QUAND CELLOU DALEIN DIALLO SE SABORDE AVEC MOUSSA DADIS CAMARA

Finalement, entre Alpha Condé et ses opposants, les guinéens se rendent compte que la différence n'est pas si évidente, le premier n'applique jamais la loi, les autres sont prêts à échanger des soutiens contre l'impunité

Depuis l'annonce de la candidature de Moussa Dadis Camara pour les présidentielles du 11 octobre 2015,  les polémiques les plus burlesques et les soutiens les moins attendus n'en finissent plus. Au sein de la classe politique, après la panique des premières heures, les leaders politiques qui veulent remplacer un Alpha Condé incapable d'appliquer et de faire appliquer la loi, déroulent le tapis rouge à l'homme dont la candidature choque la société civile, et les ONG de défense des droits de l'homme.  « Le retour de Dadis Camara dans le jeu politique est une insulte faite aux victimes du massacre du stade du 28 septembre 2009 et au peuple guinéen dans son ensemble » s'insurgeait il y a un mois Thierno Sow, président de l’OGDH. Selon l'OGDH« C’est devant la justice guinéenne que Dadis devrait se présenter et non à l’élection présidentielle »

Qui a présidé l'organisation de la manifestation du 28 septembre 2009 ? L'UFDG, en la personne de Bah Oury, son vice-président. Trois ans plus tard, le parti qui réclame mordicus le jugement des responsables de la mort de 62 de ses militants tombés sous les balles des services de sécurité depuis l'arrivée d'Alpha Condé à Sékhoutouréya; engage des négociations avec Dadis Camara, le seul individu nommément accusé d'avoir commandité les massacres d'au moins 157 personnes, la disparition de plusieurs dizaines d'autres, et plus d'une centaine de femmes victimes de viols, dans une violence qui a également fait plus de mille blessés en seulement 9 mois. Une première en Guinée, viols et massacre de masse. «Quel mépris pour les victimes de cette journée, qui marquera à jamais l'histoire de la guinée ! » nous confie un haut cadre de l'UFDG, qui souhaite pour l'instant garder l'anonymat.

Qui accuse Dadis Camara ? Ce n'est pas un garde du corps quelconque, mais son puissant aide camp d'alors; Aboubacar Sidiki Diakité, alias TOUMBA. « Cette répression sanglante a été planifiée et conduite par des bérets rouges, l’armée, la police et la gendarmerie ainsi que par 250 jeunes recrues infiltrés parmi les manifestants. Ces éléments avaient été envoyés par le président Dadis en personne et étaient dirigés par certains de ses adjoints... » déclarait sur RFI le 16 decembre 2009, le lieutenant Aboubakar Sidiki Diakité alias Toumba.

Dans un pays normal, les déclarations d'une telle importance d'un témoin ou acteur clé, aurait entraîné une saisine de la justice au moins pour le confondre avec Dadis Camara. Mais avec Alpha Condé, les guinéens n'attendent plus grand-chose. Cependant, en matière de justice et de droits de l'Homme, si le chef de file de l'opposition devait nouer les alliances contre nature, logiquement entre Alpha Condé et Dadis Camara, quelle alliance pour l'UFDG ? Alpha dont la gouvernance a enregistré 62 victimes en 5 ans ou Dadis avec au moins 157 morts et plusieurs dizaine d'autres en 9 mois ? Quoi qu'il en soit, l'UFDG a fait son choix, mais une chose est sûre, l'explication de texte sera très laborieuse.

Rien ne sera plus pareil.

Les femmes sorties pour répondre à l'appel de l'opposition le 28 septembre 2009, et qui ont trouvé la mort, celles violées publiquement au stade, celles qui ont contracté des IST, celles qui ont disparu et dont les enfants attendent toujours le retour etc; on passe toutes ces souffrances par perte et profit. Sékhoutouréya devient plus précieux que le sort de ces femmes. Si l'UFDG passe avec le soutien de Dadis, comment Toumba pourrait dans ces conditions venir expliquer sa part de vérité sans inquiétude ? L'UFDG prépare-t-elle un procès bâclé à la façon d'Alpha Condé ? Finalement, entre Alpha Condé et ses opposants, les guinéens se rendent compte que la différence n'est pas si évidente, le premier n'applique jamais la loi, les autres sont prêts à échanger des soutiens contre l'impunité.

Dans ce jeu d'alliance, l'UFDG et l'opposition en générale ignorent une donnée fondamentale. L'élection sera à l'africaine les amis, ce n'est pas à l'occidentale. Le code électoral, la CENI, les commissaires, le bureau de vote, le fichier électoral...; c'est pour le décor, où la dernière scène ne sera rien d'autre que le remake de 2010. Pour Alpha Condé, que toute la Guinée vote pour l'opposition ou pas, il sera déclaré vainqueur. Son adversaire aujourd'hui, ce n'est ni Cellou, ni Sidya, encore moins Kouyaté, c'est le TEMPS. Son seul soucis aujourd'hui, c'est comment s'acheminer tranquillement vers le 11 octobre 2015 sans encombre; voilà l'adversaire d'Alpha après l'implosion de l’opposition. Ibn Chambas, l'un des metteurs en scène du scenario de 2010, comme représentant de la CEDEAO, est revenu sous pavillon onusien pour le dernier acte.

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