Démilitarisation de Womey : des hommes politiques et symapthisants entament une grève de la faim à Conakry
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- Catégorie : Actualités
- Mis à jour le mercredi 12 novembre 2014 10:40
- Publié le lundi 10 novembre 2014 19:54
- Écrit par Ciré BALDE
Le comité de crise sur le drame de Womey est passé à la vitesse supérieure. Des hommes politiques, députés et autres citoyens ont commencé ce lundi 10 novembre à Conakry une grève de la faim. Par ce geste, ils entendent dénoncer la militarisation de la sous-préfecture de Womey, à une cinquantaine de kilomètres de Nzérékoré. Les grévistes se sont installés au Palais du Peuple et comptent y rester durant quatre jours.
Demilitarisation Womey
Vêtus de T-shirts blancs où il était écrit ''Démilitarisez Womey'', les activistes ont donc élu domicile au Palais du peuple. Selon Dr. Faya Millimono, porte-parole du Comité de crise, la grève durera quatre jours. ''Nous comptons faire cette grève de faim pendant 4 jours. Si nous n'obtenons pas gain de cause, nous allons nous déplacer pour la région forestière afin de ramener les populations à Womey'', a-t-il indiqué, au bout du fil.
Pour lui, la militarisation de la sous-préfecture de Womey est ''une violation de la constitution guinéenne''. car, poursuit-il, ''il n'y a aucun texte légal qui donne l'autorisation à quelqu'un d'installer un camp militaire dans un village''; le président du Bloc Libéral estime qu'environ 5000 habitants de Womey sont réfugiés en brousse, depuis le drame du 16 septembre, ce qui a coûté la vie à huit personnes.
''Depuis près de deux mois, environ 5.000 sont réfugiés dans la foret. Il y a déjà 13 morts parmi ces habitants, dont des enfants et des vieillards. Avec tous les dangers que cela représente, des femmes sont en train d'accoucher en brousse'', a déploré Dr Faya Millimono.
Dans sa lutte, le comité de crise est soutenu par une frange de députés dont Jean Marc Telliano, Dr Deen Touré du groupe parlementaire Alliance Républicaine, Aissata Daffé. Ils entendent prêter main forte aux grévistes afin d'obtenir la démilitarisation de Womey et le retour à la vie normale dans la cette localité.
''Nous avons condamné avec la dernière énergie le drame survenu à Womey et qui a coûté la vie à huit de nos compatriotes. Mais nous sommes contre l'installation d'un camp militaire dans cette zone. On aurait pu se contenter d'y déployer la Police ou la Gendarmerie parce que ces unités sont formées pour le maintien d'ordre, contrairement à l'armée'', a souhaité Dr Millimono.
Avant d'entamer cette grève de faim, les membres du comité de crise affirment avoir tiré la sonnette d'alarme. Des démarches ont été menées auprès de certains ministres, ambassadeurs, et institutions nationales et internationales pour encourager chacun à prendre ses responsabilités. Une source bien introduite a indiqué à VisionGuinee que l'administrateur du Palais du peuple a intimé aux grévistes de libérer les lieux.
Ciré BALDE, pour VisionGuinee.Info
