Du rififi entre la ministre de l'industrie et son secrétaire général
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- Catégorie : Le Scoop
- Mis à jour le lundi 23 janvier 2012 11:59
- Publié le lundi 23 janvier 2012 11:59
- Écrit par Hawa Daff
La guerre des chefs fait rage !
La ministre de l'industrie, Ramatoulaye Bah, vient d'engager un bras de fer avec son secrétaire général, Abraham Bouré :
« J'ai suspendu deux membres de mon personnel pour avoir rançonné les investisseurs. Ils ont demandé 15 millions de francs. Si je dis tout ce qui passe au point de vue de gestion financière, pratiquement tous les directeurs doivent partir. Je suis prise en otage. C'est catastrophique » a-t-elle révélé. Et « l’otage » de marque de poursuivre :
« Je suis obligée d'écrire mes lettres de transmission de mes communications de ma main. Ensuite, je remets à ma secrétaire pour saisir. Si je confie cette tâche à quelqu'un, c'est bourré de fautes. J'ai des hauts cadres au sein de mon cabinet même, dont l'un était magasinier à la SOBRAGUI, l'autre était mécanicien. Pour les rapports d'activités du ministère, je suis obligée de m'impliquer, d'aller chercher dans d'autres sections du ministère pour pouvoir rédiger ces rapports. Et je vous assure que ce sont des hauts cadres de mon cabinet qui « souffrent » de cette incapacité intellectuelle »
Peu après cette attaque, la fronde anti-Ramatoulaye dirigée par Abraham Bouré, a répliqué. Convoquant la presse au siège de son parti, ce dernier n'y est pas allé de main morte. Il a dénoncé tout de go « un déficit de compétences notoires » de la part de sa patronne. A l'en croire, cette dernière ne disposerait pas de la capacité de gérer un département. Et au lieu de faire preuve d'humilité et de se référer aux compétences, elle se murerait dans un complexe qui ne dit pas son nom. Abraham Bouré est allé jusqu'à brandir un courrier qui aurait été rédigé par sa ministre et qui serait truffé de fautes d'orthographe. Faux et usage de faux, la ministre de l'industrie en serait également coupable. A en croire le secrétaire général, la ministre aurait « menti sur son CV. Il est à rappeler que lors de sa nomination, il avait été indiqué dans le décret qu'elle est ancienne fonctionnaire internationale. Ce qui serait loin de la réalité, selon Abraham Bouré. Dans les faits, toute sa vie durant, elle n'aurait géré que des microprojets via une ONG qui avait reçu le soutien du gouvernement américain. Après les critiques des investisseurs, des opposants et des privés, à cause de ses méthodes d'expropriation et de nationalisation des unités industrielles, c'est de l'intérieur même du département que proviennent les attaques.
Une chose est claire, au-delà de sa personne, c'est l'ensemble des choix opérés par le Président qui se trouve
discrédité. Et c'est à croire même que le Président Alpha Condé n'a désormais aucun contrôle sur sa propre administration. On peut même penser que c'est parce que les antécédents n'avaient donné lieu à aucune suite que d'autres n'hésitent pas à récidiver. La fermeté n'est pas un vain mot, mais un comportement, pour paraphraser un grand disparu.. Le président Alpha Condé avait l'air menaçant au début de son mandat, mais depuis un temps, il s'est assagi. Malheureusement, il a tellement mis de l'eau dans son vin, qu'il a l'air de devenir le grand-père ou le cousin germain de tous ou presque, y compris ses ministres. Récapitulons les faits. D'abord, le Président destitue Moussa Keita à la SOTELGUI, ce dernier refuse carrément de quitter. Ensuite, il annonce des surfacturations des herbicides, tous les ministres accusés ont publiquement apporté un démenti, violant ainsi le devoir de réserve. Puis, il menace de faire tomber des têtes depuis sa tournée en Basse Guinée, rien ne s'est passé à son retour. Ensuite l martèle que des bandits ont été libérés à la place des détenus qu'il a graciés, rien ne s'est fait le lendemain. Pire, des ministres se sont boxés dans un bureau, ni le Président, ni le Premier ministre n'ont levé le petit doigt. Des citoyens sont morts à l'hôpital Donka, faute de sang, aucune sanction, aucune enquête ne sont envisagées.
