Les « causes secondes » du drame de la plage de Taouyah (Saïdou Nour Bokoum, Analyse)
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- Catégorie : Politique
- Mis à jour le lundi 4 août 2014 01:49
- Publié le samedi 2 août 2014 18:28
- Écrit par Saïdou Nour Bokoum
Je rappelle que cette plage n’est pas la première à être la scène où un spectacle festif devient macabre et endeuille toute une nation. Le premier janvier 2013, la plage de Lambanyi a été une triste cage scénique d’un autre script funèbre avec l’effondrement d’un ponton – décidément les ponts en Guinée.. -. J’ai mis causes secondes entre « griffes », pour indiquer qu’il faut prendre cette expression en son sens profond, philosophique. La Cause première renvoyant à Dieu- Exalté ! – pour les croyants, à la transcendance, au sens métaphysique seulement, pour ceux qui croient qu’il n’y a rien d’autre au-dessus de leur tête, même pas le ciel, qui n’a pas de sens.. géographique ! Tout au plus un signe, ou encore plus bas, un symbole ?
On ne peut pas fermer les yeux sur tous ces coups qui nous tombent dessus depuis le ciel comme des cailloux, des météorites au rythme des petitesses qui nous diminuent à la cadence bi décennale d’un changement social où tous les vingt ans, on entend chuchoter,
C’était mieux avant.
« Le spectacle commencera à partir de ». J’étais parti pour philosopher « à partir de » cette annonce pub stupide. Quand un spectacle commence à partir de, il n’a pas de commencement et donc pas de fin et donc les portes sont ouvertes jusqu’à la fin du monde et donc à Taouah ceux qui sont venus à la fin du spectacle, massivement, se sont fait tuer un peu à cause d’une phrase assassinement votre, comme on le voit écrit en fond de scène d’une émission cultureuse phare où des centaines de jeunes ne savent pas qu’il devrait y avoir un accent circonflexe à VOTRE. Il y des mots ou des défauts, des fautes de grammaire qui tuent. Cette philosophie que les débiles habituels ne comprennent pas est concrète. Pourquoi des jeunes ont continué à se masser sur d’improbables barrières alors que le spectacle était fini depuis des heures ? Parce qu’il était censé être INTERMINABLE, n’est-ce pas, il devait commencer « à partir de ».
Virage.
Actualité oblige, je prends le train, l’Express plutôt que le Kankan-Bamako-Bobo.
La Sierra Léone (ou le Libéria ?) décrète l’Etat d’urgence pour cause d’Ebola venue de Guinée, le foyer primitif de ce cancer qui s’est propagé dans la sous-région.
Les chefs d’Etat de ces deux pays frères décident de ne pas se rendre à l’invitation d’Obama qui n’a que faire des hommes forts qui cherche à avoir affaire avec des institutions fortes. Donc il a prévenu les présidents, pas de tête à tête. Des spitchs courts comme des projets qui favorisent des règnes courts porteurs de projets qui changent le cours des choses améliorent le sort des plus démunis au lieu des baves d’invertébrés dignes de la négraille palabreuse qi a construit le mythe méprisable de y a bon bananya.
Même la rencontre de « mon ami » Sassou où 9 chefs d’Etat, s’est rétrécie comme peau de chagrin. Une demi-douzaine de magistrats suprêmes ont préféré être proches de leurs peuples inondés de chagrins. Certes, Sassou ne compte pas ses sous quand c’est un ami qui a des soucis électoraux avant ou après ces farce villageoises qui font penser au « mondè », cette fête des bœufs où ces bicornés dansent et répondent à leur nom, patronymes infalsifiables par des analphabètes à qui l’on a fourgué des cartes biométriques.
Elections.
Et ce n’est pas rien d’être vu au Capitole quand depuis mon investiture aucun sous-secrétaire d’Etat ou de ministère de souveraineté n’est venu voir ce pays qui croule sous les mines de Salomon.
