Graves révélations de Doré (Aboubacar Sacko)

L'ancien Premier   ministre de la transition guinéenne, par ailleurs leader de l'Union pour le   Progrès de la Guinée, Jean-Marie Doré, a provoqué un électrochoc dans   l’opinion en déclarant, deux ans après les faits et son départ de la   primature, qu’il connaissait les commanditaires et exécuteurs de l’empoisonnement   sur l’esplanade du Palais du peuple des militants du candidat de l’alliance   Arc-en-ciel venus accueillir en ce dernier jour de la campagne celui qui a   été élu, le7 novembre 2010, président de la République, Alpha Condé.
Le Président de l’UPG a l’habitude des déclarations fracassantes, mais, avec   ses dernières révélations sur l’affaire de l’empoisonnement des Guinéens au   Palais du Peuple, Jean-Marie Doré est cette fois-ci allé si loin qu’il met   les pouvoirs publics dans l’obligation d’engager une procédure judiciaire   contre lui. Surtout que ses nouveaux graves propos engagent un ancien premier   ministre et non un leader de Parti. Le Président Alpha Condé, premier   magistrat de la Nation, est sous observation publique. 
Il a fallu les douloureux évènements de Zoghota, qui ont suscité une   condamnation générale partout dans le pays et ailleurs dans le monde , pour   que l'une des plus hautes autorités de la transition guinéenne pour avoir été   Premier ministre sorte subitement de son devoir de réserve pour dire à la   face du monde que l'auteur de l'empoisonnement des militants de l’alliance   Arc-en-ciel venus accueillir leur candidat sur l’esplanade du palais du   peuple à Conakry à la veille du second tour de la dernière présidentielle, « n’est ni de l’UFDG, ni du RPG, encore   moins de l’UFR... » et d’affirmer catégorique :

« Je m’inscris en faux contre celui qui a dit que j’ai accusé les   commerçants. Aucun commerçant, ni peulh, ni soussou, ni malinké, ni forestier   n’était impliqué dans cette affaire, je connais l’auteur ».
Où était alors Jean-Marie Doré au moment de l'empoisonnement des militants   d'Alpha Condé ? Pourquoi en tant que Premier ministre de l’époque,   n'avait-t-il pas engagé une procédure judiciaire contre les commanditaires et   auteurs de cet acte criminel ? 
Qu’attend aujourd’hui le nouveau Président de la République, Alpha Condé,   pour se saisir de cet aveu de Jean Marie Doré et ordonner une enquête   judiciaire ?
Jean-Marie Doré, qui en son temps avait suspendu de ses fonctions de   directrice de l’hôpital Ignace Deen, le Pr. Fatoumata Binta Diallo, en sait trop   sur ce crime et doit des explications claires aux Guinéens. Dans un   communiqué signé de son nom, le premier ministre de la transition décidait « de relever la directrice de ses fonctions »,   et interdisait toute déclaration, « jusqu'à   ce qu'une analyse médicale approfondie, claire et nette ait établie la cause   réelle des malaises, personne n'a le droit d'avancer une hypothèse   publiquement ». Où sont les résultats de cette analyse médicale, monsieur   le Premier ministre de la transition ? Des réponses méritent d’être fournies.   
En indexant à l’époque par cette décision de suspension la directrice de   l'hôpital, qui est peuhle, Jean-Marie Doré a contribué activement à la chasse   aux Peulhs à Siguiri et à Kouroussa et dans d'autres localités de la Haute   Guinée, celle des Malinkés à Labé, Pita et ailleurs au Foutah. Alors qu’il   connaissait pertinemment l’auteur du drame et n’a pas pris ses   responsabilités. L’ancien Premier ministre devrait situer les Guinéens sur   les causes réelles de la mesure infligée à l’ancienne directrice de l’hôpital   ? Le seul crime du professeur Fatoumata Binta Diallo aura finalement été   d'avoir relativisé le danger de l'empoisonnement en disant clairement qu'il   n'y avait pas de victime mortelle. Ou est-elle que Jean Marie Doré voudrait   indexer encore ? Que Jean-Marie Doré nous situe. Puisqu’à ce jour, seule le   professeur Binta Diallo a fait les frais de ce crime. Suspendue par le Premier   ministre, Jean Marie Doré, et limogée par le Président Alpha Condé après sa   prise de fonction, la pauvre dame, tout comme l’ensemble des Guinéens, a   droit à la vérité. 
Jean-Marie Doré devrait être poursuivi pour complicité de crimes pour avoir   usé de son manteau de Premier ministre et protégé les commanditaires et   auteurs des actes répréhensibles qu’il affirme connaitre. En attendant, on   peut bien affirmer que le premier confusionniste guinéen s'appelle Jean Marie   Doré. 
Il affirme tout de go aujourd'hui que « La   transition était bicéphale. Le Président de la transition avait autorité sur   le Premier ministre. On disait que c’est moi qui commandais le pays, oui,   mais ce n’est pas au pied de la lettre. Beaucoup de choses se sont faites   pendant la transition dans le dos du Premier ministre ». Vrai ou faux, il   est malhonnête de le dire aujourd’hui. Nul n’ignore que le Général Sékouba   Konaté, quoique Président de la transition, n'a présidé le Conseil des   Ministres qu’une seule fois.

