8 Mars : Les femmes fêtent

Les Guinéennes se sont fortement mobilisées au palais du peuple pour célébrer la journée internationale de la femme dont le thème choisi est « le renforcement du pouvoir d’achat des femmes rurales et leur rôle dans l’éradication de la pauvreté, la faim, les défis actuels et développement ».

Les festivités ont enregistré la présence du président de République M. Alpha Condé accompagné de la première dame  Hadja Djené Kaba entourée des deux ex premières Dames, Henriette Conté et Hadja André Touré, des membres du gouvernement, des diplomates accréditeurs en Guinée.

D’entrée, Mme Nentenin Cheriff Konaté, Ministre d’Etat en charge des affaires sociales et de la promotion féminine et de l’enfance, a souhaité bonne fête à l’assistance et a rappelé que c’est en mars 1957, que les travailleurs d’une usine de Chicago aux Etats-Unis se sont révoltés contre l’exploitation dont elles (les femmes, ndlr) étaient objets tout en souhaitant l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail. Et que c’est en reconnaissance du bien-fondé de ces légitimes revendications que la Communauté Internationale a consacré cette journée du 8 mars, comme journée internationale de la femme. Et Mme Konaté d’indiquer que le sous-thème national est « la Guinéenne dans la dynamique du changement et de la réconciliation nationale ». Pour terminer, madame le Ministre a insisté sur la nécessité de l’implication effective et de la prise en compte des préoccupations des femmes dans ce processus, l’amélioration des conditions de vie des millions de Guinéens, en particulier les enfants qui constituent l’avenir de la Nation. 

Anthony Kwaku Boamah-Ohemeng, le coordonnateur du système des Nations Unies en Guinée a loué le combat sans relâche des femmes rurales pour vaincre la pauvreté et la faim. Puis, il a livré le message de Ban-Ki-moon, le Secrétaire Général des Nations Unies qui à l’occasion de cette journée, appelle les gouvernements, les sociétés civiles, à œuvrer pour l’égalité du sexe et l’autonomisation des femmes qui sont des droits fondamentaux mais aussi des atouts pour tous.

Mme Diaby Aminata Mara de la société civile a livré le mémorandum des femmes de Guinée. Elle a indiqué qu’au cours des dernières décennies, de nombreux textes et instruments juridiques relatifs à l’égalité et le renforcement du pouvoir dans tous les secteurs du  développement ont été adoptés au niveau mondial et régional et ratifiés par la Guinée. Entre autres, en 1979, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes. En 1994, la plate-forme de Dakar. En 2000 la résolution 1325 sur La femme paix et sécurité. En 2002, La politique genre, de la CEDEAO, etc. Cependant a déploré Mme Mara, force est de constater, malgré la ratification de ces instruments juridiques, et les engagements pris par les chefs d’Etats, les femmes ne jouissent pas encore pleinement des mêmes droits, ni des mêmes opportunités que les hommes. La pauvreté et la faim deviennent endémiques chez les femmes alors qu’elles produisent 70% des denrées alimentaires et occupent 80% du secteur informel. Les femmes ne contrôlent que très peu de facteurs de développement. La violence faite aux femmes et l’impunité des auteurs ou des complices, continuent à fragiliser les femmes et à les exposer aux pandémies. C’est pourquoi les femmes de Guinée demandent entre autres au gouvernement ainsi qu’à tous les acteurs concernés, le renforcement du dialogue social entre les composantes sociopolitiques de la Nation pour favoriser un développement harmonieux de la Nation. Notamment par l’organisation d’un forum national sur les stratégies de renforcement de l’unité nationale. Le respect du quota de 50% de représentativité des femmes à tous les niveaux de tous les postes de prise de décision conformément à la déclaration solennelle des chefs d’Etats et des gouvernements de l’Union Africaine, la vulgarisation et l’application effective des conventions ratifiées et lois votées par la République de Guinée en faveur des femmes et des enfants.  Le Président de la République s’est adressé aux femmes.  Il se dit fier des femmes guinéennes qui ont marqué l’histoire du pays pendant des moments forts. Parlant de la pauvreté, du manque d’eau et d’électricité, le Président a eu ce cri de cœur :

« Je demande aux femmes de serrer la ceinture et d’accepter la souffrance qui va prendre bientôt fin. Ceux qui ont plongé la Guinée dans le noir ont pensé qu’on ne pouvait pas remplir les conditions du Fonds Monétaire.  Si on a eu ce programme, c’est grâce à l’esprit de sacrifice des femmes guinéennes. Nous devons rendre hommage aux syndicalistes aussi qui n’ont pas accepté d’aller en  grève et d’accompagner le gouvernement. Un peuple mobilisé et plein d’espoir peut déplacer une montagne.  Nous devons accepter de souffrir, il reste encore 4 mois jusqu’en fin juin. Le gouvernement fera tout ce qui est nécessaire pour que le programme signé avec le Fonds monétaire soit respecté ».

Il a promis  d’octroyer 100 ordinateurs aux centres de santé dans le cadre du renforcement des capacités hospitalières et de la réduction de la mortalité maternelle et infantile. Et le Service national et d’aménagement des points d’eau (Snape) devra réparer 1300 forages en panne. Le Président a demandé une minute de silence à l’assistance en hommage aux femmes victimes du temps de M’Balia Camara aux femmes qui sont mortes tout récemment à Beyla. Enfin,  Il a remercié l’Armée guinéenne, les partenaires aux développements tout en leur précisant qu’ils ne doivent pas s’immiscer dans les affaires internes d’un Etat.  L’assistance a eu droit à une prestation des artistes Djibrila Soumah (Koumi), Aminata Kamissoko, Oumou Dioubaté la Dame chic choc. La visite des stands a mis à la fête.

Asmaou Barry

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