n’épargne aucune localité.
Heureusement, si l’on peut dire, que les voies de l’exil sont ouvertes à nos jeunes diplômés, qui s’y ruent par dizaines de promotions, à défaut de pouvoir s’employer dans une administration pléthorique et verrouillée par ceux-là mêmes qui ont confisqué tous les biens publics. Ailleurs où la corruption est aussi répandue, on détourne X pour cent du financement de tel projet, mais le projet finit par voir le jour.
-En Guinée, c’est le projet tout entier qui est détourné. Comme le disait l’inénarrable Sassine, « en Guinée, c’est tout l’Etat qui est privatisé. Et nos fonctionnaires « privatiseurs » peuvent bâtir des fortunes colossales, tout en narguant la population dans des cylindrées, véritables châteaux qui déversent leur trop- plein de carburant volé sur nos mauvaises routes.
Comment tant d’insolence destructrice peut-elle fonctionner plus d’une décade dans un Etat dit de droit ?
Mais peut-on parler d’Etat de droit, quand toutes les institutions ne sont plus que des cadavres où grenouillent des colonies de vermine qui boivent à la même coupe servie à la barbe de celui-là même qui est réputé en être l’ultime gardien ?
Peut-on gérer tout cela avec les sempiternels sermons, faits de paternalisme bon enfant, et de discours villageois ?
Qu’en attendre, sinon qu’après, les mêmes voleurs comme il les qualifie lui-même, continuent impunément leurs méfaits économiques, en vertu des décrets du même, qui les maintient là ?
La mamaya des ex-révoltées d’ENIPRA en faveur du plébiscite de Lansana Conté en 2003, par delà les recettes habituelles bien éprouvées pour réussir ce genre de retournement, notamment le fric, la corde tribale et le matraquage médiatique, prouve tout de même, cette vérité qu’a lancée ce thuriféraire du plébiscite lors d’un rassemblement : « Ce que femme veut, Dieu le veut ! .
Comme déjà en août 1977 !
Quant aux commerçants, tant de fois sermonnés et vilipendés lors de ces farces villageoises pour séries télévisées, ils donnent l’impression que tout ceci n’est que pour rire, comme entre larrons en foire. Comme ce cruel dénouement de la dernière crise du riz : sa flambée ( aux alentours de 90000 fg ), quelques jours seulement, après les solennelles promesses de baisse, lancées avec pompe par les autorités et les grands importateurs.
Les parents de Coyah, repentis en lieu et place de leurs enfants excédés par une bavure mortelle des maniaques de la gâchette facile, se sont entendu réclamer le remboursement des dégâts faits à quelques symboles de cette incurie érigée en République de Doumbélane.
Ces pantomimes aussi bruyantes qu’inoffensives, cachent mal l’incompétence dont elles se nourrissent. De fait, tout recours est devenu irrémédiablement vain auprès des résonateurs que sont le Conseil économique et social, le Conseil national de la communication, la Chambre de commerce, la Cour suprême, le Parlement ( du moins pour les grands contentieux politiques et institutionnels ). Le référendum de 2003 n’a-t-il pas définitivement verrouillé en les caporalisant, toutes ces institutions en un système de clientélisme gérontocratique, qui survit au moyen d’une privatisation-personnalisation généralisée ? (Bien évidemment, les compétences intrinsèques des titulaires de ces fonctions ne sont pas en cause ).
En effet, les prix du ciment, du riz et de toutes les denrées de première nécessité sont en perpétuelle grimpette, inabordables pour le Guinéen moyen, malgré les coups de gueule et les sermons lancés par le « pater familias » : « Foué » !
Autant en emporte le vent !
La suite au prochain Pessè, comme pour cette énième grève de la C.N.T.G. ?
En vérité, le Pouvoir est devenu introuvable. Nous l’avons dit : Il n’y a plus de pouvoir judiciaire, il n’y a plus de Parlement. Il n’y a même plus de gouvernement, malgré les apparences. Puisqu’il n’y a plus de conseils de ministres depuis belle lurette.
Plus grave : il n’y a plus de partis politiques !
Tout est bloqué.
UN PAYS EN ETAT DE COMA POLITIQUE AVANCE
Le pays est comme un malade entubé dans une salle de réanimation livrée à ces délestages d’électricité et d’eau, auxquels sont accoutumées les populations de la capitale guinéenne. La décence nous commande de ne pas aller plus loin dans le détail de ce sombre tableau clinique.
