Se battre pour des élections crédibles est un impératif catégorique pour tous ceux qui veulent éviter à la Guinée le chaos (Saïdou Nour Bokoum)
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- Catégorie : Actualités
- Mis à jour le mercredi 17 juin 2015 13:28
- Publié le vendredi 12 juin 2015 01:12
- Écrit par Saïdou Nour Bokoum
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J’ai essayé en vain, pendant quatre ans, de conseiller, sans jamais le nommer, par des critiques souvent radicales – acerbes disent ses thuriféraires -, le président de l’UFDG pour qu’il envisage une autre stratégie. Je l’ai rencontré plusieurs fois, il m’a reçu de bonne grâce, il m’a écouté, mais il ne m’a pas entendu.
J’ai voulu rencontrer mon ami Alpha Condé depuis début 2014. Lui aussi, entre les lignes, je l’ai régulièrement « conseillé » sans complaisance, souvent par des critiques. Il se trouve qu’il a voulu me rencontrer, tout en menaçant, « personne ne doit se mettre entre Bokoum et moi ». Il a pourtant commis Nabi Yousouf Kiri Di Bangoura qui m’a invité à déjeuner au Petit palais(1). Ce dernier m’a dit ce qu’il a voulu me dire.. Je lui ai dit que je voudrais dire deux ou trois choses à mon « ami » (c’est le terme consacré par Kiri Di et d’autres.)
Manifestement je dois m’en tenir à ce qu’Ahmed Tdiane Cissé à fait dire à Bocar Ba, jeune frère de Ba Mamadou:
Je n’ai pas envie de le voir.
Bocar Ba est vivant.
Puisqu’il en est ainsi, il est temps que je dis(e), ici plus haut qu’ailleurs, en ramassant plusieurs dizaines de « papiers » de critiques et de propositions, ce que je pense.
« Le chef de file de l’Opposition » (doté d’un budget me souffle-t-on), et le chef de l’Exécutif, comme des larrons en foire, copains et coquins, nous ont conduits devant un mur de fétiches à la gloire d’une idole, le Pouvoir à conquérir au terme d’une fantasia de chevaux de feu – élections disent-ils -, eh bien je dis que pour abattre ce mur, l’Opposition ne devra en aucun cas céder sur les préalables suivants :
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L’arrêt de toutes les opérations en cours de la CENI
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L’annulation de tous les enrôlements illégaux, notamment ceux des jeunes qui ne sont pas en âge de voter
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L’inversion du chronogramme annoncé par la CENI, qui laisse dans le flou le statut des délégations illégales et illégitimes : en effet il ne suffit pas de dire qu’on les mettra en dehors du processus électoral : sur le terrain, il sera impossible qu’ils restent des agents de l’Exécutif et qu’ils soient confinés au sens où les responsables politiques on subi ce sort..
Or La Mouvance, c’est-à dire Alpha Condé, dit qu’il n’est pas question d’inverser le chronogramme et que la loi, notamment les articles qui garantissent « l’indépendance de la CENI », c’est-à dire l’obligation pour elle de continuer ses opérations et donc d’enfermer le pays dans le blocage actuel.
Il est donc clair que des élections transparentes ne sont pas envisageables et que donc le champ de bataille se déplace sur le terrain d’un autre affrontement, d’une confrontation dont personne ne peut déterminer les conditions ni les formes qu’elles prendront.
Il reste qu’il est du devoir de tout Guinéen soucieux de paix, d’équité, de liberté d’exprimer au moins haut et fort par tous les moyens légaux, et si nécessaire – dans l’hypothèse où cette légalité est bridée, par la désobéissance civile. Ainsi le cycle contestation répression nous conduira vers le point historique de son dénouement connu sous tous les cieux :
Le balai citoyen dont le rythme prendra à contrepied l’horrible danse de l’ours à laquelle est réduit ce peuple martyr depuis bientôt 57 ans.
D’abord avec nos plumes, en attendant que l’acteur principal (Fabien E. Boulaga) n’entre dans la danse.
En conclusion, soutenir l’UFDG, c’est l’obliger, l’aider à rester ferme sur les PREALABLES que son président actuel et son Parti ont clairement indiqués (2), en lui laissant le choix des armes face à ses pairs et à l’Exécutif.
Au lieu de nous tourner en bourriques dans leurs circumambulations pour un dialogue de sourds-dingues, ils devront se mettre à table (ils ne sont que deux ou trois) à l’abri des médias, dans un premier temps, et cesser leur guerre picrocholines.
Je suis le chef de file de l’Opposition, c’est légal, je suis fier de l’être..
Eh quoi, dis-donc, en cas de second tour avec l’autre, tu n’auras pas mes militants.
En somme quand les décrets d’Alpha me flattent, tu es jaloux, mais moi je danse !
Et l’autre :
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Rira bien qui rira le dernier.
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Tu n‘as pu avoir un groupe parlementaire – à minima – que grâce à moi !
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Sans moi tes prochains 44% ne te serviront à rien
…
Ainsi de suite.
Pour ma part, je me suis encarté, - un carré d’As !- la première fois depuis que je suis en âge de voter: 1 de l’UFDG, 1 de l’UFR, 1 du PEDN et la 4ème … du RPG.
On ne sait jamais, j’ai caché une cinquième carte, le Joker, « le point de vue de Dieu – Exalté ! -, Qui, comme l' a dit Hölderlin cité par William Sassine, est comme la mer, Il se révèle en Se retirant. Après cinquante sept ans d'absence dans ce pays de musulmans, Il finira peut-être par jeter l’eau du bain, sans oublier l’enfant dans la baignoire, cette marmite bouillante où la masse était réduite à cuire comme du Kédjénou, Tajjine disent nos cousins arabes.
C’est la saison des mangues à l’huile rouge. Le Ramadhan sera faste mais hélas peut-être rouge !
Mais la Guinée se fera, malgré les Guinéens, m’a dit un soir, Jean-Claude Diallo, paix à son âme.
Wa Salam,
Saïdou Nour Bokoum
Notes 1) voir mon article : http://www.nrgui.com/component/content/article/6-le-poing-de-ma-vue/5647-comment-balayer-une-decharge-publique-qui-a-nom-guinee
