Mansour Kaba, le fanfaron et le vaniteux
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- Catégorie : Opinions
- Mis à jour le mardi 10 juillet 2012 19:31
- Publié le mardi 10 juillet 2012 19:31
- Écrit par SADIO BARRY

2012-07-10 12:46:06
Le 27 mai 2012, Mohamed Mansour KABA a été reçu par le journal guinéen La Nouvelle Marche en tant que "Témoin de l’évolution sociopolitique de la Guinée"
Pour ceux qui ne le savent pas, Mansour KABA, 72 ans, est le fondateur du parti DYAMA qui s’est dissout dans le RPG-arc-en-ciel d’Alpha Condé au pouvoir le 18 mars 2012.
A son âge et consulté en tant que témoin de l’histoire, Mansour Kaba devrait livrer un témoignage objectif, tenir un discours rassembleur et lancer un appel d’unité à toute la Nation guinéenne. Mais fidèle à sa nature et à son idéologie "Angbansanné" qu’on a découvertes pendant la transition 2010, Mansour Kaba s’est plutôt lancé dans un discours de mensonges, d’autoglorification et de haine contre les Peuls et le Fouta dans son ensemble (Lire).
Cet article-ci portera exclusivement sur l’homme aux capacités superlatives que l’auto-glorificateur Mansour Kaba s’est efforcé à nous présenter dans cette interview. En voici un extrait :
« Je suis El Hadj Mohamed Mansour Kaba, Ingénieur diplômé en Génie civil de l’Université technique de Munich en Allemagne, avec des études postuniversitaires en Sciences économiques et Organisation du Travail dans le même établissement. Cette Grande Ecole est considérée comme la « forge des prix Nobel » de ce pays. Mais avant d’arriver dans cette université technique en 1961, je suis passé respectivement par l’école primaire de Kabada à Kankan (1948-1953), le Collège technique d’industrie de Conakry-Donka (1953-1957) et l’Ecole des travaux publics de l’ex-Afrique occidentale française à Bamako (1957-1960). Je suis âgé de 72 ans et suis père de cinq enfants, tous universitaires.
Pour les jeunes générations qui ne nous connaissent pas, j’ajouterais à ce tableau mes références sportives, pour que nos jeunes puissent comprendre que l’on peut être tout à la fois, premier de sa classe, s’engager dans la politique, tout en pratiquant le sport au niveau national. Ainsi, j’ai été champion de Guinée aux 3 000 m en juin 1957, alors que je venais d’obtenir le Prix d’Honneur du Collège technique de Conakry-Donka. Pour la petite histoire, ce prix m’a été retiré par le conseil de discipline exclusivement constitué de colons français, pour l’attribuer au deuxième de ma classe, parce que j’étais déjà, à 17 ans, rebelle au système colonial. En 1958, 1959 et 1960, j’étais champion et recordman du Mali aux 800 m et aux 1 500 m et participais chaque année aux épreuves du championnat d’Afrique occidentale française (AOF) à Dakar. En 1972 encore, j’étais le capitaine de l’équipe de football des étudiants africains résidents à Munich, ville du « Bayern de Munich »
Et bien chers compatriotes, vous constatez que Mansour Kaba a livré tout son CV ici, allant jusqu’à nous dire qu’il a été capitaine de l’équipe de football des étudiants africains résidents à Munich (simple groupe constitué d’amis et d’amateurs dans le seul but de faire du sport après les cours ou aux weekends). Nulle part, il n’est mention d’études économiques proprement dites ou d’un tel diplôme. Des études postuniversitaires en Sciences économiques et Organisation du Travail dont il parle ici ne sont que des cours complémentaires que beaucoup d’étudiants étrangers prennent ici à la fin de leurs études pour obtenir une petite prolongation de leur titre de séjour ou acquérir des notions dans une discipline jugée plus ou moins importante en attendant d’obtenir un emploi. Cependant, interrogé en tant que grand économiste sur des œuvres et projets économiques d’Alpha Condé, Mansour Kaba n’a pas eu la décence et l’honnêteté intellectuelle de corriger le journaliste et dire qu’il est plutôt ingénieur en Génie Civile. Il accepte la qualification de grand économiste et répond à ce titre:
« Bien sûr que je suis entièrement d’accord avec les principales décisions politiques, économiques et sociales du Président Alpha Condé. »
"Entièrement d’accord" dit-il ? Un peut plus loin, il ajoutera tout de même qu’à la place d’Alpha Condé, il aurait également engagé une guerre sans merci contre l’impunité en transférant les rapports d’audits existants aux tribunaux de la République et qu’il n’aurait pas engagé autant d’anciens collaborateurs du régime de Conté "qui s’est illustré dans le démontage de l’Etat guinéen" selon ses propres propos. L’homme qui dit être entièrement d’accord avec les œuvres du chef de l’Etat rejoint, avec des arguments valables, ceux qui disent que le leader du RPG, Alpha Condé, a trahi l’esprit du changement en Guinée.