Il n’y a plus de partis politiques ?
Provocation, dira-t-on.
Mais comment dire les choses autrement, quand depuis 1993,date d’entrée en vigueur de la scélérate « loi anticasseurs », les partis politiques ne peuvent plus agir ? Les quelques marches organisées au tournant des années 93-94, ont viré aux bastonnades, émaillées de bavures violentes, voire de meurtres qualifiés (grenade de Kamsar, assassinats à Mamou, à Kankan, au Camp Alpha Yaya, à Coyah, à l’Institut polytechnique, à l’Université de Kankan, à Faranah, et plus récemment alors qu’on parle d’élections, ces tirs à balles réelles sur des élèves de Dalaba.
Ne parlons pas de la politique d’intimidation dont les dirigeants des grands partis ont chèrement payé de leur personne : Ahmed Tidiane Cissé (après le fameux meeting du R.P.G. au stade de Coléah),Bah Oury, Bah Mamadou, Alpha Condé, Jean-Marie Doré, tous ces étudiants bastonnés voire torturés ou morts, et ces militants anonymes embastillés ou sur lesquels pèse l’épée de Damoclès de la déchéance de leurs droits civiques à chaque élection.
Pour parfaire ce musellement de la démocratie, souvenons-nous de l’encadrement des élections précédentes par l’omniprésence de la soldatesque surarmée et nerveuse, au point que les pauvres citoyens, parfois venus de très loin à pied, n’ont qu’une hantise, jeter dans une urne souvent béante, n’importe quel papelard, pour se tirer d’affaire au plus vite. Si l’on ajoute à cela les mille trucages, pour « sécuriser » (mot galvaudé par nos grands commis de l’Etat) ce que la mise aux enchères des consciences n’a pu garantir, on comprend le coup de grâce administré aux chefs de l’Opposition guinéenne.
On sait que les masses guinéennes ont largement donné leur dîme de sacrifices et de martyre dans le combat pour l’instauration d’un Etat de droit, plus de vingt ans après les horreurs du camp Boiro.Ca et là, avant ou à la suite d’élections truquées, des morts il y en a eu, peut-être plus qu’au Mali, au Togo, à Madagascar, pour la Côte d’Ivoire, attendons de voir. Et pourtant, dans ces pays, la dynamique du changement est en route et a abouti parfois à des changements significatifs, même quand les forces de l’immobilisme sont revenues ( Togo ). Partout sauf en Guinée, on a cessé de tourner en rond, comme en témoignent les acquis politiques, économiques, ou démocratiques dans ces pays, où une presse libre écrite, audio ou même audio-visuelle s’est épanouie.
Est-ce suffisant pour expliquer la mithridatisation de nos citoyens dont le souci principal reste la quête quotidienne du minimum vital, pourtant devenu l’un des plus faibles dans la sous-région ? En Guinée, nos hommes politiques, toutes tendances confondues, ont su éviter les surenchères qui ont conduit ailleurs à la guerre civile ( notons au passage que ce mérite-là, qui n’est pas négligeable, le président actuel le partagera avec eux). Mais est-ce là la seule raison à cette impasse totale actuelle ?
L’appel incantatoire au dialogue, comme solution à une sortie de crise, semble avoir abouti à un magistral tour de passe-passe. Malgré les pirouettes verbales qui encombrent nos ondes et toutes les conversations privées, l’entrée en scène de ce nouveau sésame que serait devenue la « société civile », ne signifie qu’une chose : La menace de disqualification d’une certaine classe politique. Appelons un chat un chat : les chefs des grands partis semblent tourner en rond autour du vide politique actuel, rempli par l’écho récurrent du tam-tam appelant aux plébiscites passés et à venir. Mais ce vide bien sonore est un champ de bataille rude, qui ne saurait être rempli par on ne sait quelle société civile commanditée par les commis de l’Etat, en lieu et place des masses tétanisées et atomisées par une misère sans nom.
Que faire s’il n’y a ni guerre ni dialogue ? Que faire quand toutes les institutions ont cessé de fonctionner ?
