Cellou et les victimes de la répression
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- Catégorie : Politique
- Mis à jour le vendredi 19 octobre 2012 22:10
- Publié le vendredi 19 octobre 2012 22:10
- Écrit par ASB

Quand j’ai appris la mort de mon fils, je n’en revenais pas. J’étais bouleversé et choqué mais quand j’ai vu Cellou Dalein Diallo, j’ai pardonné »
Le 16 octobre, Le président de l’UFDG a rencontré à son siège, les victimes des répressions des différentes manifestations de l’Opposition. Objectif ? Marquer la solidarité et la compassion du Parti à ses militants victimes de la « barbarie » des forces de l’ordre depuis l’avènement d’Alpha Condé au pouvoir. Le leader de l’Ufdg dénombre 14 morts, 1 160 arrêtés, 650 condamnés, de nombreux handicapés et de blessés.
Certains militants interpelés lors des différentes manifestations politiques ont témoigné. Le plus émouvant a été celui d’El Hadj Ibrahima Baldé, qui dit avoir passé 25 jours en prison. Il a expliqué les circonstances de son arrestation et son calvaire carcéral, ensuite il a invité ses camarades militants à se mobiliser et à poursuivre le combat jusqu’à l’avènement du « vrai » changement et de la liberté en Guinée. Il ne regrette pas ses jours passés en prison parce que, soutient-il, son combat s’est concrétisé par la démission de Loucény Camara. Son intervention a été suivie de la présentation des blessés et autres victimes de la répression des forces de l’ordre : jeunes dames, adultes et personnes âgées. Des têtes fendues, des bras cassés, des corps cicatrisés, des pieds blessés.
Abdourahmane Diallo souffre d’une balle non extraite de son corps. Le père de Zakariaou Diallo abattu lors du retour de Cellou Dalein au pays le 3 avril 2011 et ceux des deux militants tués lors de la dernière marche de l’Opposition.
L’assistance a été très émue par le témoignage de Mme Djiba Barry qui a perdu son époux, Algassimou Bah, lors d’une manifestation politique.
« Je m’en remets au bon Dieu. Mon mari me disait souvent : « si je mourais au cours des marches politiques réfugie-toi en Dieu », à peine a-t-elle terminé qu’elle éclate en sanglotant. Mais celui du père de Fodé Mohamed Bah a été pathétique. Beaucoup de larmes ont coulé.
« Quand j’ai appris la mort de mon fils, je n’en revenais pas. J’étais bouleversé et choqué mais quand j’ai vu Cellou Dalein Diallo, j’ai pardonné », a dit le père de Fodé Mohamed Bah.
Très ému, Cellou Dalein a déploré le manque de volonté du chef de l’Etat de prêcher la justice et la réconciliation en faisant la lumière sur ces événements qui continuent d’entacher son quinquennat.
« Depuis que M. Alpha Condé est au pouvoir, l’Ufdg a enterré 14 de ses militants assassinés par les forces de l’ordre alors qu’ils étaient en train d’exercer un droit qui leur est reconnu par la Constitution. Le Pouvoir n’a même pas considéré cela comme une bavure pour présenter ses condoléances aux familles des victimes et diligenter une enquête pour situer les responsabilités et sanctionner les coupables. Le changement qu’on attendait de la part de M. Alpha Condé en matière de droits de l’homme, on ne l’a pas vu », a rappelé le président de l’Ufdg. Pour lui, si les premiers assassinats avaient fait l’objet d’enquête pour chercher les coupables, il n’y aurait pas eu d’autres crimes lors des manifestations de l’opposition. Car, l’impunité encourage le crime.
« J’ai souhaité vous rencontrer vous les victimes, pour vous marquer la solidarité et le soutien de la direction de l’Ufdg. Nous sommes de cœur avec vous et nous savons que c’est en tant que militants de l’Ufdg que vous êtes sortis. A tout ce qui vous arrive, nous compatissons pleinement parce que nous sommes ensembles. Croyez-moi, vous avez la solidarité de tout le peuple de Guinée. », a affirmé Cellou Dalein.
ASB