Par ailleurs, ayant le privilège de connaitre Kankan et l’Allemagne, j’aimerais rappeler deux choses à Mansour Kaba qui, visiblement, tente d’impressionner les gens avec des histoires embellies et magnifiées, telle qu’on le sait de la culture mandingue en général:
1- A Kankan, les écoles primaires célèbres où étaient envoyés, jusqu’en 1984, les enfants de la plupart des familles de cadres et d’expatriés, écoles qui ont toujours été premières dans les compétitions académiques, sont Falaye Traoré et Oumar Dramé, pas celle de Kabada dont il nous parle ici.
2- l’Université technique de Munich n’est pas la meilleure en Allemagne. Elle est la quatrième voire cinquième dans la hiérarchie. En matière de qualité et de célébrité, c’est l’université technique d’Aachen (Aix-la-Chapelle) qui est connue être la première en Allemagne et en Europe. La monté en puissance de la région de Munich est relativement récente. Cette région riche et industrielle d’aujourd’hui avait toujours bénéficié de l’aide des autres Etats de la fédération allemande dans le passé.
Le site français qui fait des recommandations aux étudiants pour les études en Allemagne nous édifie dans ce domaine, avec un ordre précis de classement :
« Partir étudier en Allemagne : 9 grandes universités techniques
Vous avez le choix entre l’une des 9 grandes universités techniques d’Allemagne, appelées « TU9 », avec la RWTH (Rheinisch-Westfälische Technische Hochschule) d’Aix-la-Chapelle, les TU de Berlin, Dresde, Munich, Brunswick, Darmstadt, et les universités de Hanovre, Karlsruhe et Stuttgart » (Lire).
Dans un autre passage de son interview, Mansour Kaba déclare :
« C’est en qualité de militant convaincu que j’ai répondu à l’appel du RGE de démissionner de mon emploi en Allemagne, pour venir m’installer à Abidjan (1972-1984), au service du RGE, sans salaire ... »
Au début de son interview, il affirmait ce qui suit :
« Sur le plan professionnel, je fais partie des pionniers de l’ingénierie en Côte d’Ivoire, où j’ai eu l’opportunité de gérer et avec succès, de 1972 à 1978, plusieurs grands projets de l’Etat ivoirien en ma qualité de Directeur général adjoint du Bureau d’Etudes INTRADEP »
Faites attention aux périodes données : (1972 à 1984) et (1972-1978) !
Celui qui est parti en 1972 en Côte d’Ivoire pour le travail, nous raconte, comme il l’a fait croire à ses compagnons de l’époque, que c’est dans le cadre de leur lutte qu’il a renoncé à tout en Allemagne pour être au service du RGE en Côte d’Ivoire, sans salaire.
Visiblement, Mansour Kaba fait partie de cette catégorie de Guinéens que l’on connait aujourd’hui spécialisés dans le mensonge et dans la tromperie. D’ailleurs, le fanfaron vaniteux se trahit lui-même en nous révélant qu’il a déjà été une fois reconnu tricheur et disqualifié de son titre de meilleur élève du Collège technique de Conakry-Donka :
« Pour la petite histoire, ce prix m’a été retiré par le conseil de discipline exclusivement constitué de colons français, pour l’attribuer au deuxième de ma classe, parce que j’étais déjà, à 17 ans, rebelle au système colonial »
Nous savons tous que sur le plan académique, l’administration coloniale a été la plus sérieuse qu’on a connue en Afrique. Nous connaissons ce genre de propos des mauvais perdants qui cherchent toujours des boucs émissaires pour leurs échecs.
Mansour Kaba continue et nous fait des révélations intéressantes:
« A la mort du Président Sékou Touré, le RGE s’est scindé en trois branches qui sont : le PRP devenu UPR de Siradiou Diallo, l’UFR de Bakary Goyo Zoumanigui et le Parti DYAMA que j’ai dirigé jusqu’à sa fusion avec le RPG-ARC-EN-CIEL le 18 mars 2012 ».
