Le meeting de l’Opposition interdit

"Une étincelle peut mettre le feu à la plaine" (Mao Zédong)

Le 16 mars, aux environs de 21h, la maire de Matam, des jeunes réunis sous l’appellation de la Convention des jeunes leaders de Guinée et le Général de brigade Ibrahima Baldé, chef d’Etat-major de la Gendarmerie se sont succédé sur le petit écran de la RTG. Pour interdire et fustiger l’organisation du meeting que le Collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition et l’ADP (Alliance pour la démocratie et le progrès) projettent d’organiser demain 17 mars au Stade de Bonfi.

La maire de Matam a démenti avoir été informée de l’organisation du meeting :

« La Constitution de notre pays en son article 10, alinéa 1 accorde à tous les citoyens le droit de manifestation. Cependant, ce droit s’exerce dans des conditions bien définies par les dispositions du code pénal, notamment en ses articles 106 et suivants. Contrairement aux déclarations de certains organes d’information, je déclare n’avoir reçu aucune demande de manifestation d’une quelconque alliance de parti politique au Stade de Bonfi demain samedi 17 mars 2012. Je mets au défi quiconque pourrait me prouver le contraire. Il est donc très clair qu’aucune manifestation ne sera organisée dans ma commune ».

Après quoi, elle a invité les citoyens à vaquer à leurs occupations habituelles.

Succède une autre déclaration du porte-parole des jeunes leaders de Guinée :

« Suite à l’analyse faite par les quatre blocs de l’Opposition (le Collectif, l’ADP, FDP et le Bloc de l’Opposition constructive), vu les clauses du dialogue politique inclusif tenu le 27 décembre 2011 et 23 février 2012, la Convention des jeunes leaders de Guinée ayant pris conscience que cette assise était celle de la dernière chance pour ramener la sérénité et le compromis pouvant aboutir à des consensus dans l’arène politique, la jeunesse s’investit à fond pour donner raison au Bloc de l’opposition constructive qui est sortie du cadre du dialogue avec des propositions de solution pouvant débloquer la situation politique et ouvrir la voie à la tenue des élections législatives transparentes. La Convention prend acte des propos incendiaires de la plupart des leaders de l’opposition à la sortie du dialogue ».

Qui enchaîne

« Le mandat du Président Alpha Condé ne doit pas faire l’objet de contestations ni de manifestations de rue de nature violente pouvant atteindre l’autorité de l’Etat. Nous mettons en garde tous ceux qui tenteront de déstabiliser la paix, la quiétude sociale et la démocratie tant souhaitée en Guinée ». 

Le Général de brigade Ibrahima Baldé a renchérit :À noter que nous avons essayé et en vain de joindre l’un des leaders de l’opposition organisatrice du meeting pour savoir si le rassemblement est maintenu. D’ici là, espérons que les Guinéens ne se dirigent pas vers des affrontements à l’image du 28 septembre 2009.

Et le Général de Brigade, le Général de Brigade, Haut commandant de la Gendarmerie, Baldé de renchérir :

« Les citoyens guinéens connaissent un regain de confiance en ses Forces de Défense et de Sécurité qui, prises pour cibles (? ndlr), ont su garder toute leur sagesse face aux événements qui surviennent (sic, ndlr). Pendant que le peuple de Guinée cherche à consolider ses acquis démocratiques, une certaine alliance, au mépris des articles 106 à 109 du code pénal relatifs au cortège, défilé, réunion publique et des articles 110 à 114 du même code relatifs aux attroupements, se proposent d’organiser au Stade de Bonfi le samedi 17 mars 2012 une prétendue mission d’éducation politique des citoyens sans aucune formalité ». Le chef d’Etatmajor de la gendarmerie précise :

« Nous disposons des informations selon lesquelles des armes à feu auraient été distribuées à certains individus malintentionnés pour en faire usage au cours du rassemblement sur la foule et faire endosser la responsabilité par les services de l’ordre ».  Et d'ajouter :

« Nous prenons à témoin la communauté nationale et internationale de l’intention de ces organisateurs, que la Gendarmerie et la Police en cas de trouble à l’ordre public, ne feront jamais recours aux armes à feu, au contraire, n’utiliseront que les moyens organiques conventionnels reconnus sur le plan international ».

À noter que nous avons essayé et en vain de joindre l’un des leaders de l’Opposition organisatrice du meeting pour savoir si le rassemblement est maintenu. D’ici là, espérons que les Guinéens ne se dirigent pas vers des affrontements à l’image du 28 septembre 2009.

NB : Dernière minute : de source proche des organisateurs du meeting interdit, ces derniers devraient se retrouver pour une concertation qu'on pourrait qualifier de réunion de crise, demain à 9 heures. 

Diawo Labboyah    

 

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