Détention de Nouhou Thiam et Cie : le ministre Gassama dit ses quatre vérités à l’Etat

 

Nouhou thiam generalIls attendent un jugement pour être fixés sur leur sort depuis 2011. Le général Nouhou Thiam, le colonel Sadou Diallo, les lieutenants Kémo Condé et Mohamed Condé, et l’adjudant Mohamed Kaba croupissent en prison depuis 4 ans suite à l’attaque de la résidence du président Alpha Condé.

Mis aux arrêts après l’attaque perpétrée contre la résidence du président de la République, le général Nouhou Thiam est poursuivi pour le délit de désertion. Selon le code pénal guinéen, le maximum de la peine d’emprisonnement prévu pour ces faits est de 2 mois. Les autres détenus sont poursuivis pour le délit d’infractions aux consignes dont le maximum de la peine d’emprisonnement est de 6 mois.

Interpellé sur la détention de ces militaires, le ministre des Droits de l’homme et des libertés ne passe pas par quatre chemins. Selon Khalifa Gassama Diaby, “on ne peut pas ne pas les juger et ne pas les libérer. Les délais de détention provisoire étant largement dépassés, ces personnes doivent être libérées. Il faut tout simplement préciser qu’il ne m’appartient pas de juger du fond. Je parle de la forme et en droit, la forme tient le fond”.

Si l’Etat ne se donne pas les moyens de juger des gens auxquels il reproche des choses, précise le ministre Gassama, il doit les libérer parce que le rôle de l’Etat n’est pas de détenir les gens indéfiniment en prison. “Les citoyens ne peuvent pas subir les défaillances de l’Etat. Il est du rôle régalien de l’Etat de juger les citoyens auxquels, il a des reproches fondés sur le droit. Si l’Etat n’a pas les moyens de le faire, il ne peut pas les détenir en prison jusqu’à ce qu’il en ait les moyens”, martèle-t-il.

Et de poursuivre: “En tant que défenseur des droits de l’Homme et que la liberté est un principe sacré, priver des individus de leurs libertés, pour des raisons techniques, parce qu’il n’y a pas de tribunal qui devait les juger, n’est pas concevable. C’est la loi guinéenne qui le dit. La détention provisoire a des limites et ces limites, lorsqu’elles sont dépassées, la justice doit en tirer les conséquences et dans le cas précis, les conséquences : ils doivent être libérés”.

En décembre 2014, le Tribunal de première instance de Kaloum a condamné l’État guinéen à verser à deux officiers militaires cinquante millions de Francs guinéens chacun, à titre de dommages et intérêts pour “détention abusive”, avant que celui-ci ne se pourvoit en cassation.

Sidy BAH, pour VisionGuinee.Info

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