D’abord faire le constat d’une évidence : il n’y a plus d ‘Etat de droit. Et quand il n’y a pas d’Etat de droit, nous sommes bel et bien dans un état de non droit. Ce feuilleton burlesque de tous ces rendez-vous manqués d’un prétendu dialogue illustre bien notre propos qui est loin d’être sévère : nos hommes politiques ( chacun selon les épisodes ), s’épuisent à aider ceux qui y trouvent un intérêt à brasser du vent.
Car le Président l’a dit et répété, ceux qui veulent dialoguer doivent tous se mettre « derrière lui.. Le partage du pouvoir en Afrique est une fabrication des Etrangers.. »
Certes, nous entendons bien que tout citoyen ou tout groupe de citoyens puissent s’exprimer dans un colloque, lors d’une table ronde. L’action syndicale ou celle de tout autre groupement social ou culturel, manifestent une expression spécifique de la société civile. Mais nulle part ailleurs, nous semble-t-il, l’Histoire n’a enregistré le dénouement d’une crise de l’envergure de celle que connaît la société et l’Etat guinéens, par cet espèce de ping-pong inoffensif.
Au total, le dialogue que prône l’Administration, et prétendument voulu au sommet de l’Etat, n’est qu’un piège, un subterfuge, une manœuvre dilatoire pour faire illusion, pour gagner du temps, et pourquoi pas, des fonds auprès de nos bailleurs de fonds qui n’attendraient que quelques gestes de bonne gouvernance « pour au moins soulager les pauvres populations qui n’en peuvent plus ».
Il peut sembler paradoxal, voire faire preuve de mauvaise foi, que d’affirmer que la récente publication des décrets satisfaisant aux exigences de l’opposition et des bailleurs de fonds, ne fait qu’illustrer ce qui précède.
En effet ni la composition de la C.N.A. ( commission nationale autonome, alors que l’opposition exigeait une C.N.I., commission nationale indépendante), ni le décret de libéralisation des ondes ( parus alors qu’il est impossible aux partis politiques d’en profiter pour la raison évidente que de nouveaux médias ne peuvent être techniquement fonctionnels avant les municipales fixées au 18 décembre ), ne seront susceptibles de dénouer la crise guinéenne actuelle. L’apparente volte-face des autorités pour satisfaire aux doléances de l’opposition est un coup de génie pour rafler la mise, sans pour autant garantir une sortie de crise.
Attendons de voir, car comme dit le philosophe du maquis, « la preuve d u lafidi, c’est qu’on le mange. ».
D’ici-là, chacun sait que l’enjeu véritable n’aura lieu qu’en 2010 !
En attendant, la vie des Guinéens est devenue impossible et la situation explosive.
Depuis les augmentations insensées du prix du carburant en Guinée, nous frôlons la catastrophe humanitaire. Donc 2010 n’est au mieux qu’un mirage dans un désert mortifère pour les masses guinéennes.
Pensons à tous ces jeunes (dont des Guinéens), qui meurent dans le désert du Sahara ou dans les flots des mers lointaines, si ce n’est de froid dans les trains d’atterrissage, comme Yaguine et Fodé ! Mendiants-errants, tristes ambassadeurs d’un pays de fantômes, qui ressemble de plus en plus à un cimetière d’espoirs.
QUE FAIRE ?
Aujourd’hui, la classe politique guinéenne, si elle veut être digne de ses devanciers de 1958, doit s’extirper de ce sombre feuilleton et prendre la décision solennelle qui ouvrira la voie à une véritable alternance, celle du choix d’un homme de consensus, pour conduire l’organisation et la mise en œuvre d’un programme de gouvernement de transition.
C’est là un des préalables à la première véritable initiative pour reprendre le combat politique qui s’est pratiquement interrompu dès 1993, après la loi anticasseurs.
Le choix d’une personnalité de consensus pour conduire ce nouveau combat politique entraînera des conséquences cumulées propices à mobiliser l’ensemble des forces qui veulent réellement mener le combat pour l’alternance et le progrès.
- C’est d’abord l’effet d’annonce de la mobilisation de tous les leaders autour d’une personnalité unique, qui serait considérable, puisque cela les laverait de cette suspicion nocive qu’ils ne rouleraient que chacun pour soi, derrière une façade d’unité, en vue d’occuper le moment voulu, l’unique fauteuil présidentiel. Levée cette suspicion, une autre tare inventée par la bande des 200( mais pour être juste, ce chiffre devrait être revu à la baisse, ce nombre de hauts commis de l’Etat étant gonflé par tous ces honnêtes cadres, enrobés par la machine hiérarchique), oui, ce consensus retrouvé tordrait le cou à cet autre mythe qu’un Soussou , ou un Malinké, un Peul, un Ressortissant de la Forêt etc. , ne serait pas accepté comme Président, comme si aujourd’hui le pays était gouverné par un Mandjack ou par un Bija de Bingerville !
