Les journalistes de Jeune Afrique se rebi ent !
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- Catégorie : Courrier des lecteurs
- Mis à jour le jeudi 3 novembre 2016 08:15
- Publié le jeudi 3 novembre 2016 08:03
- Écrit par LCC
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Ulcérée par les "dérives" éditoriales de l'hebdomadaire, la rédaction de "JA" a décidé de réagir.
En gestation depuis plusieurs semaines, le projet de création d'une Société des journalistes (SDJ) par les collaborateurs de Jeune Afrique (JA - rédacteurs, secrétaires de rédaction, photographes...) sonne, sinon comme une révolution, du moins comme un basculement historique de la culture managériale du titre fondé en 1960 par Béchir Ben Yahmed. Ce dernier a d'ailleurs manqué de s'étrangler avec son écharpe après avoir eu vent de cette initiative. Ce projet est porté par la frange la plus jeune de la rédaction de JA. Il a été initié au lendemain de la présidentielle au Congo-B et conforté par celle du Gabon, ces deux actualités ayant valu la publication, notamment sous les signatures du directeur de la rédaction François Soudan et du directeur délégué Marwane Ben Yahmed, d'éditoriaux et d'articles jugés partiaux voire complaisants à l'égard des pouvoirs sortants dans ces deux pays. Depuis, la rédaction a décidé de réagir. Ses membres ont régulièrement confronté leur point de vue via leur courriel personnel tout en tenant des réunions secrètes pour garder la direction à distance.
Selon ses statuts que La Lettre du Conti- nent a obtenus, cette structure rendue possible par la loi sur la presse du 1er juillet 1901 aura pour objectif "de se saisir de toute question liée au traitement de l'information" (art.2). Géré par un CA de dix membres, le bureau pourra par ailleurs "demander des entretiens à la direction" et "s'exprimer publiquement" (art.5). Les journalistes avaient jusqu'au 31 octobre pour se positionner. Au 30 octobre, 38 sur 59 - toutes générations et anciennetés confondues - y étaient favorables. Reste le plus diffcile : convaincre qu'il ne s'agit pas d'une motion de défiance et a affronter les critiques que cette SDJ va soulever. Dominé par les membres de la famille Ben Yahmed, le staff dirigeant de l'hebdomadaire est d'ordinaire très peu réceptif à l'esprit d'ouverture. Dans différents courriels, les initiateurs de cette SDJ précisent d'ailleurs : "l'objectif n'est pas de faire du tort au titre mais de réfléchir, collectivement, à son amélioration"..
La Lettre du Continent.
