Minkael Barry : Le prochain génocide, c’est où ?

Des chercheurs d’une université australienne ont prédit et ce probablement depuis la fin de l’année 2010 qu’entre 2011 et 2015, il y aura un génocide dans un certain nombre de pays africains, dont la Guinée. Parait que ces Kangourous-là sont très sérieux, entre 1988 et 2003, ils avaient déjà prédit le génocide rwandais, la guerre civile de Yougoslavie et du Soudan, leurs prédictions se révèlent justes à 90, 9%.
Notre pays a eu la malchance historique depuis sa désastreuse indépendance en 1958 de n’accumuler que des leaders et hommes d’Etats égoïstes, corrompus et assassins. Personne par mieux n’a songé à bâtir un Etat moderne fondé sur la Loi, la justice et la fourniture aux guinéens, les services sociaux de base. Pour eux, l’Etat n’est pas une continuité : chaque président qui arrive détruit ce que son prédécesseur a laissé ou initié. Sékou Touré a balayé ce que les colons ont laissé : justice, système scolaire, bancaire, foncier. Et surtout il mène une guerre sans merci contre le Fouta et les foutaniens, développe une politique ethno-centrée autour des malinkés. Et férocement anti-peulh. Pour lui, le seul côté agréable chez ces peuls, c’est leurs femmes.
Arrive Lansana Conté que les putschistes d’avril 1984 avaient choisi pour sa nullité et qui s’est avéré plus malin qu’eux tous réunis. L’héritage squelettique de Sékou, il le liquide et fonde sa gouvernance sur le népotisme, la corruption et la brutalité en particulier contre les malinkés. E FATARA !


Avec le théâtral Dadis, foisonnent les injures et triomphe la brutalité avec l’abominable boucherie de 28 septembre 2009. Dès qu’il a été broyé par Toumba, émerge Konaté, un Général qui n’a fait que piller les misérables reliquats de ressources qui avaient échappés à ses prédécesseurs.


Enfin, atterrit Alpha. En premier lieu, il s’en prend aux peulhs. (En Guinée, c’est une tradition pour les gouvernants que de casser du peulh).
Pour Alpha et ses extrémistes, la Guinée est Mandingue : Mandé Tan en Haute Guinée, Mandé Fou en Basse Guinée, Mande Pou en Guinée Forestière et Mande Djallon en Moyenne Guinée.
Entre les Fous et les Poux, pas de place pour les peulhs, ces cafards, ces punaises qu’il faut exterminer, chasser, tuer.


Comme au Rwanda en 1994. Cette peur, les ressortissants du Fouta l’ont vécue jusque dans leurs entrailles. Surtout après septembre 2009, une boucherie orientée contre cette communauté, comme l’a reconnue plus tard un responsable du CNDD.


Les violences postélectorales de 2010 ont été réprimées dans une brutalité sans nom au Fouta, en particulier avec les viols à Mali, à Labé et à Bambéto par les agents des Forces de Défenses et de la Sécurité. Sur cet axe, que d’humiliations, de violences verbales. Des agents de la sécurité urinent dans les marmites des femmes qui sont entrain de faire la cuisine. Il n’y a jamais eu ni d’enquêtes ni de jugements. Surviennent les tueries de Galakpai et d’ailleurs, toujours en Guinée Forestière, perpétrées par des milices ethniques et autres escadrons de la mort de type Donzo ou Kamajor.
Tout cela amène à penser et à craindre que cette région et le Fouta sont dans le viseur du Grimpeur pour un éventuel génocide. A la veille de 2015, année électorale, la peur surgit. On assiste à la multiplication de curieuses sociétés de gardiennage et autres ONG pour recycler des bandits repentis, qui bénéficient de la bienveillance du pouvoir. Aux dépens du renforcement de la police et de la gendarmerie.


Le Gouvernement de mission de janvier 2014 du PM Fof-le-Saïd, 2ème version était le suivant : 34 ministres dont 18 malinkés, 4 soussous, 5 peulhs, 3 « forestiers » de souche. Des 6 ministres d’Etat 3 sont malinkés.


A l’échelon supérieur, la distribution des pouvoirs est encore plus discriminatoire : Le PRG est malinké, le président de l’Assemblée Nationale est de la Guinée Forestière et le Premier ministre est de la Basse Guinée. Pour le Fouta, rideau et zéro. S’ils ne sont pas contents, ils peuvent toujours courir ou aller en Somalie. D’ailleurs ses habitants, peulhs pour la plupart ne sont que des cafards, des tortues. C’est la Haute Guinée qui se taille la part du lion dans les investissements publics.


Tous les pouvoirs sont presque exclusivement confiés aux malinkés aussi bien au niveau central que dans les villes, sous-préfectures, villages, universités, lycées, collèges et écoles primaires publics. Si tu es Malinké, tu es le bienvenu. Sinon, dégage ! Aux administrateurs Généraux en Moyenne Guinée, il est confié la mission de détruire le tissu social en brisant la civilisation et la culture peulh au bénéfice des « Mande Djallon » et des ROUNDE, les anciens esclaves que les Malinkés ont vendu aux peuls avant l’arrivée des blancs.


En Guinée Forestière, le boulot des sous-préfets, c’est de faciliter l’accès à la terre des Malinkés et de leurs progénitures culturelles aux dépens des Forestiers de souche.
L’ethnocratie du Grimpeur est comme la Révolution de son maître et seigneur Sékou Touré, globale, multiforme et transcroissante. Quasiment tout à eux, presque rien aux autres.
Exemple, à la réunion du FMI et du groupe de la Banque Mondiale tenue à Washington en avril 2014, la délégation guinéenne était composée exclusivement de Malinkés : Madikaba Camara (ministre conseiller à la présidence), Mohamed Diarré (ministre des Finances), Sékou Traoré (ministre du Plan), Ansoumane Condé (ministre délégué au budget), Lounceny Nabé (Gouverneur de la Banque Centrale), Moustapha Naité (ministre de la jeunesse), etc.


Cette politique qui consiste à placer partout les malinkés est contre productive pour l’unité nationale. Les fils de ce pays qui ne sont pas Malinkés ont l’impression d’être colonisés et transformés en esclaves au service des seigneurs Malinkés. Cette politique fragilise cette communauté dont les populations croupissent dans une innommable pauvreté et ne sont pas responsables des conneries des multiples « Kaba Mansour » qui grenouillent en leur nom, dans les eaux pestilentielles de l’Alphagouvernance.
La société civile et les médias ne doivent pas se taire. Tout silence là-dessus serait coupable et complice.

Source : Le Lynx Numéro 1164 du 4 Août 2014 / Une synthèse réalisée par Minkael Barry

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