- Ensuite, l’initiative politique passerait dans le camp des forces du progrès, affaiblissant de façon significative les détenteurs de l’appareil politico-administratif, malgré ses énormes moyens financiers et militaires.
Au total, l’unification du combat politique derrière une personnalité de consensus, mettrait pour la première fois sur la défensive, les hommes du PASSIF, qui prospèrent dans le malheur actuel de nos populations. En effet depuis 1995,voire 1993, les partis politiques se sont passablement résignés au légalisme parlementaire, qui s’est révélé infécond.
Nous entendons déjà l’objection :
A quoi bon cette stratégie, un coup d’Etat étant la seule et ultime action susceptible de mettre fin au blocage actuel !
Mais à supposer que par quelque opération du Saint-Esprit, un Jeune Soldat-président ( comme il est « révélé » dans un fameux tract qui circulait récemment à Conakry), prenne le Pouvoir, qu’espèrent donc les tenants de cette éventualité ? Que ce miraculé leur remette le « Kibany », comme ça ?Et auquel des chefs de partis va-t-il le remettre si gracieusement ? Selon quelles modalités, puisqu’il ne sera probablement plus question de principes politiques démocratiques ? A moins que nos dirigeants démocrates, adeptes à l’occasion de coup d’Etat ne se satisfassent d’une 3è République militaire qui durerait combien de lustres encore, après un demi-siècle de dictature sanglante et molle ?
En vérité, la probabilité d’un putsch patriotique qui n’est assurément pas à écarter, ne dispense pas la classe politique d’apprêter un programme de transition. Le premier geste éminemment symbolique, mais non moins politiquement significatif, attendu de la classe politique, toutes tendances confondues (puisque toutes comptent des patriotes, de la mouvance présidentielle à l’autre extrême de l’opposition ), serait le choix consensuel d’un rassembleur. C’est même l’hypothèse d’une telle accélération inconstitutionnelle des évènements, qui commande la nécessité et l’urgence d’un programme d’actions conduit par une seule personnalité, selon une stratégie consensuellement mise en place. Ainsi, la pression de nos partenaires de développement, qui comme chacun sait, ne tolèrent plus les régimes militaires, passé un délai raisonnable connu seulement d’eux, conjuguée avec une mobilisation déterminée de tous ceux qui n’en peuvent plus, enclencherait une dynamique de remise en route des actions de masse qui seules, conduiront à la mise en place des institutions et des structures indispensables à l’organisation d’élections libres et transparentes
Malgré la fin de non recevoir que cette suggestion avait reçue de la part des acteurs politiques, ( pouvoir et opposition, hormis feu Alpha Sow ), nul doute que la plupart de nos chefs de partis sont des patriotes. Vous avez donc messieurs, encore le temps de rassembler l’immense majorité des Guinéens qui sont aussi des patriotes autour d’un autre patriote, qui pourrait être l’un de vous et dont le portrait est simple à faire :
C’est un portrait qui se ramènerait à un engagement, celui d’être un homme de rassemblement, de consensus et d’action. Sa mission se terminerait dès la fin d‘élections libres et transparentes, en vue d‘élire un Parlement plus conforme au paysage politique dans sa diversité. Ce qui donnerait la possibilité d’organiser dans un futur proche, des élections pour le choix d’un Président, dans des conditions également libres et transparentes.
Ce travail titanesque, s’unir par delà toutes les frontières ethno-régionales, politiques, personnelles, les Guinéens l’ont fait en 1958.Ils avaient alors projeté une lumière pour toute l’Afrique, mais qui hélas s’est enténébrée dans les ornières macabres que l’on sait.
Mais un peuple averti..
L’Histoire condamnerait encore une nouvelle génération politique, qui laisserait cette lueur patriotique s’enliser dans les illusions des ego, éternels tombeaux des idées et des actions de progrès.