Deux ans après ces violences ethniques électorales, Doré espère pouvoir   endormir les consciences :

« J’ai pris des décisions demandant la révocation du   préfet de Siguiri. Mais j’ignore ce qu’est devenu ce projet. Je n’étais pas   autorisé à signer, (NDR : Pourquoi avez-vous alors relevé la Directrice d’Ignace   Deen ?) contrairement aux accords de Ouagadougou, je n’étais pas   autorisé à contresigner un papier signé par le Président de la transition.   Cette partie n’a jamais été publiée en Guinée. Donc, je n’avais pas le   pouvoir de contraindre le Président à signer ou pas un décret. Mon devoir   était de faire des propositions après avoir entendu le Conseil des ministres.   Donc, l’affaire de Siguiri, je ne me suis plus mêlé jusqu’à sa conclusion »
  
Le Chef de l'Etat, le Pr Alpha Condé, premier magistrat de la Nation, devrait   prendre au mot l'ancien Premier ministre, Jean Marie Doré, et ordonner   l’ouverture d’une procédure judiciaire pour que l’opinion nationale et   internationale soit éclairée sur les commanditaires et exécutants de ce crime   et que ces derniers soient traduits devant une cours d’assises. Evidemment,   Jean-Marie Doré, Premier ministre au moment des faits et auteur de ces graves   déclarations, devrait être identifié comme le premier prévenu. C’est en homme   libre, sans aucune contrainte qu’il a publiquement fait ces révélations, il   devrait donc assumer l’entière responsabilité de ses déclarations.
  
Connaissant les commanditaires et auteurs de l'empoisonnement des Guinéens   sur l'esplanade du Palais Peuple, Jean Marie Doré est tenu d’aller au bout et   dévoiler leurs noms. Dans l'intérêt de la réconciliation nationale, qui peine   à avancer malgré la création d’un comité provisoire sur la question, le   président Alpha Condé n’a pas le droit de croiser les bras, se taire et faire   comme si de rien n’était. L’histoire ne le lui pardonnera pas.
  
Pour revenir à Jean-Marie Doré qui, malgré sa double casquette de juriste de   formation et d’ancien dirigeant de premier plan du pays, piétine son devoir   de réserve, semble oublier d’où il est venu. Mais, ses compatriotes, qui   n'ont pas la mémoire courte, connaissent très bien le passé de ce politicien   mégalomane et totalement malhonnête. Incapable, hier, d’honorer ses factures   d’électricité, d’eau et même incapable d’acheter la taxe unique de son   véhicule passant de bureau en bureau dans les ministère en quête de « jetons »   ou de tickets d’essence, il est devenu, en moins d’un an de primature,   immensément riche : Domaines bâtis à Donka, à la Minière etc. ( valeur   estimée à 11 millions de $ US ), siège flambant neuf pour son parti UPG à la   Bellevue, des dizaines d'hectares de plantations de café et d'hévéa en Guinée   forestière, sans oublier l'important parc d’automobiles dont il dispose.   C’est cet opposant qui criait plus fort que tout le monde sous le régime du   Général Lansana Conté pour dénoncer les vols, les détournements, le pillage   des ressources nationales. En peu de temps, n’a-t-il pas été pire ? Que Jean   Marie Doré se regarde dans la glace, et fasse son propre examen de   conscience. 
  
Quoiqu’il en soit, la balle se trouve dans le camp du Président de la   République, Alpha Condé pour aider les Guinéens et le monde qui nous observe,   à faire la lumière sur l’empoisonnement de ses partisans lors de la campagne   de la présidentielle de novembre 2010.
 
 
 

Aboubacar Sakho

Fondateur d'AEG

             
 

 

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