Marche de l’Opposition : une immense foule, pour aller où maintenant ? (Saïdou Nour Bokoum)
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- Catégorie : Actualités
- Mis à jour le vendredi 19 août 2016 19:50
- Publié le jeudi 18 août 2016 11:09
- Écrit par Saïdou Nour Bokoum
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Actualités de Guinée Conakry, 18/08/2016. www.nrgui.com, Nouvelle République de Guinée. Marée humaine. Tout un peuple - près d’un million disent certains -, a marché comme un seul homme rendu plus enthousiaste par le ciel qui déversait des tonnes d’eau prises pour une Miséricorde. Où vont-ils ? A l’esplanade du Stade du .. carnage du 28 septembre. Quel message ont-ils lancé en dehors du constat que le président Alpha Condé devra lucidement faire, pour en tirer les conséquences politiques ? Que les acteurs, à savoir les leaders politiques de l’opposition qui l’ont organisée disent que ce fut un succès, c’est le moins qu’on puisse entendre d’eux ; que les journalistes objectifs l’attestent, cela y va de leur professionnalisme.
Que Baïdy Aribot secrétaire exécutif de l’Union des Forces républicaines, un gardien du temple de Kaloum (resté indifférent à cet appel dit-on), que l’Hermès, le parrain des noces d’Alpha Condé et Sidya Touré ait trouvé que « cette manifestation est un succès dû à une extrême politisation » des actions du gouvernement qui compte un ministre de l’UFR, cela mérite une pause.
Baïdy va plus loin
« Trop de politique politicienne tue la politique et l’économie en même temps. On fait trop de politique, que ça soit dans les nominations, dans les reformes, avec des calculs mesquins qui sont derrières les prises de décision. Même les nominations qui devraient se faire sur la base de la compétence, se font sur la base politique. L’administration qui est déjà politisée a du mal à accompagner les reformes engagées par l’exécutif ».
Baïdy est-il la Voix de son maître, dit-il plus haut ce que ce dernier dirait plus bas « car il pourrait bien nous entendre » comme dirait Dalida, qui accompagnait le Parrain (Coppola/Marlon Brando)
Cependant, « l’accommodant » (dixit un ministre d’Etat) porte-parole de l’Exécutif, A. Damantang Camara garde la langue de bois, mielleuse, cela ne va pas de soi
« On peut se satisfaire cette fois parce que les choses se sont passées sans incident. Je pense que c'est le plus grand acquis qu'on puisse tirer de cette manifestation et c'est une étape supplémentaire dans notre avancée démocratique », a déclaré le Porte-parole du gouvernement, (Guineenews).
Il y a eu un mort et plus d’unedizaine de blessés par balles.
Ces deux conclusions opposées dans le fond, nous ramènent aux motifs invoqués par l’Opposition
Oui, quelles sont les raisons de cet appel qui a abouti à cette gigantesque mobilisation?
Il s’agit entre autres du « calendrier et modalités de mise en œuvre des dispositions convenues dans les accords politiques antérieurs et notamment dans celui du 20 aout 2015 ; de l’organisation des élections communales et locales ; de l’application du principe de la flexibilité des prix des produits pétroliers, la libération des détenus politiques ». (vision guinée)
Et aujourd’hui encore le chef de file de « l’opposition républicaine » insiste :
« Et nous allons continuer les manifestations jusqu’à ce que la gouvernance change, jusqu’à ce que les accords politiques soient respectés, la Haute de Cour de Justice mise en place, la CENI changée, le fichier électoral rectifié pour qu’il reflète le corps électoral tel qu’il existe.
Est-ce que vous êtes prêts à continuer le combat ? »
La foule :
Ouiiiii !!!!
Et après ?
Quand Alpha Condé aura levé le pied gauche, le bon, sur toutes les « affaires », lui et non pas le pauvre Cheick Sako qu’il a voulu « démissionner », dixit Cellou qui a vendu la mèche, le baudet des sceaux et des sots, qui avait voulu mettre un pool de juges pour cette affaire d’assassinat de 70 manifestants..-, il ne peut pas ignorer ce que ce colonel félon a fait à Mali, et qui nargue encore la justice des hommes dans cet Etat de non droit, comme la barbarie des hordes sauvages de Zowota ; quand « on » aura déféré les policiers qui ont tué ce 16 août 2016, ceux qui ont perpétré les « minis » pogroms de Zowota, Womey, Galapaye et avant, ceux qui ont organisé la chasse à l’homme de Kankan-Kouroussa-Nzérékoré, Zakaria ; sans oublier, il y a seulement quelques mois, Koundara, victimes auxquelles il faut ajouter les 70 cibles de balles « perdues » des manifestations de l’Oppositionon..
Quand on aura fait le compte de ces crimes à longueur de marches qui s’étirent du rond-point de Bambéto jusqu’au palais, enfin à l’esplanade du stade de horreurs ?
Je pourrais continuer à enfiler ces séquences où depuis 2010, l’Exécutif n’a cessé de fouler sous des bottes meurtrières le droit à la vie. De petits vieux, des jeunes, des femmes, toutes les couches de la société, toutes les régions, toutes les ethnies ont eu leur part de deuil. J’ai écrit entre 1992-93 près d’un millier d’articles. Et si nous multiplions cela par autant d’observateurs pas seulement guinéens, je peux me passer de théories qui ne seraient que répétitives. En effet tout a été dit. Comme Alpha Condé est père de la nation, eh bien il aura hérité de tout, en bien, en mal.
Que faire ?
Cette question ne s’adresse ni à Alpha Condé, qui y répond depuis son avion entre Djakarta, Paris ou Brazzaville, ni à l’Opposition qui donne ses réponses depuis l’investiture d’Alpha Condé.. Je l’adresse à « la classe intellectuelle, à « L’Intellectuel hégémonique ».
Was-Salam,
El Hajj Saïdou Nour Bokoum
www.nrgui.com