Enfin, ces propositions devraient émaner du cœur même du peuple de Guinée, qui battrait du même pouls lors d’ASSISES NATIONALES DE LA SOCIETE CIVILE, dont nous appelons la tenue en Guinée le plus tôt possible. La mise en œuvre de cette proposition serait mieux préparée par LE REPORT DES PROCHAINES ELECTIONS COMMUNALES
(1 ) chiffre à revoir en hausse alors que le tableau socio-économique est encore plus sombre aujourd’hui .
SIGNATURES :
1 Saïdou Nour Bokoum, écrivain
2 Thierno Monénembo, écrivain
3 Alpha Ousmane Barry, écrivain
4 Dr Sylla Cheick Ousmane, médecin,
5 Dr Seydouba Cissé, médecin
6 M. Mamadou Dia, Directeur de société
7Dr Thierno Bah, écrivain, médecin
8 Maligui Soumah, écrivain, Professeur
9 M. Sidi Diarra, Professeur
10 M. Mamadou Sissoko, Ingénieur
11 M. Tidiani Bocoum, directeur de Société
12 M. Ibrahima Sorry Camara, Electricien
13 Mme Souadou Ba, épouse Dia, Agent commercial Air Afrique ( à la retraite )
14 M. Doubani Keita, Pharmacien
15 M. Saïdou Sissoko, Professeur
16 M. Oumar Guissé, Ingénieur Ponts et Chaussées
17 Mme Fatoumata Cissé, Enseignante
18 M. Macky Dia, Ingénieur du Bâtiment
19 M. Sékou Ly, Expert Comptable
20 M. Mamadou Nabé, Pharmacien
21 M. Mouctar Bocoum, Economiste
22 M. Moustapha Gadgigo
23 Mme Bintou Camara, secrétaire
24 M. Madani Dia, Directeur de Société
25 M. Ibrahima Bassoum, Entrepreneur
26 M. Mamadou Bah, Professeur
27 M. Thierno Hadia Diop, Juriste
28 M. Macky Bah, Directeur de Société Transit
29 M. Mamadou Oury Diallo, étudiant
30 Ousmane Haïdara, Ingénieur financier
31 Malick Condé, Chef d’Entreprise
32 M. Cheick Oumar Kanté, Ecrivain
33 Ansoumane Camara.
34 Soumaré Bocar .
35 Soriba Travaly, Administrateur de société.
36 Mamadou BALLO, Professeur.
37 Lanciné KOMARA, Professeur.
38 Sékou KABA, Artiste graveur.
39 Aly N'DIAYE, Chercheur.
40 Nasoba TRAORE, Femme d’Affaires.
41 Mamadou SANOGO, Administrateur civil.
42 Ibrahima DIALLO, Etudiant.
43 Amadou Sadio Diallo, Journaliste.
44 Mamadou Oury Barry, rédacteurs ECRG/Allemagne.
45 Bocar Soumaré.
46 Sakho Aboubacar, Juriste, Directeur du site de L'Observateur .
47 Ibrahima Bocoum, Administrateur.
48 Mouctar Baldé, économiste.
49 Babou Cissé, Entrepreneur.
50 moustapha camara sanguiana, étudiant.
51 KOUROUMA LANSANA, MEDECIN- VETERINAIRE.
52 FOFANA ZAKARY, COMMERCANT.
53 CAMARA HASIMOU, COMMERCANT.
54 KOUYATE MOHAMED, ARTISTE.
55 KOUYATE MAMADI, ARTISTE .
56 DIALLO DALANDA, MEDECIN .
57 CONDE MOUSSA, SOCIOLOGUE .
58 SANO BABA, TAXIMAN .
59 KEITA KARAMO, COMMERGANT .
60 BARO SIDIKI, ELECTRONICIEN .
61 CAMARA JOSEPH, SOCIOLOGUE .
62 FALL ALAIN, BUNNESMAN .
63 SACKHO MOHAMED, RESTAURATEUR .
64 CONDE MAMA, AIDE -INFIRMIERE .
65 CANAL JOSEPHINE, AIDE INFIRMIERE .
66 FOFANA SARAGBE, COIFFURE .
67 TOURE AISSATOU, COIFFURE .
68 FOFANA NAGNOUMA, ELEVE .
69 FOFANA LANCINE, ETUDIANT .
70 FOFANA MAMADI, ETUDIANT .
71 CONDE MORY, COIFFURE .
72 BALDE ABDOULAYE YERO, ETUDIANT .
73 DOUNBOUYA DJIBA, CHAUFFEUR .
74 BARRY OUMAR, ADMINISTRATEUR .
75 TOURE MASIATA, AIDE -INFIRMIERE .
76 LENO SOBA, AIDE ASSISTANT .
77 DABO AMADOU, RESTAURATEUR .
78 DABO SOULEYMANE, CONTRUCTION .
79 CONDE AISSATA, COIFFURE .
80 SOUARE VASING, ELECTRONICIEN .
81 PAUL MOUSSA DIAWARA, JOURNALISTE .
82 lamine kaba, electronicien .