Obama tourne atour de la Guinée et rentre à la Maison. Même mon camarade de L’Internationale Socialiste réussit la farandole Sahel-Riviera des Lagunes des libéraux et ignore le tourisme socialiste de l’Ex.. perle des Rivières du Sud. Et ce n’est pas pour cause d’Ebola, même s’il vient de conseiller à ses compatriotes de faire comme lui, tourner autour du pot de miel qui s’égoutte des monts Simandou et Nimba mais de loin, depuis Kidal par exemple où nos "légionnaires" n’ont pas besoin de s’habiller en cosmonautes contre d’autres cosmonautes version arabe, comme ces hommes venus des mirages du Désert. Un vol Air France vient même d’être annulé juste après le Mondial. D’ailleurs les Français qui n’ont pas de pétrole mis ont des idées n’ont pas fondamentalement changé un projet qui date d’un ou de deux mois, celui de réduire discrètement les vols d’Air France parce qu’ils anticipaient la progression-dissémination des « métastases ».
Wait and see.
A donc Lambannyi-Rogbane.
En pleine fièvre Ebola, le gouvernement laisse faire un rassemblement de quelque 4000 (?) jeunes têtes fêlées, livrées à des organisateurs de messes noires où le satanisme et le « trafic d’enfants », une pratique rampante, se disputent le mépris de l’autorité, elle-même cernée par le cordon sanitaire des murs vermoulus, salpêtreux d’un appareil d’Etat d’experts en tout sauf en l’érection d’un mur qui tienne. Route, énergie, eau, pont, hygiène, santé, et autres besoins sociaux de base.. Ils s’en tapent, non pas par égoïsme seulement, mais parce qu’ils sont nuls. Par choix !
Des Bouffons, délibérément.
Au total, ils font ce qu’ils font- ce RIEN mortifère -, parce qu’ils ont forgé l’arme de l’impunité, gilet pare-balles de la corruption et de la cupidité.
Donc un conseil des ministres extraordinaire pour verser des larmes pendant une semaine.
Pour suspendre un homme de bonne volonté, Malick Kébé, DG de L’agence guinéenne de publicité qui n’a pas la réputation dans le milieu des artistes honnêtes d’être un criminel, un tueur des arts. Je le connais de réputation seulement, en revanche je connais personnellement les tendres requins, tapis dans des bureaux climatisés, toujours entrain de se pinter, quand ils ne font pas semblant d’apprécier le caviar et le saumon servis en Première ou Classe affaires pour VIP, vauriens impunis, pendables.
Pour moins que ça, depuis le drame de Lambanyi, au moins trois ministres devraient être « balayés », l’expression jouissive d’Alpha qu’il mâchonne comme du chewing-gum, mais c’est comme la petite manœuvre, ce petit geste bluffard pour ceux qui connaissent les chiens féroces qui vos aboient comme s’ils allaient vous dévorer : vous faites semblant de vous baisser pour ramasser un bâton et vous avez la voie libre pour entrer et prendre sacs d’argent, bijoux, et violer avant de refaire le mur.
Bref, ils sont tous revenus, puisque,
Guinea’s back, avec tout son appareil d’Etat, qui a ruiné l’Etat.
D’où la vérité paradoxale de l’autre formule emblématique de l’Empire.
J’ai hérité d’un pays et non d’un Etat.
Une antiphrase. Il y a trop d’Etat en Guinée. Un Etat vampirisé, privatisé par des chauves-souris. Pas pour rien que la Guinée fut éligible pour Ebola qui a survolé plus de cinq mille km avant de s’abattre sur sa proie : alors que les primates sont en voie de disparition en Afrique centrale, en Guinée, les singes sont en exode rurale vers la Côte d’Ivoire, fuyant ces bipèdes, l’espèce qui a nom Guinéen, incassable et inclassable primate qui devrait faire cette prière tous les matins :
Je suis guinéen, je suis malade, je dois me soigner (Ansoumane Bangoura, dit Grinda).