Ici, une autre preuve du manque de rigueur intellectuelle chez Mansour Kaba. C’est en tant qu’intellectuel et témoin de l’histoire de l’évolution sociopolitique de la Guinée qu’il parle. Tout élève qui traitera un sujet d’examen en reproduisant ce témoignage de Mansour Kaba ramasserait un zéro. C’est un mensonge d’affirmer que c’est le PRP qui est devenu l’UPR.
L’UPR est le résultat d’une fusion de 3 différents partis politiques: le PRP (Parti du Renouveau et du Progrès), l'UNR (Union pour la Nouvelle République) et le RNP (Rassemblement National pour le Progrès). L’UNR, le PRP, le RPG et le PUP étaient les plus grands partis de la Guinée à l’époque (au temps de Conté).
Remarque: Mansour Kaba et son parti DYAMA ont obtenu 0.62% en 1993, à sa dernière participation à une élection présidentielle en Guinée.
Mansour Kaba :
« C’est à l’âge de 70 ans que je suis entré pour la première fois dans un gouvernement en République de Guinée. Lorsqu’on obéit à des principes d’intégrité et de patriotisme, on ne se hasarde pas dans n’importe quelle équipe gouvernementale. Dieu merci. Je me suis abstenu d’appartenir aux différentes équipes qui ont mis notre pays à genoux au cours des 24 années de règne sans partage du Général-Président Lansana Conté. Par contre, c’est avec plaisir que j’ai répondu positivement à l’appel de mon ami Jean Marie Doré, lorsque celui-ci a été nommé Premier ministre de la Transition … »
Encore de la fanfaronnade et des insinuations pour faire croire que c’est lui qui a toujours refusé des postes de ministre en Guinée, alors qu’il n’en a jamais eu l’offre auparavant. Ce dernier passage et le précédent nous révèlent cependant la vraie nature de Mansour Kaba. C’est un ami et compagnon de longue date du faux et fourbe Jean Marie Doré. Mansour Kaba doit nous parler de l’agression du 22 novembre 1970 organisée contre le régime de Sékou Touré par son groupe RGE pour lequel il prétend avoir tout sacrifié en Allemagne pour aller en Côte d’Ivoire. Cela est d’autant plus nécessaire que ce sont les ressortissants de sa région qui ont toujours criminalisé cette action et qui l’instrumentalisent encore aujourd’hui contre Siradio Diallo. Son ami Jean Marie Doré a déjà eu à dire devant la presse que lui-même il s’était personnellement rendu au Portugal dans le cadre des préparatifs de ce coup de force contre le régime du sanguinaire Sékou Touré en 1970. Pour l’histoire de la Guinée, nous voudrions savoir le rôle qu’a joué Mansour Kaba dans cette affaire. Nous savons qu’après tous ces événements qui ont abouti aux massacres et pendaisons publiques de plusieurs Guinéens dénoncés et livrés par des taupes qui avaient infiltré l’opposition guinéenne à l’extérieur de la Guinée, Sékou Touré a donné une maison et une femme à Jean Marie Doré pour service rendu à la révolution.
Parlant glorieusement de son passage au ministère de la Construction, de l’Urbanisme et de l’Habitat pendant la transition 2010, Mansour Kaba déclare:
« L’introduction de nouvelles méthodes de travail a permis de secouer l’appareil administratif et de lui insuffler une nouvelle vigueur qu’elle avait perdue depuis très longtemps.»
En vérité, son passage à ce ministère a été une catastrophe nationale, l’aggravation de l’ethnocentrisme en Guinée, l’inauguration du tribalisme administratif et de la politique "angbansanné" avant l’arrivée d’Alpha Condé au pouvoir.
Voilà par exemple la nouvelle méthode de travail introduite par Mansour Kaba au ministère de l’Habitat: limogeages et nominations à caractère ethniques.
Le 19 mai 2010, Mansour Kaba secoue l’appareil administratif en avertissant les cadres de son ministère:
« J'ai préparé un décret. Si un cadre est remplacé par un autre, ce n'est pas par incapacité ni par incompétence de ce dernier mais c'est pour placer les éléments de mon parti (ndlr : parti Dyama). Sans cela, je ne vois pas ma raison d'être dans le Gouvernement. » a-t-il dit à ses cadres (Lire guineepresse et allafrica).
C’est exactement ce qu’Alpha Condé est en train de faire aujourd’hui dans toute l’administration guinéenne !
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SADIO BARRY