83 MAMADI KABA, CONSULTANT .
84 SIAKA CISSOKO, Juriste, Homme d'Affaires .
85 oumar savane, entrepreuneur .
86 Lamine Cissé, Economiste .
87 Aboubacar Barry, Enseignant .
88 Oumar Taliby KABA, Informaticien .
89 CAMARA SOULEYMANE, COMPTABLE .
90 Lamine Sow, Consultant .
91 Fakolykoumba DOUMBIA, Juriste .
92 Touré Amara, Commercant .
93 Mohamed Lamine KEITA, Economiste .
95 Mamadou Timbo DIALLO, Commercant .
96 sanoussi bantama sow, economiste .
97 ibrahima bah, chimiste .
98 kadidia diaye, economiste .
99 mouctar balde, homme d,affaire .
100 francois bangoura, historien .
101 Bachir KABA, Expert comptable .
102 Mansour DIALLO, Rédacteur Territorial Principal .
103 Camara Mendos camara, SUERVISEUR L'UNIVERSITE DE DROIT SETON US .
104 SOW Sanoussy, USA .
105 TOURE NEW JERSEY US MOULOUKOU, HOMME D'AFFAIRE .
106 SOVOGUI ANTOINE, ECONOMISTE .
107 TOURE ABOU, BIJOUTIER .
108 CAMARA ABOULAYE, MEDECIN ,,VETERINAIRE .
109 IBRAHIM BERETE, TRANSPORTEUR .
110 SACKHO KABA, COMMERGANT .
111 KABA SOULEYMANE, COMMERGANT .
112 DOUNBOUYA LAMINE, ING DES MINES .
113 OULARE DOUNTY, PROF .
114 KOUROUMA BAKARY, AGENT COMMERCIAL .
115 DIALLO ABDOUL SALAM, AGENT COMMERCIAL .
116 DIAKITE MOUSSA, EMPLOYER D'USINE .
117 KABA LANCINE, DEMARCHEUR .
118 Bilguissa BARRY, Mère de famille .
119 Mamadou Diakité, Homme d'affaire .
120 Mamadou Diakité .
121 FANTA DOUMBOUYA, COMPTABLE .
122 Mariam KOUROUMA, Secretaire .
123 sidiki TOURE, Ingenieur .
124 Soriba Sakho .
125 KONATE ABOUBACAR SIDY, PROFESOR-MAJORING IN POLITICAL SCIENCES AND INTERNATIONAL AFFAIRS .
126 KEITA .
127 Cécé Roger Haba, cultivateur .
128 Tidiane Traore, Economiste .
129 Amadou Diallo, IT .
130 Mariba Sawanè, Demarcheur (belgo-malien) .
131 Kalil Peira Kaba, Étudiant .
132 Anssoumane Sylla, Employé .
133 Namory Konaté, Employé .
134 Mamady Kaba, economiste .
135 Sidiki Nabé, Manageur .
136 Moussa Doumbouya, ingénieur (Quebec) .
137 Anssoumane Camara, Demarcheur (belgo-malien) .
138 Sidiki Nabé, Sociologue(Rotterdam) .
139 Seydou Kanté, Sociologue(France) .
140 Aïba Nabé, Commercante .
141 Anassa Diawara, Homme d'affaire(Belgique) .
142 Ismaël Kirami, Informaticien(Belgique) .
143 Saliou Diallo, Juriste-USA .
144 Ibrahim Kourouma, PHARMACIEN .
145 KOUYATE MAMADY, ARTISTE - INTERNATIONAL .
146 Souleymane Cissé, Etudiant .
147 Camara Ibrahima, Economiste .
148 Cheybou Condé, Juriste .
149 Mamadou Camara, Comptable .
150 ibrahim KABA, Informaticien .
