Le Colonel Aïdor serait mort
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- Catégorie : Focales
- Mis à jour le dimanche 9 septembre 2012 21:35
- Publié le dimanche 9 septembre 2012 21:35
- Écrit par I.Camara
Sureté urbaine de Conakry: après la disparition des Colonels Issiaga Camara et Aidor Bah, les Guinéens s’inquiètent
Si le premier est mort à la maison d’arrêt de Coronthie, puis transporté nuitamment vers la morgue de Ignace Deen, dans la nuit du mardi 4 au mercredi 5 septembre, le second, malade également et sous perfusion d’abord à l’infirmerie de la même prison, ensuite dans le même centre hospitalier, Il faut dire que leur disparition après le non lieu de la justice, le rejet de la Cour suprême et toutes les prières faites auprès du chef de l’Etat, choque plus d’un Guinéen aujourd’hui et exige des explications de nos autorités pour édifier l’opinion nationale et internationale. Ne faut-il pas faire la lumière sur les circonstances de la mort des deux Colonels ? En tous les cas, le pouvoir du Pr.Alpha Condé a tout intérêt à faire taire ces rumeurs les folles, totalement défavorables à lui. Dans le brûlant dossier du Colonel Issiaga, quand des membres de sa famille soutiennent mordicus qu’il aurait été ‘’empoisonné’’, (ce qui reste toute fois à vérifier), d’autres par contre, des proches à lui, affirment qu’il souffrait d’une maladie qui nécessitait son évacuation vers l’étranger, dans un centre spécialisé, pour être soigné. M.Camara, se ‘’plaignant’’ régulièrement de son mal depuis sa cellule, aurait sollicité une aide des plus hautes autorités du pays pour bénéficier des soins appropriés dans un hôpital parisien où il avait été déjà soigné. Ce qui, comme il fallait s’y attendre, lui a été refusé par les mêmes autorités. Il y a moins de deux ans, il s’était fait soigner à Paris avec ses maigres moyens financiers, où son médecin traitant lui aurait intimement demandé de revenir après chaque 3 mois pour des examens complémentaires. Bien avant, il avait bénéficié d’une évacuation sanitaire de l’armée guinéenne vers le royaume chérifien (Maroc). Sa disparition, elle, bouleverse sa famille qui exige même une autopsie de son corps avant son inhumation. D’ailleurs, au sein de la famille, ils sont nombreux à soutenir la thèse d’un empoisonnement. Néanmoins, tout ceci est à prendre avec réserve puisque rien n’est encore fait pour conformer cette information. Cependant, il faut reconnaitre qu’après la mort de son oncle Lansana Conté, feu Issiaga Camara a sérieusement souffert sous le règne du capitaine Moussa Dadis Camara. Celui-ci l’en voulait au point que ses gardes ne lui ont laissé aucun cadeau. L’homme fut arrêté, bastonné et torturé sur l’île de Kassa par des éléments de la garde rapprochée du chef de la junte militaire. Un règlement de compte qui a dû certainement l’affaiblir physiquement. D’ailleurs il ne sortira de la prison qu’après l’arrivée du général Sékouba Konaté au pouvoir en février 2010, suite aux accords de Ouaga. Devenu une sorte de cible à abattre, il sera arrêté à nouveau après l’attaque chez le Pr. Alpha Condé, le 19 juillet 2011. Une autre épreuve dure à laquelle malheureusement il ne réussira à supporter cette fois-ci. Ses ‘’bourreaux’’, eux, tapis dans l’ombre du pouvoir, n’ont-ils pas atteint leurs objectifs ? Paix à l’âme de l’illustre disparue.
Le colonel Aidor Bah est mort Le ‘’grand Savimbi’’, proche du général Sékouba Konaté, ancien président de la transition guinéenne, le doyen Aidor Bah a rejoint le royaume des cieux. Cet officier avec sa riche carrière dans l’armée, a été un fidèle parmi les fidèles de Sékouba Konaté. Il aurait tiré sa révérence dans la nuit du jeudi 6 à l’hôpital Ignace Deen, des suites de maladie, apprend t-on. Il était avant son décès sous perfusion et dans un état comateux, a-t-on appris hier de sources concordantes. Son corps serait soigneusement gardé dans une chambre froide à la morgue de Ignace Deen, où un petit dispositif de gendarmes et policiers est en place. Sa mort, comme celle du Colonel Issiaga Camara, est perçue par les militaires comme une grosse perte au sein de la grande muette. Il faut dire que le Colonel Aidor Bah a été très loyal, intègre et à servi sur plusieurs fronts, notamment au Liberia et en Sierra Leone. Pour ceux qui ne le savent pas, il a longtemps défendu notre pays sur le long de la frontière libérienne, où avec d’autres militaires guinéens notamment le général Sékouba Konaté a appuyé la rébellion du ‘’Lurd’’ de Damathé Koné qui a chassé Charles Taylor du pouvoir. Il a servi également 10 ans durant au sein des forces de la CEDEAO ''l’Ecomog'' et des Nations Unies (Unamisil) en Sierra Leone. Il faut reconnaitre qu’il faisait partie des meilleurs officiers guinéens qui ont maté les rebelles de Fodé Sankhon jusque dans leur dernier retranchement au pays de Siaka Stevens. Au front, aux dires de ses hommes, il était sans pitié face aux rebelles qu’il éliminait sans se faire le moindre souci. C’est en début 2008, lorsqu’il fut nommé commandant adjoint du camp Alpha Yaya Diallo auprès de son ‘’petit’’, le commandant Konaté, qu’il sera connu du grand public. Au camp Alpha Yaya Diallo, on le découvrira avec ses grandes qualités d’officier rigoureux, respectueux de la hiérarchie et des valeurs républicaines. Tout de suite avec l’ex président de la transition, ils mettront fin à l’anarchie qui régnait au camp et rappellera le capitaine Moussa Dadis Camara, Colonel Claude Pivi et leurs hommes à l’ordre et au respect de la hiérarchie. Ce qui fut respecté à la lettre par ces militaires. Quelques mois après, plus précisément le 22 décembre 2008, le président Lansana Conté décéda des suites d’une longue maladie. L’armée revient au pouvoir avec à la tête le même Dadis, alors directeur des hydrocarbures à l’intendance militaire qui avait de réelles ambitions pour le fauteuil présidentiel. La suite est connue. Quant à feu Aidor Bah, servant dans l’ombre du Général Sékouba Konaté qui l’admirait, il fera partie de la garde très rapprochée de ce dernier jusqu’à son départ de la Guinée le 23 décembre 2010, après l’élection présidentielle. Par ailleurs, il est important de rappeler qu’il a formé beaucoup de militaires qui sont de nos jours de très grands officiers au sein de l’armée guinéenne. Sa disparition brutale, laisse un grand vide au sein de la troupe, apprend t-on. Surtout quand on sait qu’ils sont rares aujourd’hui à avoir la témérité plutôt le courage de cet officier qui a passé une bonne partie de sa carrière à combattre au front. Paix à son âme.
I.Camara www.guinee7sur7.info, Partenaire de radio-kankan.com
