Ville morte : en passant par "l'Axe du mal"
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- Catégorie : Actualités
- Mis à jour le lundi 14 mai 2012 20:50
- Publié le lundi 14 mai 2012 20:42
- Écrit par Mouça Barry
Ce 14 mai, l’ADP et le ont appelé leur militants à observer cette journée du lundi une journée ville morte. contrairement à ce qui était prévu la semaine dernière de faire une marche pacifique dans les rues de Conakry « Je pensai que nous allions encore nous retrouver dans la rue pour protester contre ce régime comme le 10 mai. Mais notre leader nous demande de rester tranquillement à la maison pour le moment », dixit un fan de l’opposition.
Déjà tôt le matin les forces de l’ordre étaient déployées sur l’axe Hamdallaye Cosa. A des moments, des jeunes mécontents érigent des barricades pour empêcher la circulation, les éléments des forces de l’ordre sillonnent la voie et dégagent les obstacles en poursuivant les auteurs jusque dans les quartiers, parfois en faisant usage de gaz lacrymogène. Les paisibles citoyens ne sont pas épargnés de la colère des hommes en uniforme. Ils les frappent à sang, les insultent et les embarquent pour les escadrons où beaucoup sont torturés. Des écoles fermées et les enfants maintenus à domincile.
Beaucoup, pour des mesures de sécurité évitent la route le Prince que le pouvoir qualifie à tort de « l’axe du mal ».
« Lorsqu’il y a des mouvements, je préfère ne pas emprunter la route le Prince. J’ai peur des jets de pierre. Dans l’ensemble, les enfants ne font pas de distingo. Et curieusement, les gendarmes et les policiers, sensés nous protéger attaquent aussi les usagers », a livré un automobiliste.
Tout le long de la route, boutiques, magasins et étals fermés mêmes certaines stations d’essence sont hors service pour des mesures de sécurité nous dit-on. Au marché de Madina, poumon économique du pays, c’est le même constat.
Dans les quartiers, les jeunes en petit groupe pour la plupart exerçant dans l’informel, parlent de politique avec une tasse de thé à la main.
« Nous sommes loin de la grande circulation, et nous ne nous adonnons pas à des actes de vandalisme mais les gendarmes nous rendent la vie impossible. Certains parmi eux ne méritent pas leur tenue. Ils ne jouent pas le rôle de maintien d’ordre public, ils sont aveuglement au service du pouvoir. Les guinées n’ont pas besoin de ce type de gendarme », déplore un étudiant.
Les hommes en treillis, sillonnent certains quartiers, arrêtent et embarquent des innocents.
« Je me demande quand tout cela va changer dans ce pays. L’arbitraire, l’injustice. Nous avons cru à tort qu’avec ce changement de régime, les guinéens allaient afin vivrent en paix en oubliant son passé douloureux », déplore un père de famille.
Mouça Barry