151 mohamed conde, homme d'affaire .
152 Fodé S Camara, Archiviste .
153 Younoussa Barry, geographe .
154 MOREY M DORE, INGENIEUR .
155 Alseny DIALLO, Juriste .
156 Boubacar Telli DRAME, Economiste .
157 Mamadou Bobo BARRY, Chèf. ECRG/ Allemagne .
158 Fode Camara, Etudiant .
159 Boubacar Barry, Ingenieur .
160 Oumou K. Barry, Assistante de Direction .
161 Alpha DEM, Gestionnaire .
162 Alpha Ibrahima SOW, Médecin Vétérinaire .
163 LONCENY DABO, AIR GUINEE .
165 Rabiatou BARRY, Administrateur Civil .
166 Bachir Keïta, Peintre en bâtiment .
167 Ibrahima Capi CAMARA, Gestionnaire Comptable .
168 Hamidou Diallo, Ingenieur D´Etat Electronique .
169 LASSANA AIDARA, JURISTE .
170 Kadija Diallo, Elève .
171 Ramata Mme BOCOUM, Ingénieur agroalimentaire .
172 Amadou Bocoum, Ingénieur Informaticien(France) .
173 Aicha Traoré, etudiante(France rouen) .
174 kante mamady, transporteur .
176 Koumba Kordho Diallo, Assistant Professor .
177 Souleymane BAH, Ing. Agronome .
178 Ousmane Conte, Teacher - Revolutionist .
179 Amadou sadjo Barry, Etudiant .
180 Abdoulaye GUISSE, Administrateur .
181 Alpha Oumar Diallo, Enseignant .
182 Ramatoulaye Sow, Comptable .
183 Alpha Kabinet Sidimé, Etudiant en économie .
184 sogoni léonie beavogui, Etudiante en sciences -pò .
185 mamadou dioulde barry, etudiant en aes a paris .
186 Lamiya Barry, Ingénieur .
187 Julienne LAMA, Étudiante .
188 Lonceny Mara, Agronome .
189 Adama CAMARA, Médecin de santé publique .
190 Patriote citoyen, chomeur .
191 oumarou diallo alpha, etudiant .
192 Boubacar Sow, commercial .
193 Lancine Diawara, Poète, romancier, Montéal .
194 Ousmane Diallo, etudiant .
195 Mohamed Keita, Informaticien .
196 Sakoba DIALLO, étudiant .
197 Elhadj Oumar Diallo, Etudiant .
198 Mamadou Bah, Etudiant .
199 Mohamed Baba KEITA, Agent technique .
200 Mariama Diallo, Casemanager .
201 rokhaya ndoye, eleve .
202 JEAN SIDIBE, TRUCKER IN .U.S.A .
203 M BANGOURA, REVOLUTIONNAIRE .
204 ALIOU BARRY, CULTIVATEUR. .
205 AHMED TIDIANE BARRY, ETUDIANT .
206 amadou barry, machiniste operator .
207 NOUHOU HAMIDOU, AGRONOME .
208 mamadou diallo, informaticien .
209 Mohamed CAMARA, Maçon .
210 Mohamed Traore, Biologiste .
211 Fode Traore, Economiste(behinzin-conakry-Guinee) .
212 Sanoussy Traore, Etudient a Maryland, U.S.A .
213 Mamadou oumar BAH, Economiste (France) .
214 Papa Kader TOURE, Administrateur Civil .
215 Elhadj Oumar Diallo, Juriste .
216 oumarou diallo alpha, etudiant .
http://guineeactu.info/HTML/propositions-des-signataires-du-manifeste-odyssee-2010-et-de-l%E2%80%99appel-pour-des-assises-des-guineens-de-l%E2%80%99exterieur-pour-la-gestion-d%E2%80%99une-transition-apaisee.htm
Plus d'articles...
- Munitions, armes et manœuvres dilatoires : M. Alpha CONDÉ en route pour un pouvoir à vie ? (Mamadou illo Sy Savané)
- ALPHA CONDE UN TYRAN DESESPERE EN PLEIN NAUFRAGE (Dr Abdoul Baldé)
- Grève des enseignants : Échec des négociations, malgré l’implication des religieux
- Alpha Condé : « Marx est mort, Freud est mort, mais moi je me sens bien !».
