AUDIT BCRG : Haro sur l’Inspecteur Général d’Etat ou brouiller les cartes ? Au choix du client.
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- Catégorie : Grands dossiers
- Mis à jour le vendredi 19 septembre 2014 11:56
- Publié le vendredi 19 septembre 2014 11:20
- Écrit par l'Indépendant
Coup de théâtre dans le dossier Hamana. Et c’est même à croire que c’est un polar de mauvais goût qui se joue désormais devant nos yeux. Le rapport de la commission interministérielle tant attendu par l’inspection générale d’Etat (IGE) a fuité.
Contre toute attente, c’est le PDG de la société Hamana qui en aurait eu la primeur et qui se serait empressé de livrer les copies à la presse. Et si Mohamed KOUROUMA a tout lieu de crier victoire, l’IGE quant à elle, reste sereine et continue son travail.
Conduite par le ministre du plan et composée de ses homologues de l’Elevage, des Transports, duTourisme, de l’Environnement, de la Sécurité, de l’Agriculture et du Budget, ladite commission a, le trois Septembre, invité expressément le Premier ministre à délivrer une attestation de reconnaissance de dette envers Hamana dans le fameux contrat de fourniture de sucre. Et elle demande à Saïd Fofana de prendre une décision finale à travers un échéancier de règlement convenable de la dette pour une mise en confiance de ses partenaires. Argument bidon que celui-là, et qui ne saurait voiler la légèreté avec laquelle, ladite commission à traité le dossier. De l’examen de la note de monsieur le ministre du Commerce, il ressort une contestation de sa part sur la régularité de la signature apposée en son nom ainsi que la disparition de son cachet, mettant ainsi en doute, les correspondances signées en son nom par Madame la Secrétaire Générale du Département.
Malgré tout, la commission a pu déclarer « recevable » le contrat de Hamana. Ce qui a naturellement provoqué un coup de tonnerre à l’IGE qui était dans la logique de contestation dudit contrat.
« Je suis vraiment surpris par cette publication en date du trois Juillet alors que, à la même date, mon service avait demandé si le rapport était prêt. Et la réponse a été donnée qu’il ne l’était pas. Mais cela ne change en rien la logique de l’Inspection Générale d’Etat. La validité ou pas du contrat n’est pas notre mission, l’IGE réclame l’argent de l’Etat à la Société Hamana », fait remarquer Massoud Oumar Thiam. Dans cette cacophonie ambiante, au-delà de l’IGE, des personnes sensées s’interrogent sur les réelles motivations du président de la commission interministérielle. Car en fait, Sékou Traoré est visiblement le seul engagé d’autant plus qu’il reste l’unique signataire du rapport. Pourquoi la commission s’est-elle alors permis de remettre la copie à M. KOUROUMA au lieu de l’IGE ? De là à se dire qu’il y a anguille sous roche, il n’y a pas le plus petit pas que les observateurs de la scène aient à franchir. En tout cas, c’est le signe que l’administration n’est pas une continuité sinon, un contrat mis en cause par le ministère de tutelle à l’époque des faits, ne saurait être pris en compte par une commission interministérielle.
Or, jusqu’à preuve du contraire, le PDG de Hamana en fait son trophée de guerre coté à cent quatre-vingt-cinq milliards de francs (185 000 000 000) que l’Etat devrait lui verser. Pour l’IGE, ce revers est plutôt embarrassant sinon inquiétant, car Massoud Thiam et compagnie devraient se mettre à l’abri. Pour s’être donnés corps et âme afin de rétablir l’Etat dans ses droits, avec la tournure des choses, ils ne sont pas à l’abri d’un coup de bâton.
Aux dernières nouvelles, ce rapport qualifié de « bancal » dans les milieux spécialisés, serait sur la table du Chef de l’Etat dont les arbitrages décideront certainement du sort du rapport en question et peut-être de celui des inspecteurs.
Le Diplomate
