Maison centrale de Coronthie : les leaders de l’Opposition rendent visite à leurs militants
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- Catégorie : Politique
- Mis à jour le lundi 28 mai 2012 20:33
- Publié le lundi 28 mai 2012 20:23
- Écrit par Könömou
Lors de la marche pacifique de l’ADP et le Collectif des Partis le 10 mai dernier, plusieurs militants de l’Opposition avaient été arrêtés et transférés à la Maison centrale de Coronthie. Ils étaient 69 personnes, mais ceux dont les parents ont les moyens ont été libérés après le paiement de sommes qui varient entre 300 à 500 milles francs guinéens. Ce lundi 28 mai, les leaders du Collectif des Partis pour la finalisation de la transition et l’Alliance pour la Démocratie et le Progrès (ADP) dont Mouctar Diallo, président des Nfd, Fodé Mohamed Soumah, président de la Géci, Faya Millimouno, ex-vice président de la Ngr, Charles Pascal Tolno, président de PPG, Mme Han, vice-président de l’Ufc, Etienne Soropogui, vice-président des Nfd, ont rendu visite à la maison centrale de Coronthie, commune de Kaloum, à ces détenus pour s’enquérir de leurs conditions de détention. Durant une demi-heure, ils ont visité leurs militants dans leurs cellules. Mais la presse a été exclue. Fodé Mohamed Soumah, président de la Géci, a déclaré :
« Nous avons vu des choses anormales, nous avons vu une nourrice avec son bébé, des mineurs, des enfants en classe d’examen, de brevet, des universitaires, des personnes âgées, d’autres personnes en détention préventive depuis un an. Il y a de sérieux dysfonctionnements, un Etat de droit commence d’abord par le bon fonctionnement de ses institutions. Nous avons été surpris de voir qu’il n’y a pas eu de violences ici, mais les violences se sont passées plutôt dans les commissariats et à l’escadron mobile de la gendarmerie. Le seul regret, c’est de voir des enfants mineurs avec des bandits de grand chemin, c’est de voir les conditions de vétustés, au milieu des rats, des criminels, des innocents. Nous espérons qu’avec l’arrivée prochaine du Président, une seule personne ne sera plu détenue ici, parce que nous savons que tant qu’il n’est pas là, personne n’en prendra la responsabilité. C’est pour vous dire que nous avons à ce jour une justice aux commandes. C’est inadmissible, c’est même scandaleux d’interner une nourrice qui n’est pas une criminelle. Je sors d’ici scandalisé par ce que j’ai vu ».
Puis Faya Millimouno, ex de la NGR de préciser :
« Tous les prisonniers que nous avons vus, nous ont indexé la gendarmerie de Hamdallaye qui serait devenue aujourd’hui le nouveau Camp Boiro de Guinée. C’est là que les tortures se font, c’est là que les gens sont soumis à des tièdes. Voilà la Guinée qu’on est en train de nous construire. Il y a des choses pathétiques que nous vivons dans notre pays. Quand on se rappelle que ce que nous venons de faire aujourd’hui, nous l’avons fait pour un autre prisonnier qui est aujourd’hui le Président de la République. Ça veut dire que notre pays est en train d’aller en reculons. Nous devons faire très attention. Il y a des enfants, des mineurs, tous nous ont dit être malades. Ça c’est la Guinée d’aujourd’hui, il faut que le peuple de Guinée et au-delà, que tous nous sachions que ce qui se passe ici à Conakry dans les commissariats de police, les gendarmeries, contraire à ce que le chef d’état major de la gendarmerie nous dit. Ces gendarmeries, sont devenues aujourd’hui des reproductions du camp Boiro. Nous disons que cela doit s’arrêter parce que ce n’est pas le pays que nous rêvons ».
Mouctar Diallo, président des Nfd, d’asséner :
« Certaines personnes parmi les détenus ici ont été arrêtés non seulement à l’occasion de la manifestation pacifique du 10 mai mais d’autres ont été poursuivis et pourchassés les jours suivants jusque dans leurs maisons. C’est inacceptable. S’il devait y avoir des gens à arrêter, c’est nous les leaders politiques qui avons organisé cette manifestation, c’est nous qui devrions être arrêtés. C’est très triste, ce que nous avons constaté à l’intérieur, des prisonniers maltraités, dans les cellules inappropriées, c’est inhumain. J’ai honte pour les officiers de la gendarmerie, de la police, j’ai honte pour les institutions républicaines, j’ai honte pour les chefs religieux, j’ai honte pour le gouvernement, pour le Président Alpha Condé ».
Etienne Soropogui de conclure :
« Je voulais attirer l’attention de nos compatriotes sur cette triste réalité que nous avons en plein cœur de Conakry, un camp de concentration qui ne dit pas son nom. Les gens sont amassés comme des animaux. Je crois que la république que nous voulons construire n’a pas besoin de cela ».
Il faut préciser que le président de l’Ufdg, Cellou Dalein Diallo, le président de l’Ufr, Sidya Touré et le président de l’Ufc, Aboubacar Sylla étaient absents.