Qui manifestement fait exception, qui oublie de faire cette prière lui-même, tous les matins à la station FM Evasion où il continue à verser des larmes, inconsolable depuis la fermeture du Camp Boiro.
Fermeture, voire !
L’historico lider, après avoir laissé froisser le tissu national, maintenant il va devoir laisser cannibaliser le revenant, l’Homme nouveau de l’Autre, ce Connu Inconnu, en laissant massacrer la jeunesse. Le chômage de masse ne suffit pas, il faut des accidents de masse.
Attention, personne n’a voulu tuer ces 40 (ou plus, ils sont en vrai, plus de 34). Nul n’est personnellement responsable d’un accident.
Mais tout le monde savait que la plage de Rogbane n’a que deux issues, l’une connue officiellement, dangereusement étroite, l’autre située du côté de la mer.
Le concert devait commencer « à partir » de 16 heures. Donc « à partir » de 20 heures il était terminé et des centaines de jeunes se bousculaient par cette étroite sortie. Mais comme le concert commençait « à partir de », il n’était pas fini « à partir de » ! Donc, ceux qui n’avaient pas encore pu entrer, continuaient à se ruer vers cette étroite entré-sortie. Le choc était inévitable. Ajoutez à cela que c’étaient les plus jeunes, des gamins qui venaient « à partir de ». Qui rencontraient tout de mêmes des gaillards de 15 à 25 ans pour qui le spectacle était terminé. Le retour vers la dangereuse haute banlieue. Parcours du combattant pour rejoindre Gaza : on pourrait confondre, en ces temps où en Guinée, les orphelins de Kaporo Rails ont baptisé leur ghetto « Golfe persique », Bande de Gaza ou même d’Aouzou !
Et de l’autre côté, du côté de la grande entrée connue seulement des jeunes habitués, hélas trop nombreux – plus nombreux que les étudiants qui viendront les rejoindre après leurs « diplômes » -, des flots arrivaient comme de l’océan, pour aggraver le choc.
Accident ?
Les organisateurs ne connaissaient pas l’existence de ces issues ?
Les parents laissent sortir des gamins de 8 ans, dit avec raison Alpha. Mais ces gamins et ces gamines vont chercher du pognon pour nourrir papa et maman et la flopée de marmots pendus à leurs baskets, eux-mêmes cornaqués par des bandits de grands chemins.
Qu’est-ce qu’il va chercher dans les poches de Sassou à Brazza ?
Et qu’est-ce que çui’-là a fait mieux que Savorgnan de Braza ?
Voilà ce que les parents assurément complices de leurs fistons au bord de la délinquance pourraient lui rétorquer. Mais enfin,
Un dix mille c’est pas un dix mille ?
Donc tais-toi !
J’ai écrit ailleurs qu’Ebola n’existe en Guinée que le jour. Le soir on entre à l’hôpital de Kipé comme on entre dans un lupanar, un bordel si vous n’êtes pas du Milieu. Or ce don de la Chine est le 5 étoiles des CHU de Conakry.
Et maintenant ?
- L’Opposition, qui vient de reporter son « meeting géant » pour des raisons humanitaires se plierait patriotiquement à un décret instaurant l’Etat de siège jusqu’en 2015.
- Tout rassemblement sera interdit, y compris tout attroupent aux abords ou même dans « l’hémicycle » (sic) bien aimé des journalistes guinéens. Des élections ? Des isoloirs ? Quand on peut s’infiltrer dans un Palais du peuple pour empoisonner, quelle autre bestiole mortelle ne pourrait-on rencontrer dans un isoloir !
Sauf à Siguiri, où on vote à ciel ouvert. Si seulement l’Opposition « recensait » le gros de ses troupes à Siguiri par exemple !
Allô, quoi, la plage de Kobaya aussi vient de..
Priorité au direct, et puis je suis marin, invité « donneur » de toutes leurs nuitées !
A vous les studios !
Wa Salam,
Saïdou Nour Bokoum (Nouvelle République de Guinée)
www.nouvellerepubliquedeguinee.net
