En France comme à Fergusson, négraille rime avec racaille ?
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- Catégorie : Culture
- Mis à jour le mardi 19 mai 2015 11:02
- Publié le mardi 19 mai 2015 10:49
- Écrit par Saïdou Nour Bokoum
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Mort de Zyed et Bouna : les policiers sont relaxés
18 mai 2015 | Par La rédaction de Mediapart
Le tribunal correctionnel de Rennes a relaxé les deux policiers jugés pour « non-assistance à personnes en danger » après la mort de Zyed et Bouna à Clichy-sous-Bois, en 2005, qui avait provoqué des émeutes sans précédent en banlieue.
Dix ans après la mort de deux adolescents, Zyed et Bouna, dans un transformateur EDF de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), le tribunal correctionnel de Rennes (Ille-et-Vilaine) a relaxé les deux policiers qui étaient jugés pour « non-assistance à personnes en danger ». Une décision accueillie par des cris de colère et des larmes sur les bancs des familles des victimes.
Zyed et BounaZyed et Bouna
Après deux mois de délibéré, le tribunal, présidé par Nicolas Léger-Larue de Tournemine, a suivi les réquisitions de relaxe prononcées le 19 mars dernier par le procureur adjoint Delphine Dewailly. En substance, explique son président en lisant le jugement (on peut lire les attendus ici en format PDF) , le tribunal a d'abord estimé que Stéphanie Klein, la stagiaire qui était en fonction au standard du commissariat le jour du drame, sans formation ni connaissance des lieux, « ne pouvait avoir conscience d'un péril grave et imminent ». « Dans le cas contraire, elle aurait réagi », estime le tribunal.
Quant à son collègue policier Sébastien Gaillemin, il « n'a pas pu voir » les adolescents entrer sur le site du transformateur, il a fait des recherches, et il n'a pas eu conscience non plus « d'un péril grave et imminent », car dans le cas contraire il aurait donné l'alerte, raisonne le tribunal.
Tout en disant ne pas ignorer la douleur des familles, le président du tribunal a cru devoir ajouter ces propos : « Le traitement politique et médiatique des événements qui ont suivi la survenance de ce drame, ainsi que les nombreuses procédures initiées devant divers organismes à son propos, ont considérablement alourdi la souffrance des familles »...
Pour faire bonne mesure, les parties civiles sont également déboutées au civil, et aucune indemnisation ne sera accordée, tranche le tribunal.
« C'est circulez, y a rien à voir », souffle l'avocat des familles, Jean-Pierre Mignard, l'air abattu, en quittant la salle d'audience. Les plaignants n'ont en effet pas de possibilité de faire appel de ce jugement, et la relaxe des prévenus est donc définitive. Cependant, Me Mignard annonce peu après par communiqué qu'il entend retourner vers la cour d'appel de Rennes, et qu'il « sera demandé à la Cour de reprendre l'intégralité de l'enquête de police afin d'établir l'existence d'une faute, indépendamment du caractère définitif de la relaxe ».
Pendant le procès à RennesPendant le procès à Rennes © L.F.
Dix ans. Il avait fallu dix longues années pour que la justice décide enfin que la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré, les deux adolescents électrocutés à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) alors qu'ils étaient pourchassés par la police, méritait un procès public. Dernière juridiction saisie de ce dossier par la Cour de cassation, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Rennes avait pris cette décision courageuse voilà deux ans (lire le communiqué ici).
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« C'est une bonne nouvelle envoyée aux gamins des banlieues », réagissait alors Jean-Pierre Mignard, l'avocat des familles. À ce moment là, on constatait enfin un message d'apaisement, un semblant de considération envers ceux qui ont souvent le sentiment d'être traités comme des citoyens de seconde zone.
Les deux policiers qui avaient pris en chasse les adolescents, le 27 octobre 2005, et les avaient vus se réfugier dans l'enceinte d'un transformateur EDF visiblement dangereux, sans donner l'alerte, seraient donc enfin jugés par un tribunal correctionnel pour « non-assistance à personne en danger ».
Un troisième adolescent, Muhittin Altun, 17 ans à l'époque, avait été grièvement brûlé. Ce drame avait été le point de départ de trois semaines de violences urbaines dans les banlieues françaises.
Il avait fallu toute une série de péripéties judiciaires pour arriver à la décision, somme toute normale, d'organiser enfin un procès public. L'événement décisif s'était produit quand la chambre criminelle de la Cour de cassation avait, le 31 octobre 2012, cassé intégralement l'arrêt de la cour d'appel de Paris qui avait accordé un non-lieu aux deux policiers.
La Cour de cassation (dont on peut lire l'arrêt ici) avait estimé que les policiers n'auraient pas dû quitter la zone sans s'assurer qu'il n'y avait pas de jeunes dans l'enceinte du transformateur EDF, dont la dangerosité était connue, et sans même donner l'alerte. Après avoir sèchement contredit la cour d'appel de Paris, la Cour de cassation avait confié ce dossier à la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Rennes. Et celle-ci avait fait la même analyse que la plus haute juridiction.
Depuis 2005, les familles des victimes ont tenu bon, dignement. Que d'attente, de frustration et de souffrance pour en arriver là. « Tout a été extravagant dans ce dossier », rappelaient Jean-Pierre Mignard et Emmanuel Tordjman, les avocats des familles, qui se sont battus.
« Il y a eu des propos très durs et des contre-vérités de la part du ministre de l'intérieur de l'époque, Nicolas Sarkozy, sur les infractions qu'auraient soi-disant commises ces enfants, et sur le fait qu'il n'y aurait pas eu de course-poursuite. » En fait, les gamins rentraient d'un match de foot, et avaient été pris en chasse sans raison valable.
(...)
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NB : le titreest de SN Bokoum www.nrgui.com
